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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 12:52
Patrick Eric Mampouya Répond au journal La Griffe

INTERVIEW de Patrick Eric Mampouya au journal La griffe

Journal La Griffe : Quelle analyse faites-vous sur les concepteurs de la constitution du 20 janvier 2002. Pensez-vous que cette constitution était faite à dessein pour permettre à Denis Sassou Nguesso d’être président à vie du Congo ?

Patrick Eric Mampouya : La constitution du 20 janvier 2002 avait été écrite à un moment particulier de la vie de notre pays. Les vainqueurs de la guerre de 1997 voulaient se donner les moyens de couper court à l’instabilité en donnant presque tous les pouvoirs au Président de la République. Ils pensaient ainsi assurer la stabiliser les institutions. Néanmoins, pour rendre cette constitution acceptable, les concepteurs avaient introduit quelques standards internationaux de démocratie comme par exemple la durée et la limitation du nombre de mandat. Bien qu’imparfaite, et régulièrement violée, cette constitution a remplie au moins un de ses objectifs : la stabilité du pays. Non, cette constitution n’était pas faite pour une présidence à vie et c’est d’ailleurs pour cela qu’il y a débat aujourd’hui sur l’opportunité de son changement.

Journal La Griffe : Les opposants Congolais avaient boycotté le vote de cette constitution en 2002 pace que selon eux, cette constitution était mauvaise. Aujourd’hui, le PCT et les partis au pouvoir pensent qu’il faut la changer. Pourquoi contestez-vous cette proposition?

Patrick Eric Mampouya : Cette question est récurrente chez ceux qui manquent d’arguments pour défendre la thèse du changement de la constitution. Une loi de la République, quand elle est adoptée n’est ni bonne ni mauvaise, elle s’applique à tous, c’est le principe même de la REPUBLIQUE. Une foi adoptée la loi s’applique à tous et même à ceux qui la trouvaient mauvaise. Pour exemple je vous renvoie à la loi sur le mariage pour tous adoptée récemment en France et combattu âprement par une partie importante de la population et de l’opposition française, aujourd’hui il n’y a plus de débat, ceux-là même qui combattaient cette loi l’appliquent. Personnellement j’avais combattu cette constitution lors du débat en 2002 mais, une fois adoptée contre mon gré, elle est devenue Ma constitution puisque c’est la loi de mon pays, la loi fondamentale de Ma République et donc je la défends.

Journal La Griffe : Que redoutez-vous ?

Patrick Eric Mampouya : Ce que nous redoutons c’est qu’on ne respecte plus les lois de la République, comprenez nous bien ! L’homme est devenu civilisé à partir du moment où il s’est imposé des règles et des lois. Un pays où on ne respecte pas les lois qui plus est la loi fondamentale, ce pays-là devient un pays de sauvage, un pays où règne la loi du plus fort. Le non-respect des règles et des lois est d’ailleurs la caractéristique principale des républiques bananières et nous ne voulons pas que notre République soit catégorisée comme telle.

Journal La Griffe : Ce refus de changer la constitution ne vise-t-il pas le départ de Denis SassouNguesso ?

Patrick Eric Mampouya : Le départ de monsieur Denis SassouNguesso est programmé par notre loi fondamentale (je vous renvoie à l’article 185 de notre loi fondamentale). Le refus de changer la constitution est d’abord et avant tout une volonté de faire respecter les règles et les lois de notre pays. Puis de vous à moi, si la constitution nous permet d’envoyer à la retraite une personne qui a tant œuvré pour notre pays, où est le mal. La nouvelle génération est là, prompte à prendre la relève comme dans les autres pays, notre pays à besoin de changement et le départ de monsieur Sassou Nguesso va faire éclore des nouvelles équipes pour conduire les destinées de notre pays, n’ayez pas peur des lendemains.

Journal La Griffe : Votre combat n’est-il concentré sur le départ de Sassou NGuesso ?

Patrick Eric Mampouya : Je comprends votre volonté de personnalisé le débat, mais je pense qu’il ne faut pas voir les choses de cette manière. Les règles, les lois et les institutions sont plus fortes que les individus, si autre que monsieur Denis Sassou Nguesso voulait violer notre loi fondamentale, notre réaction serait la même et d’ailleurs il n’y a pas si longtemps que ça lui-même avait déclenché la guerre parce que notre président de l’époque ne voulait pas respecter les règles. Ne voyez-vous pas que le monde est entrain de changer. Après le vent de la perestroïka qui nous avait entrainé dans le multipartisme forcé contre la volonté de nos dirigeants de l’époque, puis la démocratisation, est venu le temps de la transparence et de l’alternance. Notre pays ne peut pas se mettre en marge de la mondialisation puisqu’il y ait de fait. Chaque pays à ses particularités, bien entendu, de même chaque individu est singulier (personne ne ressemble à personne), au-dessus de ces particularismes il y a ce qu’on nomme l’universalité. Le besoin d’alternance est génétique chez l’humain, les nouvelles générations doivent remplacés les anciennes, c’est aussi cela la mondialisation. Notre pays qui est signataire de la déclaration universelle des droits de l’homme ne se dérobera pas au vent de l’alternance. On peut retarder l’alternance de quelques années au plus, mais elle se fera, c’est une certitude. Certes le Congo n’est pas le Burkina faso, je rajouterais que le Congo n’est pas le Zimbabwe non plus.

Journal La Griffe : Vous parlez du dialogue politique pour la gestion commune des élections alors que ce pays a déjà connu deux dialogues de ce genre (dialogue d’Ewo et de Dolisie) auxquels vous avez brillé par la politique de la chaise vide. Qu’est-ce qui vous garantit aujourd’hui que cette fois les conclusions de ce dialogue vous enchanteront ?

Patrick Eric Mampouya : Si nous avions brillé par la politique de la chaise vide comme vous le dites c’est parceque nos partenaires n’étaient pas crédibles, l’avenir nous a donné raison puisque ceux qui avaient participé au dialogue d’Ewo et de Dolisie en sont arrivés à regretter (c’est le moins qu’on puisse dire) leur participation. Non cette fois-ci ce n’est pas le même dialogue, il s’agit du dialogue en vue de l’organisation de l’élection la plus importante : l’Élection Présidentiel, et s’il le faut nous nous ferons aider par des organisations internationales pour ne pas rater ce dialogue. Puis il y a le facteur temps, il nous reste au plus un an avant cette élection majeure, ce qui veut dire que les conclusions ou les décisions issues de ce dialogue devront avoir une application immédiate, ça va de soit.

Journal La Griffe : Quelles nouvelles propositions apporteriez-vous à ce nouveau dialogue qui feront la différence des deux précédents ?

Patrick Eric Mampouya : Il est prématuré à l’heure actuelle de parler des propositions nouvelles d’un dialogue qui n’aura peut-être pas lieu. L’opposition compte en son sein des personnes qui ont un sens aigüe de l’Etat et une expérience certaine du dialogue. Ce dialogue sera différent de tout ce qui s’est déjà fait dans notre pays parce que les acteurs sont plus aguerris et ils savent très précisément ce qu’ils veulent au vu des atermoiements ou des échecs du passé.

Journal La Griffe : Que diriez-vous si pendant ce dialogue, le PCT et ses alliés exigeaient aussi la révision, la modification ou le changement de la constitution ?

Patrick Eric Mampouya : Si le Président de la République annonce publiquement qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2016, la majorité de l’opposition regardera avec bienveillance la question de la modification de la constitution et cela d’autant plus que l’article 86 l’autorise. L’opposition n’a pas de sujet tabou, l’opposition est dans le principe du respect des règles, du respect de nos lois et la communauté internationale nous y encourage, je dirais même que c’est devenu la nouvelle norme mondiale.

Journal La Griffe : Les militants de la mouvance présidentielle estiment que vous refusez le changement de la constitution pour bloquer le président Sassou Nguesso de briguer un autre mandat afin de le clouer sur les affaires des disparus du beach et des biens mal acquis dont les plaintes sont pendant es en France. Que répondez-vous à propos ?

Patrick Eric Mampouya : Les affaires comme vous citez qui sont pendantes en France ne dépendent pas de l’opposition congolaise mais de la justice française. Je vous assure que tous les opposants sérieux que je connais veulent en priorité tourner la page des errances des années Sassou pour consacrer leurs efforts et leurs intelligences au bien-être des congolaises et des congolais. Notre pays a perdu assez de temps avec les problèmes des personnes et la politique des nominations ou des promotions géographiques. Le président Sassou Nguesso qui s’est toujours déclarer innocent dans l’affaire des disparus du beach (puisque cette affaire n’avait pas trouvée de coupable lors du procès de Brazzaville), et dans celui des biens mal acquis (je me souviens d’un reportage télévisé dans lequel le président Sassou Nguesso affirmait qu’il n’avait aucun compte bancaire hors du Congo), pour une fois il aura l’occasion de se disculper et de prouver son innocence. Où est le mal à ça, je ne comprends pas ce procès d’intention qu’on veut faire à l’opposition.

Journal La Griffe : Le pouvoir en place estime que la nouvelle constitution ne doit pas être caricaturée sur une personne. Que répondez-vous?

Patrick Eric Mampouya : Je répète que notre pays n’a pas besoin de nouvelle constitution, bien qu’imparfaite la constitution du 20 janvier 2002 est modifiable, l’article 86 nous donne une marge de manœuvre très large pour moderniser cette constitution et la rendre impersonnelle. Cet article 86 nous donne entre autre la possibilité de réorganiser les pouvoirs publics ce qui veut dire qu’on peut réduire la durée du mandat présidentiel, créer un poste de premier ministre ou même celui de vice-président, donner des nouveaux pouvoirs aux parlementaires ect..., on a vraiment pas besoin d’une nouvelle constitution.

Journal La Griffe : Si les violons ne s’accordaient pas sur cette question du changement de la constitution, Comment entrevoyez-vous l’issue de ce dialogue et l’avenir du pays?

Patrick Eric Mampouya : Si le dialogue n’aboutit pas pour une raison ou pour une autre, cela voudra dire la politique aura failli et comme toujours dans ce genre de situation c’est la rue qui aura hélas le dernier mot avec tout ce que cela comporte d’incertitudes pour le pays et pour la population. Notre pays qui a déjà beaucoup de retard n’a vraiment pas besoin de ça.

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