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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 17:54
Où est la Nation congolaise ? Y a t-il un capitaine à la barre du navire ?

Le Congo Brazzaville fonctionne en roue libre, accusant une fatigue physique, peut-être. Le Général ne contrôle plus ses troupes. Alors, à l’ombre de sa grande seigneurie absolue, chaque petit marquis parvenu fait comme bon lui semble.

Rien, aucun des 1000 et 1 domaines de la vie en société ne fonctionne normalement, partout tout manque, tout est approximatif, tout est remis à demain.
Même des produits qu'il suffit d'acquérir en quantité suffisante et à bas prix comme les antipaludéens, les seringues jetables, ou ailleurs des camions citernes pour eaux usées, etc. tout est rare.
C'est qu'au Congo, ce n'est point l'argent qui manque, mais ce qu'on fait de cet argent qui provoque des manques. D’ailleurs pour se faire une idée globale du fonctionnement actuel de l’appareil d’État congolais, il suffit de lire le dernier verset du livre des juges : "En ces temps-là (...) il n' y avait (plus de dirigeant), et chacun faisait ce qu'il lui plaisait."

Ce qui m'étonne toujours est le fait qu'un Officier général puisse, même étant peu opérationnel, tolérer pareils désordres. Or cela est contraire à la mentalité, à l'esprit même d'un officier. Normalement, les officiers ont été, sont toujours des hommes de rigueur, de droiture. Et notre Général fait exception, depuis 1997. C'est très curieux. Le Général ferait-il du roi Pétaud aujourd'hui. Travaillons d'abord... Ou dormons (pour nous) à poings fermés ?

Une dictature ou un régime dur (c’est le cas du Congo Brazzaville) reste un vécu traumatique pour un peuple, cependant, de tout temps, en tout lieux où elle a sévi, une caractéristique immanquablement l’a toujours accompagnée : La construction de la Nation ; lot de consolation, mais consolation bien utile.

Historiquement, les dictateurs ou les régime dur ont toujours été des bâtisseurs de Nations, au même titre que les nationalistes ou les patriotes. A partir d'une myriade de tribus, de peuples épars ou conflictuels, le règne dictatorial a toujours fait émerger une Nation ou du moins son embryon, ôtant à certains la référence, le recours excessif à leur identité micro-anthropologique, renforçant auprès d'autres l'amour de partager le même espace géographique, les mêmes enjeux, les mêmes perspectives que d'autres, plantant dans le cœur de tous le rêve, l'envie, la conviction forte qu'un avenir commun de tous les sous-groupes anthropologiques est davantage bénéfique à chacun que, le libre cours autocentré de chaque tribu, etc.

Mais cela n'est point d'accomplissement facile, eu égard aux égoïsmes naturels des Hommes, égoïsmes souvent amplifiés par des avantages matérialistes naturels.

De ce point de vue, un dictateur apparaît comme le catalyseur d'une cascade de réactions endothermiques (de la chimie de l'anthropos). Médiateur en l'absence duquel, ces réactions ne sauraient trouver l'énergie, la dynamique nécessaire à leur réalisation, aide sans laquelle, elles s'opèrent certes, mais de façon aléatoire, à l'équilibre instable, surconsommant les disponibles moyens - dits substrats -, et, surtout, exigeant un temps que matériellement le corps biologique ou social, objet de ces réactions, ne peut se permettre de gaspiller.

Le catalyseur, lui, possédant cette capacité exceptionnelle de faciliter ce qui, d'un point de vue macromoléculaire, ici existentialiste parait impossible.

De surcroît, quand l'on y ajoute le profil "militaire" à l'Homme dictateur, l'Histoire alors parle sans exception. Un militaire étant par nature l'incarnation de la discipline. Étant par ailleurs, toujours nature oblige, pourvu de l'esprit de corps, ce sentiment profond de faire partie d'un même environnement familial que chacun de tous ceux qui portent l'uniforme. De n'être que parce que l'autre soldat est ou a été, cette conviction militaire de devoir son devenir, son lendemain à l'existence demain de tous les autres.

L'Histoire raconte que cet esprit de groupe propre aux corps en armes est pré-figuratif de l'idée de Nation. Raison pour laquelle, l'Histoire de la vie en société recense, dans les rangs de soldats, le plus grand apport de bâtisseurs de Nations. Constater cela n'est pas un plaidoyer. L'affirmer c'est au contraire, poser un acte de lamentation et de contrition.

Oui, l'on se lamente. Comment un dictateur, qui plus est, militaire, peut-il accepter d'entrer dans l'Histoire et d'y rester gravé, comme la honteuse exception à la logique édictée par d'illustres noms qui ont fait l'Histoire des Nations ? Ces grands Hommes sanctifiés depuis par le procès de l'Histoire, et dont la seule évocation fait tressaillir de joie même le plus acharné des défenseurs des droits de l'homme ?

Comment est-il possible qu'un Général d'Armée, ce Maréchal caché qui, on le devine, n'osa point s'accorder ce sublime magistère, par simple superstition, cette peur de finir comme son tristement célèbre voisin et compère de Kinshasa, comment un officier si haut élevé, peut-il se rabaisser, sans relâche en plus, à des choix de promotion sur base d'ethno-génétique, séparant, en leurs casernements, les soldats selon leur ADN dit souvent patronyme, clivant le corps social national entre une ou une poignée d'ethnies "bonnes" et d'autres "à honnir", instaurant de fait un certain déterminisme social à base ethnique ?

Comment un dictateur politique, officier supérieur de son état, peut-il s'être montré, en plus de trois décennies de règne absolu, incapable, par aversion personnelle ou par conviction cependant, de faire d'un peuple peu nombreux de trois à quatre millions d’individus seulement, une seule et même Nation, une Nation homogène ?

Que fait donc notre Général cinq étoiles, qu'enfants nous avions coutume de saluer avec tant d'égards et surtout de joie ?

Où est passé le sens de l'honneur de l'uniforme, que jadis il portait fièrement derrière le soldat du peuple, Marien NGOUABI ?

Qu'a-t-il fait de ce respect, quasi-religieux, monastique que dis-je, qu'il nous faisait obligation et amour d'observer, devant les symboles de la patrie et donc le Bien public ?

Nous dupait-il en ces temps-là, ou est-ce maintenant ?

Quelqu'un devrait parler au Général SASSOU-NGUESSO.

Quelqu'un devrait lui demander où est passée la Nation congolaise promise. Quelqu'un devrait lui demander, pourquoi, en 2015, au bout de ses 32 ans de commandement sans partage, la patrie est-elle chaque jour un peu plus une juxtaposition peu amalgamée de ses tribus-régions, dont le rattachement identitaire de citoyens l'emporte de la tribu sur la patrie.

Quelqu'un devrait lui poser des questions fondamentales comme celle-là, car pour le reste, construire un pont quelconque sur une rivière tout aussi quelconque, n'importe qui peut en avoir l'idée, confier à de bons techniciens étrangers ou nationaux de bâtir une cité sportive, etc. tout cela, n'importe quel Homme peut le faire.

Mais fonder une Nation, qui plus est sur des ressorts profonds, sains et souples, la structurer, lui permettre de s'animer harmonieusement entre horizons et verticales palpables et enchanteurs, amener les cœurs des Hommes à se sentir d'abord des Nationaux d'une même patrie, des Congolais d'abord, avant le repli tribalo-régional.

Cela, sans dénier les qualités et capacités de quiconque "s'y croit déjà", nous devons reconnaître, par la force du rapport que nous dresse l'Histoire des Nations, qu'il n'y a pas grand monde pour l'accomplir. Bâtir une Nation est une œuvre d'exception qui requiert des Hommes d'exception. Et notre Général a montré qu'il n'était pas taillé pour un travail si presque titanesque.

Quelqu'un, donc, devrait, avec courage, dire à notre Général que son bilan, dans l'une des matières de base du travail d'un Chef politique - qu'est la construction et la consolidation de la Nation -, ce bilan est si catastrophique, si lourd pour la postérité du pays, qu'il serait sans doute mieux pour le peu d''honneur qui lui reste, qu'on effaça des tablettes de l'Histoire que le Monsieur Sassou Nguesso fut militaire.

A ces fins d'ailleurs, la Conférence Nationale de 1991 aurait dû l'aider, l'aider à se faire radier des rangs de l'Armée, à effet rétroactif du soir de l'assassinat de son supérieur hiérarchique et Président de la République, Marien NGOUABI c'était la moindre des sanctions.

Des esprits malins pourraient rétorquer que la chose n'est pas bien différente au Tchad, etc.... Oui, étonnantes sont ces dictatures transplantées et protégées en Afrique. Elles ne font rien comme les autres, pas même de construire des Nations.

Le navire Congo vogue tel un bateau ivre. Personne ne tient plus la barre.

Quelqu'un pourrait être bien avisé d'avoir l'idée de prononcer la vacance du poste. Mais l'honneur de l'officier supérieur voudrait que le Général admette de lui-même sa carence à mener le pays vers un bonheur partagé par tous les fils et toutes filles de la patrie. La dignité de soi voudrait que notre Général, par ailleurs défaillant en plusieurs points, organisa sans délai, et de sa propre initiative, la transmission du commandement vers des patriotes qui ont le cœur pour un ouvrage national et nationalisant.

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Published by Patrick Eric Mampouya
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