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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 12:20
Discours de la Pdte du Frocad : Claudine Munari

Peuple congolais,

Mes chers compatriotes,

Depuis le 15 août 2016 à minuit, le pouvoir est vacant en République du Congo.

Cette situation est la conséquence sciemment voulue et orchestrée par une poignée d’hommes. Leur loi est de n’obéir à aucune loi, et leur foi est d’en finir avec toutes les vertus républicaines. Les armes sont devenues leur seul moyen de gouvernance et de communication avec les autres.

Organisés pour commettre tous les crimes sans en oublier aucun, ils donnent du Congo l’image d’un territoire où ne vivent que leurs seules âmes. L’occupation des pouvoirs de l’État par la violence confirme le caractère criminel de cette organisation. Elle ne se distingue en rien des organisations criminelles telles que nous les avons connues à travers l’histoire.

Comme toutes les autres, elle nie sa véritable nature. Elle proclame être un gouvernement et s’en donne l’apparence. Mais le fait est qu’il s’agit bel et bien d’une organisation criminelle. Elle provient du crime et règne par le crime.

Les crimes de naissance de cette organisation sont ceux commis les 17, et 20 octobre 2015, le référendum anticonstitutionnel et le holdup électoral du 4 avril 2016. Ses crimes de règne sont la chape de plomb, les coupures des moyens de communication, l’embastillement des dirigeants de l’opposition, la militarisation des quartiers, le gazage des populations aux lacrymogènes, les tirs à balles réelles et l’usage des hélicoptères de guerre contre les populations civiles aux mains nues.

Les agents de cette organisation ne laissent aucun repos aux esprits. Ils harcèlent les âmes avec la corruption, le mensonge et la propagande. Rien de l’humain n’est à l’abri de leurs assauts.

Les congolais doivent avoir conscience que ce qui tient lieu de gouvernement dans notre pays est une organisation criminelle. Les pouvoirs de l’État sont usurpés, le Congo est occupé.

Oui, mes chers compatriotes, le Congo notre pays est occupé. Le fait est grave.

Les mots ne doivent pas effacer les faits. Nous ne devons pas et ne pouvons pas oublier la réalité. Pendant les cinq ans de l’occupation de la France, les nazis avaient utilisé tous les stratagèmes pour faire oublier aux français que leur pays était occupé. Mais les français n’avaient jamais oublié.

Un peuple n’oublie pas. Sinon il se perd.

Mes chers compatriotes,

Les discours n’effaceront pas la mémoire collective. Au contraire, ils la convoquent.

Les congolais savent que le discours sur l’unité de la nation, quand il vient de ceux qui en sont les fossoyeurs, appelle à redoubler de vigilance. Les congolais savent que le discours sur la paix, quand il est tenu par ceux qui n’épargnent ni enfants, ni handicapés, ni personnes âgées, est une ignominie. Les congolais savent que le discours sur le travail, venant de ceux qui s’enrichissent sans effort, est une estocade à la morale. Les congolais savent que le discours sur le progrès, venant de ceux qui empêchent le progrès individuel et collectif des autres, montre la perte du moindre bon sens. Les congolais savent reconnaitre l’imposture sous toutes ses formes.

L’occupation du territoire national par une organisation criminelle qui tient lieu d’État appelle deux conclusions évidentes par elles-mêmes.

La première conclusion est que nous devons libérer notre pays. Un pays occupé, on le libère.

Il n’y a pas d’autre solution à l’occupation d’un pays que sa libération. Mieux qu’un consensus, le monde entier, dans la diversité de ses civilisations, est unanime sur ce point. Il n’existe aucune exception à cette règle.

La deuxième conclusion, suite logique de la première, est que nous devons combattre l’organisation criminelle qui occupe notre pays. On ne peut rien faire d’autre. Faire autrement, c’est faire le lit du crime.

Peuple congolais,

Jusqu’au 15 août 2016, ceux qui usurpent et occupent les pouvoirs de l’État se sont refusés à tout dialogue. Ils se sont enfermés dans leur logique du passage en force et se prévalent désormais du fait accompli. Dès lors, l’avenir de notre pays s’est inscrit dans un combat sans merci contre le crime organisé. Ce combat nous le poursuivrons jusqu’à la libération totale du territoire national.

Ce combat devra être gagné, comme l’indique la résolution 678 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, je cite, « par tous les moyens nécessaires ». Il appartiendra à chacun, là où il se trouve, de choisir ses moyens.

Quels que soient les moyens de notre choix, ils n’iront pas sans sacrifices. Parce que la liberté a un prix.

Celui qui n’accepte pas d’en payer le prix, ne peut pas être libre. Il en est de même de celui qui ne paye qu’une partie du prix.

La liberté est entière. Elle ne se divise pas. Son prix est entier, il faut le payer intégralement. Sinon on accepte l’esclavage en lui donnant des appellations nobles pour soulager notre conscience.

La paix est sœur jumelle de la liberté. Elles viennent ensemble. Il n’y a pas de paix sans la liberté, qui elle-même est insignifiante sans la paix. Payer le prix de la liberté c’est avoir les deux pour le prix d’un.

Nous voulons la paix. Pas celle du silence des armes, mais celle des jours heureux et de la foi légitime en l’avenir.

Nous devons en payer le prix, car il n’y pas de paix sous l’occupation.

L’occupation, même celle de nos compatriotes, ne change pas sa nature. Elle reste une occupation. L’esclavage, même venant de nos compatriotes, quel que soit le nom qu’on lui donne, reste un esclavage. Aucun des deux n’est acceptable. Ils ne sont ni justifiables ni excusables, surtout quand ils viennent de vos propres compatriotes.

L’illustre Winston Churchill, dernier rempart de la liberté face au déferlement nazi en Europe de l’ouest, avait décrit le prix de la liberté. Il avait dit à ses compatriotes je cite, « je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ».

Je ne souhaite aucune de ces souffrances à personne. Je payerai seule tout le prix de la paix et de la liberté de notre pays si cela pouvait suffire. Hélas !

S’agissant du le sang, il y a eu trop de versé dans notre pays.

Pour le reste, à ce Congo que nous aimons tant, nous devons tout donner. Plus nous serons nombreux à tout donner, plus courte sera notre lutte.

Mes chers compatriotes,

La Communauté Internationale combat les organisations criminelles partout dans le monde. Elle se voile les yeux face au crime organisé au Congo, parce que dans notre pays, le crime a pris la forme d’un gouvernement.

La Communauté Internationale constatera que faute d’avoir été exigeante avec le pouvoir de Brazzaville, elle fait désormais face à des crises politiques voulues ailleurs en Afrique, où l’on reprend allègrement les pratiques criminelles expérimentées sur le peuple congolais.

Les souffrances des autres peuples d’Afrique, dont les dirigeants reproduisent les méthodes congolaises de répression du peuple, nous obligent ici à Brazzaville, à reprendre avec plus d’ardeur le combat pour la démocratie.

Le progrès de la démocratie s’est arrêté ici. C’est d’ici qu’il doit repartir.

C’est la responsabilité de l’opposition congolaise d’endiguer le déclin de la démocratie sur le continent.

Constitution du peuple écartée par l’occupant intérieur, la Constitution du 20 janvier 2002 doit être rétablie par tous les moyens reconnus par le droit international.

Voilà le combat de l’opposition congolaise !

Ce n’est pas un combat à mener, c’est un combat à gagner. Parce que c’est le combat pour la paix, le combat pour la liberté, le combat pour l’unité de notre pays.

Ce combat est celui de l’égalité des citoyens, c’est le combat de l’État de droit.

La prémisse de ce combat est de rappeler que la constitution du 6 novembre 2015 n’engage que ceux qui y croient. Elle ne nous engage pas.

L’élection du 20 mars 2016 était illégale. Elle ne peut produire aucun effet de droit.

Le serment du 16 avril 2016 n’était qu’une simple fête au cours de laquelle l’on célébrait l’annonce des malheurs futurs du peuple congolais. Tous ces rideaux de fumée ne nous concernent pas.

Au regard de la Constitution du 20 janvier 2002, la seule Constitution de la République, le pouvoir est vacant depuis le 15 août 2016 à minuit.

Le pays est occupé. Il doit être libéré.

J’engage les responsables politiques du FROCAD qui, à la suite de ceux du MUST, m’ont honorée de leur confiance, à mesurer le prix qu’ils sont prêts à payer pour libérer notre pays.

J’engage l’opposition congolaise dans son ensemble, tous ceux qui ont refusé de prendre prétexte du compromis pour se compromettre à gagner le combat de la libération. Nous devons mettre fin à l’occupation des pouvoirs de l’État.

Je nous engage à sortir de la logique des déclarations. Nous devons passer à la logique de l’action. Il n’y aura de salut pour le Congo que dans une action courageuse et déterminée.

Aucun discours ne peut occuper le terrain. Nous devons agir. Nous devons le faire maintenant.

Ceux qui ne sont pas prêts à agir, qui voudront toujours renvoyer la lutte d’aujourd’hui à demain, ne sont pas dignes des congolais qui sont morts en octobre 2015. Ils ne sont pas dignes du peuple qui a cru et croit encore, légitimement, en sa libération prochaine.

Le répit accordé à l’occupant intérieur nous en coûtera au centuple. Nous devons le combattre avec acharnement, ici et maintenant.

Différer la lutte d’aujourd’hui, c’est se décharger de son fardeau sur la prochaine génération. Aucune lutte ne se perd dans la nature. Celles qui ne sont pas menées en leur temps, le seront un jour ou un autre par d’autres générations, avec un tribut plus lourd.

Les responsables politiques mènent les luttes de leur temps. Ils anticipent les combats à venir pour rendre la vie des générations futures plus agréable.

La libération du Congo, c’est le combat de notre génération. Nous ne le passerons pas à la prochaine génération.

Dans les prochaines soixante-douze heures, je soumettrai à la Coordination du FROCAD mon plan d’action pour la libération du Congo. Toutes les personnes et toutes les forces politiques désireuses de participer aux sacrifices de la libération seront libres d’y concourir, si tant est qu’elles sont prêtes à marcher en première ligne.

Un peuple ne se soumet pas. Un peuple se bat.

Nous nous battrons. Nous allons libérer notre pays.

Vive la République,

Vive la démocratie,

Vive le Congo !

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Published by Patrick Eric Mampouya
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