Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 02:41

La Ministre de la santé Congolaise Mme Émilienne RAOUL

Le Docteur Boniface OKOUYA : "Les syndicats des pharmaciens des pays où les produits de la médecine traditionnelle Chinoise sont commercialisés doivent redoubler de vigilance"

Le président du Syndicat National des Pharmaciens du Congo Brazzaville, le Docteur Boniface OKOUYA, ne baisse jamais les bras face à la vente illicite de médicaments. La dernière illustration en date est le bras de fer qui oppose le syndicat à une "officine" des médicaments de la médecine traditionnelle Chinoise ; officine tenue par une dame esthéticienne. En sa qualité de président de l’Intersyndicale des Pharmaciens Africains (ISPHARMA), le Docteur Boniface OKOUYA tire la sonnette d’alarme de ses confrères pour les mobiliser contre l’invasion des produits contrefaits de la médecine traditionnelle Chinoise qui viennent allonger la longue liste de faux médicaments déversés sur le Continent Africain par des hommes d’affaires véreux.

Vous vous préoccupez ces derniers temps par les produits de la médecine traditionnelle Chinoise. Qu’en est-il au juste ?

Depuis quelques mois, les médicaments fabriqués par la médecine Chinoise sont commercialisés illégalement en République du Congo. Comme à l’accoutumée, nous n’avons pas tardé à attirer l’attention des autorités sanitaires du pays et de la population sur le danger que représente ces médicaments pour la santé publique. Vu le caractère illégal de cette activité commerciale, nous avons commis deux huissiers de justice pour fermer un point de vente des produits de la médecine traditionnelle Chinoise tenu par une femme esthéticienne à Pointe-Noire (la deuxième ville du pays). La même opération a été effectuée à Brazzaville. Malheureusement, le 13 octobre 2007, cette dame a été autorisée de reprendre ses activités.

Par ailleurs, nous avons entamé des négociations avec la Direction des pharmacies et du médicament et ; rencontrer la ministre de la santé, des affaires sociales et de la famille, Mme Émilienne RAOUL. Cette affaire se trouve en ce moment entre les mains de la ministre de la santé. Consciente des risques liés à la consommation de médicaments contrefaits et garante de la santé publique des Congolais, elle ne manquerait pas d’apporter une solution conforme aux textes qui régissent le secteur pharmaceutique Congolais.

Mais le point de vente de Brazzaville a repris ses activités ?

Je suis navré de répondre à l’affirmative. Ce point de vente a repris ses activités quelques jours après sa fermeture. L’argument avancé est qu’il est tenu par un phytochimiste Congolais. Et pourtant, jusqu’à ce jour, la loi régissant le secteur pharmaceutique Congolais n’autorise pas encore aux phytochimistes et phytothérapeutes d’ouvrir les officines pharmaceutiques. Par ailleurs, le phytochimiste dont il est question n’a pas étudié en Chine et ne connaît parler le mandarin. Donc il ne connaît rien de la pharmacie Chinoise. Il vous appartient d’apprécier comment certaines erreurs risquent de compromettre la santé de la population. Mais nous ne pouvons assister impuissamment à ce dérapage. Nous ne baisserons pas les bras tant que ce point de vente n’est pas fermé définitivement

Y aurait-il des malentendus entre le Syndicat National des Pharmaciens du Congo et la Direction des pharmacies et du médicament sur cette question?

Nous n’avons pas de malentendu avec la Direction des pharmacies et du médicament. Nous avons eu un entretien avec le directeur des pharmacies et du médicament avant de rencontrer la ministre de la santé. Nous avons rappelé à notre confrère les dispositions sur la vente de médicaments au Congo. Nous lui avons signifié que ces médicaments Chinois sont entrés dans notre pays sans être contrôlés. Ces médicaments n’ont jamais reçu le visa d’entrer sur le territoire Congolais ; ils sont en outre commercialisés par une dame qui n’est ni Congolaise ni pharmacienne. C’est une esthéticienne. Ce qui constitue une violation de la législation nationale. C’est cet argument qui a permis aux huissiers de justice d’obtenir du président du tribunal de grande instance de Brazzaville la fermeture des points de vente de ces médicaments à Brazzaville et Pointe-Noire.

La direction des pharmacies et du médicament n’a qu’un seul choix : celui de faire respecter la loi et garantir la santé publique. Nous sommes convaincus qu’elle pèsera de tout son poids pour identifier les causes de cette confusion qui n’honore personne

Les médicaments issus de la médecine traditionnelle Chinoise feraient-ils partie de nouveaux risques pour la santé des Africains ?

Nous sommes, hélas, obligé de reconnaître que la percée Chinoise dans le secteur médical Africain nous apporte à la fois du bien et du mal. En effet, nos critiques ne concernent pas nos confrères pharmaciens et médecins Chinois qui accomplissement leurs tâches selon les normes universellement reconnues en la matière. Les coopérants Chinois intervenant dans le domaine médical en Afrique sont en train de sauver de nombreuses vies humaines.

Nous leur rendons un hommage mérité.

Nos critiques concernent plutôt quelques esprits malins qui, profitant de notre naïveté, des difficultés de nos systèmes de santé, du laxisme des autorités sanitaires politiques et administratives du continent, y déversent des produits non homologués, contrefaits et nuisibles pour la santé.

Les produits pharmaceutiques Chinois contrefaits ne menacent pas seulement le Congo Brazzaville, ils suscitent aussi l’inquiétude de nos confrères du Togo et de la Guinée. La situation est même pire au Congo Kinshasa. En ma qualité de président de l’Intersyndicale des Pharmaciens Africains, j’ai le devoir de dénoncer la commercialisation des produits pharmaceutiques contrefaits en provenance de la Chine. Les différents forums pharmaceutiques prévus en 2008 devraient inscrire cette question dans leur ordre du jour.

Les syndicats des pharmaciens des pays où les produits de la médecine traditionnelle Chinoise sont commercialisés doivent redoubler de vigilance. Car, comme je ne cesse de le répéter, les difficultés de l’Afrique ne doit en aucun cas être un prétexte pour assurer à nos populations une santé au rabais.

L’ISPHARMA demeure constante sur cette question.

Il est possible de trouver une solution durable aux problèmes de médicaments en Afrique, s’il y a la volonté politique. Et cette solution pour les pays de la zone CFA (on ne le dira jamais assez) suggérée depuis la dévaluation du franc CFA, consiste à faire la promotion des médicaments génériques, à faire en sorte qu’ils soient à la portée de toutes les bourses. Je cite à titre d’exemple le cas de la Mauritanie qui est confrontée à de sérieux problèmes pour l’apprivoisement en médicament de qualité. Mais les nouvelles en provenance de ce pays commencent à nous rassurer. Le ministre de la santé assiste lui-même à des opérations d’incinération des produits contrefaits.
Même les autorités des pays d’où proviennent les médicaments contrefaits, comme la Chine, ne le tolèrent pas. N’avez-vous pas appris que le directeur de l’Agence Nationale des médicaments de la Chine a été condamné et exécuté en février 2007 pour abus d’autorité ?
Il lui a été reproché d’avoir homologué des médicaments non autorisés par la législation pharmaceutique Chinoise. Nous disposons aussi de lois interdisant la vente illicite de médicaments. Il suffit tout simplement de les appliquer pour faire revenir l’ordre dans le secteur pharmaceutique et garantir ainsi la santé publique. 

Cela veut dire que de faux médicaments échappent aussi au contrôle des pays où ils sont produits ?
C’est exact. Des hommes d’affaires sans scrupules de ces pays misent sur la vulnérabilité de nos États et de nos populations pour intoxiquer la population avec des produits dangereux. L’Afrique subsaharienne notamment est la proie facile de la contrefaçon pharmaceutique. Seule une franche collaboration entre la police, les douanes, la justice et les organisations des pharmaciens pourra permettre d’inverser cette tendance. En attendant que ça aille mieux, les Africains sont en train d’avaler des médicaments n’ayant même pas de prescriptifs. C’est inacceptable dans la mesure où l’on peut éviter ce drame grâce aux produits génériques.

Les syndicats des pharmaciens Africains sont accusés de combattre les médicaments d’origine Asiatique, même s’ils sont de bonne qualité, au profit des produits européens ?
Je m’inscris en faux contre cette allégation. CIPLA et RANBAXY sont de grandes firmes pharmaceutiques Indiennes qui vendent des produits de qualité aux Africains. Des laboratoires de Beijing et de Shanghai fournissent également de bons produits aux officines Africaines. Comme nous l’avons déjà souligné, nous menons plutôt la lutte contre la contrefaçon d’où qu’elle vienne.

Quelles sont les priorités du Syndicat National des Pharmaciens du Congo-Brazzaville en 2008 ?
Le Syndicat National des Pharmaciens du Congo a décidé lors de son assemblée générale du 24 décembre 2007 d’intensifier la lutte contre la vente illicite de médicaments, promouvoir les médicaments génériques dans nos officines, mettre en place un fonds de garantie et de développement des pharmaciens, adopter la convention collective des pharmaciens du Congo, revoir le partenariat avec quelques structures étatiques, à savoir : la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, les Ministères du Commerce et des Finances. La réalisation de ces objectifs en 2008 favorisera le renforcement de nos actions et une plus grande visibilité.

Votre mandat à la présidence de l’ISPHARMA arrivera à terme en 2009. Serait-on déjà tenté de faire un bilan à mi-parcours?
A mon humble avis, le fait pour nous de travailler en synergie avec les syndicats des pharmaciens des pays Africains revêt une grande importance pour la défense de nos intérêts et la promotion de la santé publique. C’est pour cette raison que mes confrères m’avaient confié la charge de coordonner l’ISPHARMA. Nous avons travaillé aussi avec des partenaires non Africains dans le but de rendre l’ISPHARMA plus visible. La participation de l’ISPHARMA à plusieurs rencontres pharmaceutiques organisées à travers le monde constitue un exemple éloquent. Notre intersyndicale entretient de bons rapports avec LEEM. Nous tenons aussi à étendre des rapports de confraternité avec les syndicats Européens et Canadiens.
Le moment de faire le bilan n’est pas arrivé. Le chemin à parcourir par l’ISPHARMA dans la défense des intérêts des pharmaciens privés d’Afrique est encore très long. Mais l’ISPHARMA est sur la bonne voie grâce à la détermination de tous ses membres. Nous faisons de notre mieux pour baliser le chemin de l’ISPHARMA afin qu’il joue pleinement son rôle.  

Jean-René KULE KONGBAUne officine chinoise illégale mais soutenue par le ministère de la santé Congolaise déverse des faux médicaments au Congo Brazzaville. Les médicaments issus de la médecine traditionnelle chinoise font partie de nouveaux risques pour la santé des Africains.


Autorise des faux médicaments au Congo Brazzaville

Par Patrick Eric Mampouya - Publié dans : Politique
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