Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 01:44

Par A. Florent BISSINGOU 

Il est une illusion et un pêché de l’esprit qui vident la réflexion politique de sa vraie substance (quête du bien-être social), privant ainsi le temps présent des ferments qui devraient permettre de construire l’avenir. L’illusion, c’est croire que le suffrage universel suffit à lui tout seul pour qu’une société devienne démocratique.

 Et le pêché de l’esprit, c’est de laisser croire que sans projet de cohésion, une société du vide peut s’échapper du marasme et du chaos. Non ! Une société où le débat entre élites n’éclaire pas les enjeux de l’instant et où l’égalisation des conditions n’est pas une perspective politique majeure est vouée à ne jamais devenir démocratique, même si elle a beau organiser des élections.

En effet, la démocratie n’est pas qu’un régime politique ; elle est aussi et surtout un état social, un idéal d’existence collective où le bonheur est promis à tous. Un idéal qui épouse les formes du réel quand ses deux dimensions essentielles se conjuguent, à savoir sa dimension politique (suffrage universel, séparation des pouvoirs, Etat de droit) et sa dimension sociale (égalisation des conditions).

Car en favorisant la lutte pacifique pour le pouvoir, la dimension politique permet une gestion efficace de la société, et en sous-tendant l’existence de formes d’organisation de la société civile (syndicats indépendants, associations), la dimension sociale impose l’intérêt général comme une norme politique cardinale.

L’égalisation des conditions suppose l’abolition des distances sociales et la convergence des niveaux et des modes de vie. Ainsi, c’est d’abord en apportant des réponses précises aux problèmes quotidiens des populations que la société se démocratise véritablement. Car la faim, le dénuement et l’inculture empêchent l’individu d’exercer pleinement sa citoyenneté. D’où la nécessité, s’agissant du contexte social Congolais, de faire de l’accès de tous à l’eau potable, aux soins de qualité, à l’éducation, à l’emploi, à la culture et à une justice équitable, la pierre angulaire de tout projet d’une société alternative et d’en décliner les institutions appropriées.

Aussi, outre le fait de demander la mise en place d’une commission électorale indépendante et la présence des observateurs internationaux lors du déroulement du scrutin, il faut aussi et surtout longuement épiloguer sur le bilan calamiteux du pouvoir en place, expliquer qu’en la matière il est disqualifié à vie, car il ne peut  réaliser en  7 ans de "panne" financière et de contre pouvoir démocratique à venir ce qu’il n’a pu faire en 12 ans d’euphorie financière et de désorganisation totale de l’opposition  nationale. Il revient aux médias qui se targuent d’être libres et indépendants de créer les conditions de ce débat. Mais il appartient aussi aux opposants d’imaginer les moyens de bomber le torse, de muscler le discours, de crier plus fort la désespérance du peuple et d’imposer la satisfaction des besoins fondamentaux comme point central de ce débat.

S’inscrire en dehors de ce schéma, c’est perdre de vue que la confiscation du pouvoir et la privation des libertés ne sont pas les seules tares des sociétés totalitaires. En effet, ces sociétés ont aussi la spécificité d’être des sociétés figées, bloquées, où les privilèges et les injustices sociales se reproduisent à l’identique, génération après génération, où la majorité de la population est incapable de satisfaire ses besoins les plus élémentaires et où la "cooptation" est l’unique carburant de l’ascenseur social. D’où d’ailleurs l’empressement avec lequel les esprits éclairés s’y débarrassent de leur conscience critique pour jouir des fastes des palais nationaux. L’allégeance éhontée à l’équipe au pouvoir dont fait preuve aujourd’hui certains des opposants les plus virulents d’hier ainsi que la plupart des quinquas que la Conférence Nationale avait propulsés au devant de la scène politique nationale l’illustre parfaitement, surtout avec l’approche de l’élection présidentielle.

Le fait que le monde politique se polarise en un affrontement binaire entre une majorité présidentielle qui veut défendre coûte que coûte l’ordre social injuste qui prévaut et une opposition nationale qui rêve du changement ne peut être salutaire pour l’avenir du pays qu’à la condition que cela éclaire le citoyen sur les vrais enjeux de demain. La mise en place des conditions d’une élection présidentielle libre et transparente ne doit pas être la ligne de démarcation entre ces deux blocs. Tous ceux qui prétendent être des démocrates devraient être du même côté, donc pour. Et la majorité présidentielle - qui sans gène se targue d’avoir bien travaillé et d’être en phase avec le peuple - devrait en principe ne pas avoir peur de la sincérité des urnes. Plutôt que de se perdre dans l’incantation et l’intimidation, elle devrait plutôt parler de son bilan, faire l’état des lieux en ce qui concerne l’accès des populations aux bien fondamentaux et se montrer capable de proposer une autre perspective. L’opposition nationale, quant à elle, doit déployer autant d’énergie pour décliner ce qui pour elle est le chemin qui mène à l’éclosion effective d’une alternative démocratique. Et pour donner une âme à son ambition collective, son discours doit revêtir une dualité : Urgence d’une reforme des institutions et exigence de définir les moyens de l’égalisation des conditions. 

Par PatrickEric - Publié dans : Politique
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