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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 20:00


POINT DE VUE SUR L’ACTUALITE NATIONALE

Par MOUBIE-MOUNDZARA

Mouvement Citoyen pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel ( M.C.R.O.C)

 


« Ayons la patience des choses avilissantes, car elles mériteront un juste oubli, le jour où sera pris le pouvoir sur lequel se sera déroulé la lutte ».

droit_justice.jpgCette citation du philosophe Français, Paul NIZAN, en rapport avec le climat politique nauséeux qui prévaut dans notre pays, nous sert d’introduction pour dire que le Congo, notre pays, est depuis quelque temps, un pays atypique où rien ne se fait selon certains standards internationaux, certains principes universellement admis par tous ; mais selon le fait du prince, c’est-à-dire selon un bricolage typiquement congolais au nom d’une prétendue « souveraineté nationale ».

Les concepts universels comme démocratie, Étatde droit, referendum ou dialogue inclusif, élections libres, etc… n’ont pas le même sens, ni la même signification sémantique selon qu’on soit au pouvoir ou à l’opposition.

On peut même dire sans risque d’être démenti par les faits ou les pratiques politiques en cours, que les mots ne sont que des mots, des idiomes phonétiques et n’ont aucun sens dans le vocabulaire des politiciens congolais, surtout ceux qui gouvernent, sinon celui de servir une cause, même abracadabrantisme.

Certes, qu’il faille se garder de porter un jugement définitif et sans appel, sur certains concepts et principes universels à l’aune des pratiques politiques congolaises et de la gouvernance politique du Congo complètement dévoyées.

1- Bref Rappel Historique.

En 1993, sous la mandature du Président PascalLISSOUBA, le combat de l’opposition de l’époque, dont faisait partie le P.C.T et son chef, Le Président DenisSASSOU-NGUESSO, était structuré, organisé autour de la défense, de la démocratie, de l’Étatde droit et surtout pour le respect et l’application, stricto sensu, de la constitution du 15 mars 1992 ; ce qui était politiquement correct, car au sortir de cette énorme catharsis nationale de 1991, il aurait été vraiment exaspérant, dommage voire lâche, de laisser s’installer au niveau de l’État, un pouvoir personnel, autoritaire, alors que les états généraux de la Nation, venaient de tracer l’épure, la voie pour la mise en chantier d’une nouvelle dynamique politique, créant ainsi dans l’opinion nationale un véritable électro choc, après une décennie de turpitude politique caractérisée par l’intolérance, la violence aveugle qui a endeuillé plus d’une famille congolaise, la gestion chaotique de la chose publique, toutes choses qui ont laissé des ravines profondes dans notre conscient collectif.

Le Président DenisSASSOU-NGUESSO dans l’opposition à l’époque, avait même pris la tête de la croisade contre le Président LISSOUBA et son régime, au motif que ce dernier manifestait des velléités de violer la constitution du 15mars 1992, s’érigeant ainsi en ardent défenseur de celle-ci et donc du processus démocratique congolais naissant.

C’est de là, que résulta la première confrontation armée dont la manipulation et l’instrumentalisation - déjà à cette époque !- de certains acteurs politiques était d’une évidence banale.

Dans son livre « le manguier, le fleuve et la souris » écrit pendant sa traversée du désert, comme lui-même aime à le répéter, il ne tarissait pas d’éloge sur cette constitution qu’il a promulguée sous la transition.

L’opposition sous sa direction, exigeait et obtenait du régime de l’époque, sur la base d’un mémorandum, les conditions politiques, très drastiques d’ailleurs, pour l’organisation de l’élection présidentielle de 1997. Malheureusement, tous ces efforts tant au plan national, qu’international, n’aboutirent qu’au coup d’état du 05 juin 1997.

Dès le 15 octobre 1997, le pronunciamiento réussi, la constitution du 15 mars 1992, pour laquelle tant de « larmes et tant de sang ont été versé ; les larmes et le sang toujours des autres », fut abrogée sans autre forme de procès.

Même s’il parait utopique d’introduire une certaine dose de morale en politique, la décence morale, commanderait une certaine retenue du Président actuel dans ce débat inutile, malsain, nauséeux, introduit, ex abrupto, à 2ans de la fin de son mandat, sur le changement de la constitution du 20janvier 2002, qu’il a promulguée, et cela coule de source, dans le seul dessein d’éliminer tous ses rivaux, après son coup de force.

Cette assertion est confirmée par les propos du Président de la République lui-même, quand il déclare le 01 août 2014 à Washington, dans une interview à R.F.I que, je cite « la constitution actuelle doit changer parce qu’elle a atteint ses limites » ; lesquelles ?

En réalité, en décryptant cette phrase, il faut comprendre aisément que la constitution actuelle devrait être changée, parce qu’elle a atteint son but : celui d’avoir mis hors-jeu ses rivaux.

En effet, les protagonistes qu’il a réussi à éliminer, en échafaudant une constitution à sa mesure, n’étant plus vivants pour certains d’une part, et les autres, en incapacité physique de se présenter d’autre part, la constitution actuelle peut maintenant changer selon sa volonté, aux fins de lui permettre de briguer, par tous les moyens, un 3èmemandat ; montrant ainsi tout le mépris qu’il éprouve de la loi fondamentale qui organise les pouvoirs publics dans tout pays civilisé.

La preuve de ce mépris est soutenue par les violations massives et répétées de cette constitution du 20 janvier 2002, dès les premiers jours qui ont suivi sa promulgation, par le Président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement ; notamment les articles 48, 69, 72, 73 etc…, la liste n’est pas exhaustive.

Le même argument des limites atteintes par cette constitution est repris par certains constitutionnalistesdu pouvoir, sous un autre angle ou vocable selon lequel, les constitutions africaines seraient en fin de cycle et mériteraient d’être changées. Quelle hérésie!

Le Ghana, le Botswana, la Tanzanie, le Bénin, la Namibie, la République Sud – Africaine post apartheid etc… sont aussi des pays africains dont les constitutions sont pratiquement intangibles, immuables sur les dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels, et pas seulement. Il sied même de signaler que dans le cas du BOTSWANA, l’économie est très prospère, la croissance est à deux chiffres et l’idée n’a jamais effleuré la conscience de ses dirigeants, pour changer leur loi fondamentale, en vue de renforcer on ne sait quelle gouvernance économique.

Dans ces pays, l’alternance se déroule pacifiquement sans violence et sans que les Présidents en exercice aient besoin de s’armer outrancièrement ou de se constituer des milices parallèles sous le nez et sous la barbe de leurs armées nationales - chose inadmissible pour les armées de ces pays - aux fins de s’imposer et de se maintenir par la force à la tête de leur pays.

La société civile affiliée au pouvoir, en l’occurrence, la FECODHO, par la voie de son Président, découvre elle aussi, ex abrupto, certaines imperfections à cette constitution du 20 janvier 2002, à deux(2) ans seulement de la fin du mandat du Président et donne de la voix, en demandant une relecture de la loi fondamentale.

Pendant près de dix ans, elle a été muette sur le sujet et a manifesté un certain activisme dans son soutien au processus électoral très vicié, dont tous les observateurs nationaux et internationaux comme la FIDH, l’OIF etc... ont toujours jugé comme injuste et anti démocratique. Cette démarche suscite des questions que nous taisons volontairement, pour éviter d’alimenter inutilement la polémique sur cet aspect du sujet, parce que « ce qui est exagéré est inutile ». On peut avoir la manie de penser que ça n’arrive qu’aux autres ; eh bien non !

L’histoire, ce juge implacable, immanent nous rattrape tous, un jour ou l’autre selon nos actes et quel que soit notre rang social. Ces actes en vertu desquels nous créons une charge karmique doivent être payés, compensés, à un moment donné de notre vie, d’une manière ou d’une autre.

Dans les lois qui gouvernent l’Univers, il est d’ailleurs écrit, en lettre d’or, que ce qui est vicieux et vil ne sauraient perdurer ; et l’homme ne peut pas soumettre toujours la nature de manière absolue, à sa volonté. Il arrive toujours un temps où la Vérité reprend le dessus sur notre narcissisme, notre orgueil humain et nous rappelle à l’ordre. Tous les dictateurs l’ont appris à leurs dépens.

Dans ce débat dénué de motivations juridiques réelles, mais qui semble s’éterniser et s‘enliser dangereusement, parce qu’il n’y a pas un homme d’Étatdoté d’une véritable conscience nationale à la manœuvre, susceptible d’arrêter les frais, la classe politique congolaise endosse une très grande part de responsabilité, par son inconstance, son immaturité, ses divisions, sa très grande propension à la corruption et à l’argent facile.

Depuis 1992, avec la destruction du monolithisme politique qui a régné sans partage sur le pays et l’instauration du multipartisme politique au Congo, la classe politique congolaise, en raison de son instabilité mentale chronique, de son inconstance et l’absence d’idées fédératrices, empêtrée dans des considérations tribalistes et régionalistes, égoïstes à souhait et dont le centre de gravité politique se situe dans son ventre, n’a pas été capable de bâtir un système politique véritablement démocratique, fondateur d’une nation où chacun se reconnaîtraitnon pas par rapport à son identité tribale ou régionale, mais par rapport à la nation, source d’unité, de cohésion et de progrès social.

Par des querelles de clochers, des considérations autres que politiques, cette classe politique immature, a favorisé le retour insidieux, mais réel du monopartisme qui ne dit pas son nom, mais qui règne en maître sur tout le pays avec tous les avatars décriés à la conférence nationale souveraine en 1991, mais très renforcés à savoir: l’exclusion et le népotisme facteur de médiocrité, la corruption vaste et profonde des élites ; le pillage des ressources financières et naturelles du pays, source de notre pauvreté, de notre misère endémique ; la violence politique sous toutes les formes visibles et insidieuses ; la confiscation des libertés individuelles ; l’émergence des dynasties économico- tribalo- maffieuses qui écument le pays en profondeur. Et, ce sont ceux-là qui sont à la manœuvre pour changer la constitution.

2- LE CONTEXTE NATIONAL ACTUEL.

Le contexte politique national est dominé par le débat sur le changement ou non de la constitution du 20 janvier 2002 ; débat très pernicieux et dangereux pour l’unité nationale, la concorde et la cohésion sociales ; débat qui n’aurait pas dû avoir lieu, parce qu’il est inutile et sans objet, à 2 ans de la fin du mandat du Président en exercice.

Tous les états-majors politiques consciemment ou inconsciemment se sont appropriés un débat- diversion, alors qu’ellesauraient dès l’éclosion de ce débat, exploré la voie judiciaire qui consistait en la mise en accusation du Président de la République pour haute trahison ; ce qui aurait eu comme avantage d’arrêter ce débat et d’aller à l’essentiel, c’est-à- dire la préparation de l’élection présidentielle de 2016.

En effet, dans la mesure où le débat a été initié et introduit dans le pays par le plus haut magistrat du pays, Président de la République, garant de la stabilité et de l’équilibre des institutions, Il y a non seulement conflit d’intérêt, mais plus grave : la haute trahison, parce que le Président a délibérément violé le serment qu’il a prêté lors de son investiture le 14 août 2009, conformément à l’article 69 de cette constitution du 20 janvier 2002 qui dispose : « Lors de son entrée en fonction, le Président de la République prête le serment suivant :

- Devant la Nation et le Peuple Congolais seul détenteur de la souveraineté : Moi, Denis SASSOU-NGUESSO, Président de la République, je jure solennellement :

- de respecter et de défendre la Constitutionet la forme républicaine de l’État.

- de remplir loyalement les hautes fonctions que la nation et le Peuple m’ont confiées ;

- de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques ;

- de protéger et respecter le bien public ;

- de consacrer l’intégralité des ressources naturelles au développement de la Nation ;

- de garantir la paix et la justice à tous ;

- de préserver l’unité nationale et l’intégrité du territoire, la souveraineté et l’indépendance nationale. »

Or, en voulant abroger cette constitution - et l’intention vaut déjà le fait - sans cause et sans raison, sur laquelle il a prêté serment et juré solennellement de défendre, il y a manifestement, violation du serment et parjure, des fautes constitutives du chef d’inculpation pour haute trahison.

En réalité, le débat pour l’opposition et la société civile congolaise devait être focalisé sur ce chef d’accusation, afin d’obliger la Cour Constitutionnelle du Congo à dire le droit. Le pays ne connaîtaucune crise politique susceptible d’empêcher le fonctionnement régulier des Institutions républicaines, devant contraindre à l’abrogation de la loi fondamentale ; mesure qui n’est prévue, nulle part dans cette constitution du 20 janvier 2002.

Le recours à des artifices non reconnus par cette constitution, comme l’initiative populaire, ou cette monstrueuse duperie de mise en place « d’un comité des sages », en vue de justifier l’abrogation de la constitution actuelle, complique et alourdit davantage le cas du Président, dans le motif de la haute trahison. Nous ne sommes pas si naïfs au point de croire que ce parlement dont les membres sont nommés par le Président SASSOU peut déclencher la procédure de mise en accusation. Mais cette initiative que nous prenons a le mérite de placer le Président devant une situation embarrassante, si notre détermination aussi est sans faille.

Quelles sont les raisons objectives d’un tel débat ?

Ce débat frénétique, introduit, ex nihilo, dans le pays et qui agite toute la classe politique congolaise, à deux (2) ans de la fin du mandat du Président, n’est pas fortuit. Il s’agit d’un calcul politicien très malicieux.

La perversité de ce débat, montre dans toute son ampleur, la perfidie, la moralité douteuse de ceux qui nous gouvernent. Et, c’est triste et regrettable pour la jeunesse congolaise dont l’horizon est bouché ; sacrifiée sur l’autel de la médiocrité de ceux qui ont en charge les rênes du pays, de leur boulimie du pouvoir pour le pouvoir, sans vision prospective réelle pour le pays, malgré la propagande démagogique sur « des projets de société », conçus, selon les thuriféraires du pouvoir, pour conduire le Congo vers l’émergence économique chimérique en 2025, mais qui ne sont en réalité qu’un chapelet d’intentions, une compilation de virtualités, incompatibles avec les pratiques politiques en cours dans le pays et qui impactent de manière très négative sur le quotidien des congolais.

Il n’est pas besoin d’être clerc ou devin, pour constater que toute cette agitation, toute cette frénésie n’est que l’œuvre d’une oligarchie tribalo- maffieuse, qui veut, à tout prix, conserver le pouvoir aux seules fins de poursuivre l’œuvre de pillage de nos biens communs, de protéger leurs intérêts personnels résultants de la rapine et du vol de nos ressources communes. Pour se faire, Il leur faut donc obtenir, par tous les moyens, un 3èmemandat au Président Dénis SASSOU-NGUESSO, qui leur garantit l’impunité ; mandat, malheureusement dont il n’a pas droit, conformément aux dispositions de la constitution du 20 janvier 2002, notamment en ses articles suivant :

  • L’article 57 qui dispose que : « Le Président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois ».

  • L’article 58 – 5 qui énonce : « Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République :

  • S’il n’est âgé de quarante ans au moins et soixante- dix ans au plus à la date du dépôt de sa candidature ;

  • L’article 185-3 qui de facto constitue un verrou infranchissable et qui dispose : « La forme républicaine, le caractère laïc de l’Etat, le nombre de mandats du Président de la République ainsi que les droits énoncés aux titres I et II ne peuvent faire l’objet de révision ».

Il n’est pas superflu de rappeler ces vérités afin que de proche en proche tous ceux qui doutent encore soient éclairés. Mais à la lecture de ce qui précède, eh bien ! La cause est entendue et la messe est dite. Au regard de ces dispositions précitées, il n’y a aucun moyen juridiquement et politiquement de faire autrement sauf à réaliser un 4èmecoup d’état, qui risque d’être un coup d’état de trop, pour emprunter l’expression du roi Pyrrhus.

Nulle part, en lisant cette constitution entre les lignes et à travers les lignes, il n’est fait mention du changement, c’est –à- dire de son abrogation ; ce qui serait une première dans l’histoire des constitutions des nations civilisées. Toute constitution est susceptible de révision sur des matières précises définies par le législateur. Mais, l’abrogation d’une constitution est la résultante d’une crise majeure. Il faut faire vraiment preuve d’une cécité politique et intellectuelle pour s’obstiner dans une voie complètement sans issue.

En prenant exemple sur la constitution française de 1958, pour assoir son argumentaire et abuser ainsi de l’opinion nationale, le Président SASSOU - NGUESSO introduit intentionnellement la confusion, pour les besoins de la cause, et semble oublier que cette constitution française de 1958 est la résultante de la crise d’Algérie, consécutive à l’instabilité politique chronique de la 4èmeRépublique française, qui a failli entrainer la France dans une guerre civile ; que les grandes lignes de cette constitution de 1958, ont été tracées par le général de GAULLE, dans son discours de Bayeux en 1946, suite à l’impuissance politique, à l’atonie et aux dysfonctionnements des Institutions de la 3èmeRépublique française, qui ont conduit la France à la cuisante défaite de 1940. Si le Président souhaitait rentrer dans l’histoire du Congo, comme un grand homme d’Etat, à l’instar de ceux qu’il admire mais n’en prend pas exemple, le général de GAULLE et le Président MANDELA, il lui fallait après le coup d’état du 05 juin 1997, préserver la constitution consensuelle du 15 mars 1992, quitte à l’aménager sur certaines dispositions qui posaient problème ; témoigner ainsi ses convictions de démocrate, et prouver à l’opinion nationale et internationale que le coup d’état ne se justifiait que pour défendre le processus démocratique issu de la conférence nationale souveraine. En abrogeant cette constitution consensuelle du 15 mars 1992, il a montré que le coup d’état du 05 juin 1997 n’avait pour but que de s’emparer du pouvoir pour ses intérêts propres.

Il sied, de rappeler au Président de la République, que le changement d’une constitution ne peut pas être l’œuvre de ceux qui ont failli et qui sont responsables de la crise qui a entrainé son abrogation. Le droit dispose que lorsqu’une entreprise est en faillite, un syndic de faillite ou une administration judiciaire est créé pour suppléer aux dirigeants faillis, en vue du redressement et de la poursuite de l’activité de l’entreprise ; mais à l’échelle d’un Etat il se déclenche une procédure judiciaire par le biais de la Cour Constitutionnelle qui approuve la mise en place d’une transition politique chargée de conduire les affaires de la cité. Dans le cas échéant, et pour pallier à la vacuité du pouvoir qui résulterait de cette abrogation de la constitution du 20 janvier 2002, puisque toutes les Institutions constitutionnelles tombent, il est impératif d’ouvrir une transition politique d’où seront exclus tous les responsables du pouvoir qui sont à l’origine de la crise, jusques y comprise bien entendu, l’Institution présidence de la République. C’est du droit positif constant.

Le Président de la République, pour tenter de justifier sa volonté, contre nature des choses, de se maintenir au pouvoir, semble mettre en relief, de façon maladroite, son bilan économique qui serait, selon lui-même et dans une entreprise d’auto glorification, positive. Cette vision cynique des choses prêterait à rire, n’eût été la misère endémique sous laquelle ploie notre peuple. A titre illustratif, entre autres bien sûr, le drame du 04 mars à montrer dans toute son ampleur la gouvernance anachronique, désastreuse du pays. Nous consacrerons un dossier spécial aux problèmes de notre économie, incapable de répondre aux attentes légitimes des congolais.

Dans cette optique et pour démontrer à l’opinion internationale que son peuple le réclamerait encore à la tête du pays, pour sa gestion prétendument excellente, il emprunte de manière hasardeuse, des exemples ici et là, totalement hors de propos.

En effet, en tirant des parallèles tous azimuts, le Président de la République s’en mêle les pinceaux pour justifier l’injustifiable, c’est-à-dire sa volonté, maintes fois affirmée, d’un 3èmemandat, pour préserver ses intérêts et ceux des siens uniquement ; parce que nous n’entrevoyons aucun autre motif valable, défendable, après une trentaine d’années d’une gouvernance calamiteuse sur tous les plans. La population n’a jamais été aussi pauvre que sous sa Présidence.

Tantôt, il se compare à madame MERKEL qui n’est pas Présidente de l’Allemagne, mais premier ministre, et Présidente de la CDU (sa formation politique) et de ce fait peut valablement se présenter autant de fois qu’elle le peut, si son Parti la présente aux élections et les remporte. Par contre, le Président de l’Allemagne est élu, conformément à la constitution allemande, pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois.

Tantôt, il fait référence à monsieur JUNKER, premier ministre du Duché du Luxembourg qui se trouve presque dans les mêmes dispositions constitutionnelles qu’en Allemagne.

Voilà donc près d’un an et demi déjà que, le pays est paralysé ; que les investisseurs potentiels non seulement boudent le pays,  mais ont déserté le pays le Congo; que le microcosme politique congolais est pris par cette frénésie politique typiquement congolais, où chaque acteur joue sa partition ; certains voyant déjà midi à leur porte et d’autres croyant leur heure de gloire arrivée pour rééditer leur triste exploit dans la gestion des affaires, au détriment de l’avenir du pays. Et, chacun y va de ses propositions, mêmes les plus loufoques, les plus opportunistes qui soient : dialogue national inclusif ou gouvernement de large union nationale à la KABILA, transition etc…

Les sur-liquides financières, résultant de la manne pétrolière, déterminent le pouvoir, comme à son habitude d’ailleurs, à financer des petites formations politiques à sa solde, sans base réelle, violant ainsi sa propre loi sur les partis. La constellation des partis politiques ethniques sur le paysage national, crées à la va vite, répond à une logique simple : se mettre sur le starting- bloc, pour assouvir des ambitions personnelles, sans grand dessein pour le pays.

Cette myriade de partis politiques dont la base est l’ethnie, loin de booster l’essor, la vigueur ou la vitalité de la démocratie congolaise, est plutôt le signe de sa décadence. Le pouvoir de Brazzaville, à l’approche des grands évènements de la vie politique nationale, a toujours procédé ainsi : financer de petits groupuscules politiques satellites, en vue d’obtenir une majorité factice, aux fins d’étouffer cette démocratie congolaise balbutiante, qui se cherche. Il est bien triste, pour l’avenir du pays, de voir que beaucoup de nos compatriotes sont encore englués dans une logique du pouvoir régional ; dans des considérations tribalistes avilissantes pour la consolidation de l’unité nationale. Quelques « illuminés » et aventuriers politiques de tout acabit avancent masqués, font circuler quelques brûlots dans le pays et émettent même des idées folles, utopistes, irréalistes sur la partition d’un petit pays de 342000km2. On a pourtant vu les dégâts que ces pouvoirs basés sur la région, l’ethnie ou le confessionnalisme ont eus à travers le monde.

Chaque fois que des opportunités heureuses s’offrent au pays, en vue des changements systémiques, quelques « parvenus » en mal de ban ou de reconnaissance, surfant sur l’ignorance et la faiblesse morale de quelques compatriotes, lancent dans l’opinion des idées saugrenues, ineptes comme pour attirer la lumière vers eux afin d’exister dans un pays qui est friand des phénomènes. Depuis la révolution d’août 1963, le Congo a été victime de ces aventuriers, sortis de nulle part et qui ont, par leur pratique mis le pays dans cet état plus ou moins végétatif. Et le pouvoir avec des idées passéistes, surannées,utilise ce genre de personnages, les infiltre dans certaines organisations sérieuses pour les faire imploser, aux fins d’empêcher l’éclosion d’un véritable processus démocratique qui est un véritable casse-cou pour quelques politiciens congolais.

Ces promoteurs des partis politiques ou des cartels de partis qui sont- ils en réalité ? Souvent des mythomanes qui prennent leur rêve pour des réalités, souvent des hommes à la moralité très douteuse, mangeant à plusieurs râteliers. Il faut, comme le disait le Général de Gaulle, « qu’on en arrive à savoir dans ce pays, ce que l’on pense ». Les congolais doivent être conscients de cette vérité qui a fait des preuves sous d’autres cieux :le déclin ou l’éveil d’un pays, dépend beaucoup plus de la moralité et de l’éthique des responsables politiques que de leur intelligence uniquement.

L’Afrique a connu des dirigeants non bardés de diplômes prestigieux, mais dotés d’une réelle conscience nationale, d’une éthique et d’une probité morale irréprochable, mus par des idées progressistes : A.  MASSAMBA-DEBAT ; M. NGOUABI ; TH. SANKARA ; A. AHIDJO ; J. NIERERE ; K .KAUNDA etc… qui ont investi leur énergie, leur temps, tournés vers la construction de leurs Nations, qu’ils souhaitaient prospères, sans chercher à piller systématiquement leur pays, pour enrichissement personnel. Le Congo, notre pays regorge de cadres techniques et politiques réellement réformateurs, qui ont une certaine idée de la nation et de l’Etat, capables d’impulser une réelle dynamique de renouveau pour le pays. Il est temps, que le pays sorte de ces « combinazione », ses arrangements entre politiciens, toujours les mêmes, qui ont écumé le pays et bâti des dynasties au détriment du plus grand nombre. Il est aussi temps que la moralité et l’éthique soient des critères indispensables dans la gouvernance du pays.

Mais pourquoi, alors que les institutions fonctionnent normalement, selon les déclamations intempestives du Secrétaire général du P.CT et de tous ses affidés ; que le pays n’est pas en crise, selon les caciques du pouvoir, alors pourquoi donc, le Président de la République, garant de la paix, de la cohésion sociale, de l’unité nationale, a-t-il décidé d’engager un tel débat sur un tel sujet dont il savait pertinemment les passions, les tensions sociales que cela soulèverait ?

Il apparaissait pourtant de toute évidence et clairement pour tout observateur avisé, au regard du passif très lourd de ce pouvoir, de l’imposture qui entoure ce débat, que ni les intellectuels congolais, ni la population congolaise dans toute sa diversité, quelles que soient le climat de terreur que le pouvoir impose, les peurs réelles ou supposées attribuées à cette population, et en raison d’un contexte international propice au changement, où tous les peuples à travers le monde, ont soif de liberté, secouent le joug sous lequel ils ploient et s’affranchissent ; contexte international différent de celui des premières années de ce 21èmesiècle, les congolais disions-nous, ne l’accepteraient jamais, parce que cela équivaudrait à cautionner une forfaiture, qui rejaillirait sur notre conscience collective et dont nous ne nous relèveront peut-être jamais de sitôt.

Pour un homme avisé, comme Dénis SASSOU-NGUESSO, qui a investi tant d’énergies et tant de ressources financières du pays pour être médiateur international partout, dans les différentes crises qui secouent l’Afrique, à savoir : la Côte – d’Ivoire, le Mali, La République Démocratique du Congo (R.D.C), La République Centrafricaine (R.C.A), il y a vraiment là, quelque chose d’incompréhensible, de morbide.  Comment un faiseur de paix, dans des pays en crise, peut-il vouloir entrainer son propre pays dans une escalade à l’issue imprévisible, en créant artificiellement une situation de crise majeure,  susceptible d’approfondir davantage la fracture sociale déjà trop béante dans le pays ? La réponse à tous ces questionnements est peut-être le début de solution à cette crise qui risque de basculer le pays dans une énorme tragédie.

A ce niveau de nos réflexions, il nous parait important de tirer quelques enseignements utiles, qui renforcent notre détermination à nous engager résolument, avec d’autres compatriotes dans cette dynamique de libération du pays de cette camarilla qui a fait main basse sur le Congo, notre patrimoine commun. Le discours souvent dithyrambique et démagogique déconnecté des réalités quotidiennes des congolais est la preuve que le Congo est en mal de gouvernants.

La compétence politique d’un homme d’Etat se mesure à sa capacité à prévenir les contentieux, les tensions, les conflits sociaux, qu’à celle de les résoudre ; à jouer le rôle de digue, source d’énergie et non de torrent, facteur d’érosion dans la société ; à mieux utiliser les talents et les énergies prodigieuses issues de la collectivité nationale pour mieux les canaliser et les orienter vers des objectifs essentiels de développement, qu’à créer de manière sans cesse répétée, des tensions sociales, des contentieux inutiles pourtant évitables qui perturbent l’unité nationale, l’harmonie, la concorde et la cohésion sociales.

Un homme politique dont l’énergie est toute tendue, focalisée vers la satisfaction des intérêts personnels grégaires, réduite aux avantages d’un parti, d’un groupe social restreint, délaissant les intérêts majeurs de la communauté nationale, est un homme politique en faillite et sans vision, dénué de la stature d’homme d’État.Un tel homme politique est disqualifié pour gouverner et conduire les affaires de la cité. Le devoir de tout démocrate n’est pas de composer avec un tel homme, mais de le combattre. C’est un acte de courage politique pour le salut public. Se résigner équivaut à la lâcheté.

Ce débat inopportun sur la constitution nous révèle à nous tous, tel que nous sommes, c’est-à-dire vicieux et c’est extrêmement grave pour l’avenir et le devenir de ce pays. Ceux qui veulent violer cette constitution, le font et il est clair, par des motivations dictées par la satisfaction de leurs propres intérêts et non pas parce que, son changement renforcerait l’Etat de droit ou mettrait hors-jeu les vices qui sont solidement ancrés dans le subconscient de certains compatriotes. Or, au regard de ce que la classe politique congolaise nous offre comme spectacle, on se demande s’il existe dans ce pays quelques hommes d’Etat capables de proposer d’autres alternatives. La Société civile congolaise a là, une occasion historique, de montrer toute son entregent, de jouer un rôle essentiel, en tant que force de propositions et d’actions, en vue de remettre le pays à l’endroit, de montrer la voie pour la construction d’une société juste, expurgée des démons de la corruption, de la division, de la gouvernance basée sur la tribu, l’ethnie, source de notre retard économique et social. Elle ne doit pas désespérer, ni du pays, ni de l’homme en général, car l’homme par nature est perfectible et capable du pire comme du meilleur.

La sagesse et l’intelligence des acteurs sociaux sont sollicitées, mises à dure épreuve, pour proposer des pistes de solutions, aux fins de faire au pays l’économie des épreuves supplémentaires inutiles. Mais des solutions en phase avec les dispositions constitutionnelles. Les cas de figure ne sont jamais identiques ; Il faut se garder de tout mimétisme.

Même si le fond est de portée général, les moyens de parvenir aux solutions idoines sont parfois et souvent différents. La société civile congolaise, dans sa diversité mais unie sur un but commun, s’y emploie. Il ne s’agit pas de courber l’échine jusqu’à rompre la face contre terre, ni de lâcher l’essentiel, c’est-à-dire, ce qui est essentiel et fondateur pour la nation congolaise au nom de la préservation d’une prétendue paix à ceux qui veulent nous faire violence, comme l’écrit si bien John LOCKE « … Quelle sorte de paix serait celle-là, qui consisterait uniquement dans la violence et dans la rapine, et qu’il ne serait à propos de maintenir que pour l’avantage des voleurs et ceux qui se plaisent à opprimer ! cette paix, qu’il y aurait entre les grands et les petits, entre les puissants et les faibles, serait semblable à celle qu’on prétendrait y avoir entre des loups et des agneaux, lorsque les agneaux se laisseraient déchirer et dévorer paisiblement par les loups(…) ». 

Ce serait faire preuve d’une lâcheté coupable, selon la rhétorique fanonniène, que d’abandonner le pays à la férule des vautours, de ceux qui pillent tout et ont tout privatisé à leur compte, de ceux qui nous oppriment.

Il y a des moments dans la vie des nations, où il est plus salutaire de combattre et d’éradiquer le mal à la racine, en usant des mesures de dissuasions et de rétorsions efficaces, que de se lancer dans des compromissions politiques coupables, au nom de la préservation d’une paix hypothétique et qui ne font qu’ajourner la solution d’un problème souvent récurrent.

Le disant, nous ne nous positionnons pas, évidemment dans une posture de confrontation armée, car nous n’avons moralement, ni les moyens ni même la volonté, parce que la non-violence et le pacifisme sont notre credo ; non, par opportunisme ou par peur, mais par culture et par conviction.

Cependant, quand on a le dos au mur et que la marge de manœuvre pour tout démocrate se réduit chaque jour davantage, il faut savoir prendre ses responsabilités, même les mains nues et dans l’intérêt supérieur du pays, en offrant comme seules armes, nos corps, usant pour se faire de tous nos droits constitutionnels reconnus.

Le Président SASSOU-NGUESSO, ne doit pas ignorer qu’il est à la fois le problème et la solution de la crise congolaise et doit agir en tant qu’homme d’Étatqui a, un tant soit peu , de l’amour pour son pays, pour tout mettre en œuvre aux fins de conjurer les démons de la violence consubstantielle à son régime.

Ce débat qu’il a initié porte en germe tous les éléments d’une confrontation violente parce que les congolais n’accepteront plus d’avaler des couleuvres. Les grands hommes dont il s’inspire et prend comme modèle chaque fois: le Général de GAULLE et plus près de nous, l’icône africaine voire mondiale, le Président MANDELA - il l’a déclaré lui-même en visitant la fondation de GAULLE, en 2010 à Paris - ont su quitter volontairement le pouvoir, en paix, sans vouloir s’accrocher ridiculement au pouvoir et sans chercher à faire embraser leur pays, et ont mérité, ad vitam aeternam, de la reconnaissance de leur nation.

Miser sur les peurs supposées de notre peuple ou sur cette terreur insidieusement maintenue comme une chape de plomb sur les populations, est un pari risqué. Or, quand on entend le Président et quelques faucons de son camp, et qu’on manifeste, un tant soit peu, l’amour pour ce pays, on a des motifs évidents de s’inquiéter pour son avenir.

Le Président de la République aurait tort ou commettrait une faute politique grave en suivant les conseils de ses courtisans, qui tel ce conseiller romain, alors que Rome est en feu par sa faute, continue à prodiguer des encouragements au roi.

Alors, que le ciel congolais est chargé des nuages annonciateurs d’un désastre programmé ; que le pays est au bord d’un précipice, les thuriféraires du pouvoir, les courtisans du Président au lieu de faire preuve de sagesse en éclairant le Président de sages conseils de tempérance, de dépassement de soi, d’humilité, au contraire ils (les courtisans) l’enfoncent dans l’impasse dont ils seront incapables de l’en sortir ; dans la faute dont ils ne seront plus à même d’assumer la responsabilité à l’heure du bilan. L’histoire récente de la Cote – d’Ivoire en est une illustration parfaite.

Nous en appelons donc à la sagesse et au sens du devoir du Président de la République, garant de la paix, de l’unité nationale, de la concorde et de la cohésion sociales, afin qu’il prenne ses responsabilités conformément au serment qu’il a prêté, d’être le Président de tout le peuple congolais et non d’un camp : celui du PCT et ses affidés contre l’autre, celui de l’écrasante majorité de la population.

Qu’il se prémunisse des discours va-t’en guerre des courtisans et éviter ainsi au pays des épreuves inutiles. Ces courtisans ne lui seront jamais d’aucune utilité à l’heure des comptes. En scrutant l’histoire, on se rend bien compte que depuis le moyen-âge, aucun courtisan n’a rendu service au Roi dans les moments difficiles. L’homme, fut-il roi, est toujours seul face à son destin.

Ces phrases peuvent paraîtreirrévérencieuses pour les caciques du pouvoir, et je me repentiraissincèrement, mais elles ont le méritent d’être prononcées par un homme, un compatriote qui a une certaine idée du pays, ne défend aucun intérêt partisan, autre que celui de la paix partagée, ressentie par tous comme une réalité vécue et non subie.

La détermination du pouvoir d’aller jusqu’au bout de sa logique est évidente. La radicalisation des positions est d’autant plus inquiétante que le pays est au bord du précipice. Tous les signaux qui sont émis ici et là laissent ce pouvoir indifférent. C’est vraiment désespérant pour le pays cette rigidité, cet autisme des gouvernants qui ne semblent écouter que les sirènes des caciques du pouvoir. L’obstination du pouvoir à briguer un 3èmemandat, usant en cela de tous les artifices mêmes les plus anti démocratiques est politiquement insoutenable, moralement intolérable.

C’est une situation rocambolesque et ubuesque à la fois, qui risque d’entamer et décorner pour longtemps, l’image de marque du CONGO à l’extérieur ; qui nuit et nuira profondément à la grandeur de ce pays, et risque de mettre durablement le Congo au ban de la communauté internationale.

Quand on entend les sages avertissements éclairés, les inquiétudes justifiées, les réquisitoires fermes, formulés ici et là par certaines personnalités de qualité, en l’occurrence, le Secrétaire général adjoint des Nations-Unies chargé de l’Afrique centrale  et l’ex Secrétaire général de l’OIF - tous deux originaires d’un pays africain, le SENEGAL à forte tradition démocratique - et malgré tous ces signaux de bon sens et de sagesse ; que les gouvernants s’obstinent dans une logique de confrontation, encouragée par la concentration des armes amassées ici et là, on a honte et on est piqué au vif par cet orgueil national profondément abîmé, par ceux-là mêmes qui nous gouvernent et dont l’honneur, la gloire consistait bien entendu à préserver, à défendre l’image et le rang du pays.

Le pouvoir de Brazzaville, autiste à souhait et va-t’en guerre, sûr de ses certitudes, droit dans ses bottes poursuit le but qu’il s’est fixé : demeurer au pouvoir contre vents et marées et quoi qu’il advienne au pays. Hélas !

Notre âme est submergée par la tristesse, l’exaspération. et la honte d’être dirigé, gouverné par cette coterie au pouvoir qui privilégie ses intérêts personnels au détriment des intérêts du pays et n’a de l’Étatet de la Nation qu’une idée terriblement vague.

2.1. La politique du bouc -émissaire désigné

Dans une logique mise au point par tous les régimes autoritaires, lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés intérieures, nos gouvernants ont trouvé un exutoire, un dérivatif ou un bouc émissaire sur lequel orienté la colère de ses partisans au changement de la constitution et donc du maintien au pouvoir à vie du Président, afin que tous les commensaux profitent au mieux des ressources nationales.

Les « méchants » aujourd’hui ou les empêcheurs de tourner en rond, ce sont les anciens alliés d’hier qui trouvent que ce régime commence à trop bien faire et qui prennent leurs distances afin d’éviter de se compromettre à son contact : c’est RFI, c’est la France, ce sont les États Unis d’Amérique, l’Union Européenne, bref la terre entière.

Mais on oublie trop vite - car leur mémoire est sélective - que c’est grâce à la France de JacquesCHIRAC, grâce aux mêmes médias qui sont abhorrés aujourd’hui, que ce pouvoir a été rendu possible ; que c’est grâce à la coalition des armées étrangères, financées par la France de CHIRAC, que le coup d’état a triomphé. Les tenants du pouvoir semblent oublier que la campagne militaire dans la partie méridionale du pays, dans le sud-ouest du Congo s’est déroulée à huis clos sans médias, sans l’œil des organisations internationales grâce à la mansuétude ou au veto d’une certaine puissance étrangère qui est aujourd’hui honnie, vilipendée et jeté en pâture.

Le Président JacquesCHIRAC n’en a pas fait mystère d’ailleurs, puisqu’il l’a ouvertement avoué en 1999, en visite en Angola, pour rendre hommage au Président DO SANTOS pour son intervention militaire décisive au Congo et grâce à laquelle, le Président SASSOU a pu reconquérir le pouvoir. Les congolais contrairement aux idées reçues ne sont pas si amnésiques que cela. Ils savent très bien d’où ils viennent et qu’ils viennent de loin. Plaise à Dieu que ces épreuves cessent enfin, avec la fin d’une époque.

2.2. Le Jusqu’auboutisme dangereux pour la paix

Après Dakar où cette diplomatie congolaise en trompe-l’œil a été laminée ; et Cuba, dans une interview aux journalistes à l’aéroport Maya-Maya, le président de la République a pris une sérieuse option qu’on pourrait jugée dangereuse pour la préservation de la paix sociale dans le pays, celle d’un referendum, quand il déclare : «… quant au reste, Constitution comme on le dit à souhait, vous connaissez le point de vue du Président qui estime que s’agissant des institutions surtout la constitution, ce sera toujours le Peuple congolais qui décidera en toute souveraineté. Cela n’a pas échappé aux autres peuples ».

Et il ajoute cette phrase sibylline, mais pleine de sens comme pour appeler le peuple à prendre sa défense. Il déclare : « Le peuple ne peut plus accepter qu’il soit régi par des règles qui viennent d’ailleurs ». Comment ! et quel peuple qui ne lui a rien demandé ?

On croirait revenu en 1989 quand le PCT déclarait que la démocratisation des régimes, résultant de la chute du mur de Berlin ne concernait pas le peuple congolais ; qu’il n’y aurait jamais de multipartisme au Congo, mettant en exergue la puissance et le caractère dominateur du Parti-État.La détermination du peuple avait fait plier le gouvernement de l’époque. La suite est connue. Le dialogue national s’est transmué dans la salle en conférence nationale souveraine.

Cette interview de Maya-Maya est précédée d’ailleurs d’un article, paru dans l’hebdomadaire Jeune Afrique du 30 novembre au 6 décembre 2014, sous le n° 2812 et sous la plume de François SOUDAN, qui n’est pas n’importe qui ; mais un journaliste très en cours au Palais du Plateau, interviewer attitré du Président qui écrit : «… C’est un homme serein, étonnamment lucide et totalement déterminé qui nous reçoit pour une longue conversation,d’où il ressortque oui, il ira jusqu’au bout, le temps de mettre sur les rails une nouvelle République et d’entrer avec elle dans une nouvelle ère, avant de se retirer le moment venu sur les rives de l’Alima pour y taquiner les silures, à l’ombre d’un manguier ».

En politique comme dans un champ de bataille, l’avantage consiste non seulement à garder l’ennemi dans l’ignorance de ses intentions, mais aussi à comprendre, à imaginer les plans de l’ennemi pour mieux les parer. La politique est un art, l’art de l’anticipation ; on peut esquisser le schéma politique que le Président caresse et souhaite emprunter, dans une logique de la politique du fait accompli et de l’abus de pouvoir qu’on lui connaît.

Mais c’est un schéma à très haut risque aux conséquences insoupçonnées. Ce schéma peut se décliner comme suit :

1- Organisation du referendum dont l’issue est connue ; un referendum qui va se transformer en un véritable plébiscite dès lors que le corps électoral, vicié et critiqué par tous les observateurs est en faveur du PCT. Un tel scénario catastrophe légitimerait ce régime autoritaire et liberticide à maints égards. Le dialogue n’est qu’une tactique de diversion.

2- Mise en place d’un gouvernement d’union nationale en vue du changement de la constitution dans le cadre d’une transition dont il garderait les commandes et le pouvoir, avec un premier ministre fantoche sans pouvoir réel. Et les candidats putatifs se bousculent déjà au portillon.

3- Changement de la constitution du 20 janvier 2002.

4- Mise en place d’une constituante chargée de la rédaction d’une nouvelle constitution ou de l’examen de la mouture que le pouvoir détiendrait par devers lui.

5- Électionsprésidentielles et législatives qu’il ne peut que remporter, avec un score à la Soviétique, grâce au système électoral inique et vicié.

6- Remise du pouvoir à l’horizon 2025 à un des enfants, suivant le mode de dévolution monarchique.

C’est très probablement ce dispositif que les tenants du pouvoir souhaitent soumettre en débat à l’éventuel dialogue national inclusif. « Mais pour gagner ce combat,   il ne suffit pas seulement de savoir ce que veut l’ennemi, en l’occurrence le PCT, mais ce que l’on veut soi-même ». Que voulons-nous, société civile et opposition congolaise?

Rien de moins que l’alternance en 2016 avec un véritable changement de politique et une véritable rupture avec le système actuel. Mais il ne suffit pas de le vouloir ou de l’exprimer pour que cela en soit ainsi. Il nous faut renverser le rapport de force en notre faveur.

Le contexte national, les circonstances temporelles sont favorables. Il faut ensuite conscientiser notre peuple, lui tenir un langage de vérité et lui expliquer qu’il a tout à perdre en faisant perdurer le système PCT dont la caractéristique première est le détournement des ressources financières et naturelles du pays.

A la société civile et à l’opposition congolaise, en synergie avec tous les compatriotes qui ont un certain patriotisme chevillé au corps, de se lever et barrer la route à un tel scénario- catastrophe qui plongerait davantage le Congo dans les abîmes éternels de l’ignorance, de l’obscurantisme profond dont on sent depuis quelque temps, les effets dévastateurs avec ce régime de Brazzaville.

Si par aventure, par notre atonie et notre complicité individuelle et collective on abandonnait le champ libre à ceux qui veulent s’accrocher par tous les moyens au pouvoir, eh bien ! s’en sera fini pour le Congo. Alors nos enfants, nos petits-enfants, bref la jeunesse congolaise rêveront de la nuit éternelle.

 

2.3. Sur Le Dialogue national inclusif

Si le schéma de la politique - intention esquissée plus haut prenait corps, il est clair que le dialogue inclusif n’est pas une option souhaitable ni nécessaire. Aucune force sociale ne prendrait le risque de placer le pays dans l’incapacité de répondre aux défis de demain dans un monde complexe avec un pouvoir comme celui sous lequel ployons.

La société civile congolaise très bien organisée et déterminée à s’inscrire dans la logique d’accompagner des changements systémiques dans le pays, n’est pas prête à cautionner ces « combinazione » entre politiciens qui retarderont pour longtemps encore, le décollage économique d’un pays aux énormes potentialités humaines et économiques, mais dont l’éclosion a été bloquée par un pouvoir corrompu et kleptocrate.

Dans tous les cas de figure et en raison des contentieux énormissimes créés par ce pouvoir depuis le coup d’état du 05 juin 1997, il est impératif de résoudre les énormes contentieux dans le cadre d’une concertation politique national, quel que soit le vocable dont on affublera à une telle approche : dialogue nationale inclusif, concertation politique de toutes les forces vives de la nation, états généraux de la nation etc… Mais le pouvoir de Brazzaville se tromperait profondément en minimisant la détermination du peuple, de la société civile congolaise ou d’une certaine opposition congolaise vraiment résolue, pour espérer par la ruse ou la corruption de certaines élites, utiliser une telle opportunité pour imposer ses options, celles de perpétuer, au travers du changement de la constitution, le système PCT complètement abhorré, rejeté par la majorité de la population congolaise, nonobstant la démagogie et la propagande ambiantes digne du système soviétique.

Il est aussi clair et évident, que les questions liées à la constitution sortiront du champ des questions à l’ordre du jour de ces assises, parce que la loi fondamentale actuelle ne pose aucun problème majeur, à l’exception du système électoral, de la commission électorale véritablement indépendante à réexaminer, en vue d’une élection présidentielle libre et transparente. En effet, après une transition dite flexible de 5ans, qu’il s’arrogea par la force des armes et la terreur qu’il maintint permanente, au cours de laquelle il s’est ingénié à déconstruire minutieusement tout le processus démocratique mis en chantier pendant la conférence nationale souveraine, le Président Dénis SASSOU-NGUESSO acheva son œuvre par la mise au point d’un système électoral inique, d’une commission nationale des élections(CONEL) totalement aux ordres, dont le but fut de gagner et de faire gagner à son camp toutes les élections, transformant ainsi la victoire militaire en victoire politique. Le schéma suivant doit être l’esquisse idoine à suivre :

  1. La remise à plat du corps électoral actuel totalement vicié et qui a été une véritable rampe de lancement pour mettre tous les candidats du PCT sur orbite.

  2. Procéder à un recensement général consensuel sous l’égide de la communauté international ; le déficit de confiance entre les différents acteurs est patent et ne permet plus de laisser les opérations préélectorales à la discrétion d’une administration à la solde du pouvoir.

  3. Procéder à un découpage électoral fiable en conformité avec le poids démographique des localités.

  4. Procéder à la création d’une commission électorale véritablement indépendante et paritaire, qui aura toute la responsabilité du processus électoral, depuis le recensement de la population jusqu’à la publication des résultats.

  5. Procéder à La réorganisation de la force publique, pour la rendre véritablement républicaine, neutre en vue de garantir à tous et à chacun le minimum de sécurité. Dans la mesure où cette force publique, en l’occurrence, la police nationale et peut être bien d’autres corps aussi, ont déjà choisi leur camp : celui du changement de la constitution, en violation des articles 10 et 171 de la constitution du 20 janvier 2002, elle a perdu la confiance de la population. L’agression subite par les membres du mouvement citoyen pour le respect de l’ordre constitutionnel  le 4novembre 2014; mouvement à caractère pacifique et non violent, en est la preuve irréfutable de l’immixtion grossière de la force publique dans un débat à caractère politique. Il n’est donc pas question que l’opposition et la société civile congolaise fassent confiance à une telle force publique. En fait, elle n’est pas publique mais privée, puisqu’elle ne sert que les intérêts d’un homme : le Président de la République qui est leur géniteur Dès lors la relation de confiance est presque plus ou moins rompue. Cette force publique congolaise au lieu de rassurer fait plutôt peur au contribuable, qui se saigne aux quatre veines pour son entretien, l’achat des armes normalement destinées à la défense de la nation contre l’ennemi extérieur, mais qui sont hélas, pour le malheur de notre peuple, retournées contre lui-même ; l’agressant, le brutalisant, contre tout droit, au seul bénéfice et pour la préservation des intérêts privés d’un homme dont le devoir est de protéger ce peuple qui lui a confié les hautes charges politiques. Il faut donc solliciter comme en côte – d’Ivoire ou partout ailleurs, où la confiance est rompu, l’aide des Nations – Unies pour diriger les opérations relatives à l’élection présidentielle. En d’autres termes une force d’interposition est obligatoire pour la sécurité des uns et des autres. Procéder autrement équivaudrait à trahir les aspirations d’une population meurtrie et qui veut enfin se libérer. L’opposition congolaise se disqualifiera pour toujours si elle s’accommodait d’un schéma qui maintiendrait le statut ante.

2.4. Sur le Référendum

La convocation d’un referendum représentera pour la société civile et l’opposition congolaise un cassius-beli, une ligne rouge que le pouvoir actuel ne doit pas franchir, quelles que soient les conséquences que cela engendrerait au plan national.

A partir du moment où les dispositions constitutionnelles sont claires, limpides pour tous les acteurs et tous les observateurs indépendants, il ne faut pas que la société civile congolaise, l’opposition politique véritable au régime courbent l’échine où se lancent dans des compromissions politiciennes. Le recours à un referendum ne doit pas nous laisser inactifs quelle que soit la terreur et accepter impuissamment l’inacceptable.

L’accepter reviendrait à cautionner une forfaiture et courber notre dos pour que ceux qui nous font violence montent dessus. Quelle impuissance, quelle atonie seraient celles-là pour un peuple d’accepter l’esclavage à la liberté, de se complaire à suivre un lugubre couloir sombre et humide de l’oppression, de la misère vers lequel nous conduit ce régime de Brazzaville, au lieu de s’élever jusqu’aux cimes lumineuses de la montagne baignées par le soleil d’été.

Le referendum ! Pourquoi, en quelle matière et à quelle fin ? Plaçant la question dans un contexte spatio-temporel, il nous parait quand même essentiel de nous poser des questions. Le referendum est-il toujours un gage de démocratie dans des régimes autoritaires comme le nôtre ?

Nous n’avons pas le droit de nous perdre en conjecture, en épiloguant sur les prin

cipes universels de la démocratie qui voudrait que le referendum soit l’expression directe du souverain dans un système démocratique.

Mais sommes-nous, congolais dans ce cas de figure d’un régime démocratique ? Les obstructions faites à l’opposition et à la société civile congolaises pour exercer leurs droits et leurs libertés constitutionnelles, les brutalités policières empêchant les activités politiques de l’opposition etc… sont-ils des actes d’un gouvernement démocratique ?

A toutes ces questions, la réponse coule de source. Un régime autoritaire, comme celui de Brazzaville qui a monopolisé les médias d’État, empêchant à certains opposants d’y avoir accès alors qu’ils contribuent à leur fonctionnement ; qui empêche à son opposition d’aller et revenir librement, dressant d’innombrables obstacles à l’exercice des libertés individuelles, n’est pas qualifié pour organiser un referendum libre, juste, fiable, transparent et sincère sur un quelconque sujet d’intérêt national. N’est pas de GAULLE qui le veut.

Suivons plutôt ce que développe un éminent personnage, Jean - Marc Sauvé, vice-président du conseil d’Étatfrançais à propos du referendum, au cours d’un colloque sur le sujet : « …Le referendum peut constituer un instrument dans les mains d’un pouvoir autoritaire. Le referendum peut tout d’abord être manipulé dans le but d’asseoirla légitimité d’un tel pouvoir(…). De nombreux états sont hantés par le souvenir des régimes qui ont organisé des referendums pour soutenir des dictatures ou des oligarchies au pouvoir. Le plébiscite a ainsi constitué non seulement l’un des instruments de la glorification du Führer dans l’Allemagne nazie, mais également un instrument de politique étrangère, permettant de montrer au monde, à des fins stratégiques, que le peuple allemand se tenait derrière lui. L’histoire des régimes autoritaires et populistes usant de l’arme du plébiscite n’est malheureusement pas close. Le referendum reste en effet une arme de choix de tels régimes. S’il est indiscutable que la souveraineté réside dans le peuple qui peut l’exercer directement, il n’est pas moins constant que celle-ci est trop souvent invoquée pour biaiser son expression et notamment pour s’affranchir de la tutelle des parlements hostiles ou des règles constitutionnelles contraignantes, comme celles limitant le nombre des mandats quand il ne s’agit pas d’ouvrir la voie à des présidences à vie… »

Qu’avons-nous à ajouter à un tel réquisitoire parfait, impeccable et d’une luminosité évidente ?

Il serait donc criminel pour l’opposition congolaise, la société civile bref, la population congolaise en général dans toute sa diversité, de s’engager sur cette voie de referendum alors que les dés sont pipés d’avance. Ce serait ouvrir un grand boulevard pour l’établissement d’une monarchie peut-être sans le titre dans notre pays, mais réelle.

C’est pourquoi, nous lançons un appel vibrant à tous les démocrates sincères de quelque bord que ce soit, transcendant les clivages politiques et ethniques, de se joindre à la dynamique de la société civile sous les auspices du Mouvement Citoyen pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel (MCROC) et ensuite dans un grand ensemble fédéré de toutes les forces opposées au changement de notre loi fondamentale, pour barrer la route à la volonté manifeste du pouvoir de faire un passage en force en vue d’installer une présidence à vie et monarchique.

L’avenir de l’Afrique se joue en ce moment, ici en Afrique centrale, le ventre mou de notre continent. De la victoire des forces de progrès qui luttent pour le triomphe des idéaux de paix, d’équité et de justice sociale au Congo, dépendra la libération de cette sous-région de la dictature, de l’oppression qui retardent son développement économique et social, alors qu’elle est potentiellement la plus riche d’Afrique. Ce qui a été rendu possible ailleurs, l’est aussi possible voire même évident ici aussi au Congo.

Qui a oublié les mémorables journées des 13, 14,15 août 1963 ? La première révolution en Afrique Noire a débuté ici au Congo. La conférence nationale souveraine est un événement encore récent dans toutes les mémoires, qui démontre la capacité de ce peuple à secouer le joug et à en sortir. C’est d’ici aussi qu’est parti l’épopée de la libération des autres peuples sous oppression étrangère : Angola, Namibie etc… jusques y comprise la France en 1940.

Le Peuple congolais a une tradition de lutte contre l’oppression, contre les injustices sociales sous toutes ses formes. Les exégèses politiques qui misent sur le manque de courage du peuple congolais, sur le manque de combativité de notre jeunesse meurtrie et à qui on offre qu’un choix : l’immigration clandestine qui n’est que mirage mortel, se trompent et doivent être démentis. Les jérémiades, les complaintes dans nos maisons ne pourront pas changer l’ordre des choses. Unissons-nous pour vaincre l’oppression, la dictature.

Allons ! Chers compatriotes, le pays nous interpelle. La naissance dans un pays confère à chacun de nous des devoirs à assumer, une mission à remplir. C’est à ce prix, que la vie mérite d’être vécue. Ne renonçons pas à notre idéal commun d’homme. La résignation qui, à un moment donné a pu nous submerger, le pessimisme consécutif aux difficultés qui nous sont imposées doivent être transcendés, dépassés. L’amour de la vie et de l’homme qui est la matrice de l’amour du pays, doit devenir ce levain qui fera monter la pâte du renouveau, de la reconstruction de notre magnifique et beau pays.

Ce débat est la résultante de la volonté d’un homme qui ne veut pas quitter les choses et s’oppose à toute alternance politique, comme cela se passe partout dans le monde, même en Afrique qui serait le prototype du mal absolu et qui, hélas ! aux yeux des afro- pessimistes, cristalliserait tous les vices, tous les défauts, confortés en cela par les comportements pathologiques de certains dirigeants africains qui étalent à la face du monde leur incurie, leur médiocrité ; des hommes politiques africains dont l’éthique politique fait malheureusement défaut.

La population congolaise n’a jamais demandé, ni exigé à personne, le changement de constitution. Par quel mécanisme l’aurait-elle fait ?

La constitution congolaise ne prévoit pas d’initiative populaire dans le cadre de sa participation à l’organisation des pouvoirs publics. Par quels moyens alors, aurait- elle put demander au Président de la République de changer de constitution ? Tout ce qui est tricoté autour sur une prétendue demande de cette population n’est que manipulation politique, instrumentalisation de la population avec des menaces à peine voilées de recours à la force au cas où le changement ne passait pas. Tout le folklore qui nous est donné de voir ici et là dans nos différents départements n’est que l’œuvre machiavélique de quelques caciques du pouvoir. La population congolaise dans toute sa diversité n’est que la victime expiatoire des gouvernants en mal de légitimité.

Ce débat sur le changement de la constitution est, à des années lumières, des préoccupations des populations congolaises profondément meurtries et qui se débattent chaque jour avec des soucis comme, le manque d’eau potable jusques y compris dans les centres urbains comme Brazzaville, l’absence du courant électrique qui lui permettrait de vendre des rafraîchissements : skis, Yaourt, bissaps, gingembre afin de faire face au quotidien très difficile.

Comment une population qui trime et trinque, qui vit avec moins d’un dollar par jour, qui ne peut même pas s’offrir un seul repas garanti par jour, peut-elle demander au Président, comme l’affirment de façon péremptoire les caciques du pouvoir, de changer la constitution du 20 janvier 2002, consciente que ce changement n’impactera pas sur sa vie quotidienne.

La population congolaise sait pertinemment que, ce n’est pas la constitution qui a empêché aux gouvernants actuels, avec les flux financiers énormissimes engrangés depuis plus de dix (10 ans), d’améliorer leurs conditions de vie, d’offrir de meilleures conditions d’études à leurs enfants, de leur offrir un accès adéquat aux soins de santé.

Elle sait aussi par ailleurs, que le problème ne se pose pas en termes de changement de constitution, mais plutôt dans une logique évidente de changement de système maffieux au sommet de l’État, qui sévit lourdement dans le pays et qui a profondément obéré le développement économique et social du Congo ; tous les experts indépendants et sérieux sont unanimes sur ce constat. La crise morale qui a envahi le corpus social congolais requière d’autres solutions plus radicales, plus salutaires, que ce divertissement, ce folklore, propre aux régimes autocratiques, auxquels on veut nous astreindre. Le débat sur cette constitution est un faux débat et ne mériterait même pas une page.On aurait pu faire l’économie du temps et des énergies pour les orienter vers de véritables objectifs du développement.

Ce pouvoir doit se garder de tout triomphalisme, de toute arrogance, de ce comportement dominateur et sûr de soi, de toute confiance absolue, sur la politique de manipulation, d’intoxication, d’instrumentalisation des populations. Toute politique qui n’est pas assise sur le consentement et l’adhésion populaires, mais plutôt sur la coercition, la démagogie est une politique vouée à l’échec. Il faut se garder en outre, d’abuser de la patience d’un peuple en usant de l’arrogance et du mépris. L’histoire des peuples est faite d’une longue période d’apathie où ils sont contraints de se soumettre, et de brèves périodes d’ébullition où ils décident souvent d’affronter la soldatesque, même mains nues pour recouvrer leur liberté. Les exemples sont légions. La révolution française de 1789 qui a eu un retentissement dans le monde entier, suivie de celle de 1848 ; l’histoire du peuple roumain en1989 pour ne citer que ces révolutions emblématiques.

Un peuple opprimé, maltraité contre tout droit, ne peut laisser passer une seule occasion opportune, dans laquelle il peut se délivrer de ses misères, de cette oppression funeste, auxquelles il est soumis ; de ce colonialisme d’un clan, sur l’écrasante majorité de la population, et secouer le pesant joug qu’on lui a imposé avec tant d’injustice, tant de mépris et tant d’arrogance pour se libérer. Même si l’histoire ne fait pas de copies, le Congo vit une période exaltante à s’y méprendre avec celle qui a précédé la tenue de la Conférence Nationale Souveraine. Et c’est tant mieux pourvu que, aguerri par les échecs antérieurs, le pays ne rate pas cet ultime rendez-vous avec l’histoire.

Dans un monde interconnecté, devenu presque un grand village planétaire, où tous les peuples assistent en temps réel à ce qui se passent ailleurs, où les peuples ont soif de liberté, de toutes les libertés, secouent le joug et se libèrent, même parfois au péril de leur vie, il serait hasardeux de compter avec la terreur intentionnellement entretenue ou de surfer sur le passif peu glorieux de notre histoire commune, de ses 20 ou 30 dernières années, caractérisées par l’étalage d’une violence aveugle qui a endeuillé tant et tant de familles innocentes ; ou sur les peurs supposées du peuple congolais qui se résignerait à supporter l’insupportable, à accepter l’inacceptable, et continuer ainsi à se vautrer dans cette misère injuste, inversement proportionnelle aux richesses du pays ; alors que les opportunités de reconstruction, du redressement du pays sont réelles et évidentes ; que le statu- quo n’est plus supportable par aucun peuple ; que les dirigeants ne peuvent plus continuer à ignorer la soif de liberté de leur population.

En conclusion nous ne pouvons laisser passer certaines ignominies qui abaissent notre pays, qui ternissent le rayonnement international du Congo et affaiblissent son aura. Il y a dans l’histoire des nations, des accidents conjoncturels qui ne sont que des parenthèses, qui passent, mais les nations demeurent. Il serait intellectuellement irresponsable, humainement injuste de les prendre pour des vérités immuables, ces inepties qui sont débitées ici et là par des personnages peu sûrs. Ces contre-vérités débitées par quelques compatriotes dans un moment de perdition enfonce, encore un peu plus, le pays dans la crise morale qu’il traverse.

2.5. Une crise morale et culturelle très avilissante et pernicieuse

Ce fameux débat sur la constitution à fait éclore au niveau des cadres congolais des comportements morbides, qu’on est en droit de se poser mille et une questions et se demander où allons-nous avec ces vices. Comment avons-nous pu descendre si bas dans la déchéance morale, jusqu’à perdre nos repères historiques. Pourquoi les déviances comportementales ont-elles pu prendre des proportions énormes dans nos consciences au point d’éclipser les valeurs morales et la vertu ? Comment un pays à prédominance chrétienne, a-t-il pu basculer en si peu de temps dans le vice, où l’homme à tout perdu jusques y compris sa conscience ?

Quand des intellectuels de renom, qui auraient pu être le phare du pays pour éclairer notre horizon commun – comme on en voit sous d’autres cieux - désertent leurs idéaux pour se vendre au plus offrant pour des motifs bassement matérialistes ou pour des raisons de soutiens relevant de la solidarité primitive, on se dit que le pays court un grave péril et on est en droit de douter de l’avenir.

En effet, lorsque certains intellectuels congolais poussent la bêtise à l’extrême, en déclarant qu’en dehors du Président Dénis SASSOU-NGUESSO, il n’y a au Congo, personne capable de diriger le pays après lui, on est complètement sonné, déboussolé. C’est une grave injure à l’intelligence nationale et au Congo ; et cela démontre le niveau de dépérissement culturel du pays et on a atteint là le fond de l’abîme. En vérité, le pays va très mal. C’est vraiment le comble! Que répondre à de telles facéties ? Que notre pays, le Congo est un pays voué à la décadence après le départ du Président SASSOU  en 2016? Qu’avant lui c’était le big-bang originel ?

Et après lui, le chaos définitif? Ceux qui font passer en boucle sur Télé-Congo, qu’on pourrait appeler d’ailleurs télé –mille collines de triste mémoire, des images d’horreur empruntées à une termitière vidée par une reine, sont d’une irresponsabilité affligeante. Que Monsieur MVOUO prompte à suspendre les journaux de l’opposition, tolère et laisser passer de telles inepties qui sont des appels à la violence, est symptomatique d’un pays vraiment malade, acculturé.

Quoi ! Qu’en 32 ans de pouvoir sans partage, le Président SASSOU, seul homme semble-t-il, « exceptionnel, politiquement et intellectuellement » au Congo, selon ses thuriféraires, n’a pas été capable de former des élites politiques et intellectuelles, même au sein de son propre parti, le PCT, capables de lui succéder, alors que cette charge lui incombait ? Oui, ce pays est vraiment en danger comme le déplore, avec une certaine amertume, monsieur le Secrétaire général adjoint des Nations-Unies pour l’Afrique Centrale. Tout ceci montre, en vérité, la frilosité à l’approche du dernier et ultime mandat, comme dirait l’autre, la peur injustifiée de perdre le pouvoir et les avantages souvent indus y afférents.

Quelle que soit la valeur d’un homme, fut-il exceptionnel, la loi reste la loi et elle s’impose à tous. Et c’est justement, par rapport au respect de la loi, surtout lorsqu’on l’a conçue et promulguée soit même, qu’on apprécie, qu’on juge la grandeur d’âme, d’un homme politique dit exceptionnel. Socrate, cet homme exceptionnel, grand philosophe grec, n’a pas hésité un seul instant à avaler la ciguë, puisque telle était la loi.

De grâce, Cessons de nuire à la grandeur de ce pays  par des sorties verbales malheureuses, qui n’honorent même pas leurs auteurs, mais qui nuisent au rayonnement international du Congo. Quelle que soit l’exiguïté de son territoire, le Congo, naguère phare qui illuminait l’Afrique et le monde par le message universel de liberté, d’amour et de grandeur aussi, qu’il véhiculait, est un grand pays qui mérite respect et considérations.

 Donnons la priorité au Congo et méritons tous de son amour que nous devons lui manifester en retour.

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Published by PatrickEric - dans Politique
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