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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 22:20

Un Cadre Conceptuel pour la Libération

Par Gene SHARP

Institution Albert Einstein

TROIS : D’OÙ VIENT LE POUVOIR ?

gene sharpParvenir à une société qui soit à la fois en paix et en liberté n’est pas une tâche aisée. Cela implique une grande habileté stratégique, de l’organisation et de la planification. Par-dessus tout il faut du pouvoir. Les démocrates ne peuvent espérer abattre une dictature et établir la liberté politique sans exercer leur propre pouvoir.

Comment cela est-il possible ? Quelle sorte de pouvoir l’opposition démocratique peut-elle mobiliser pour réussir à détruire une dictature et ses vastes réseaux militaires et policiers ? La réponse se trouve dans une lecture souvent ignorée de la nature du pouvoir politique. Connaître cette vue originale n’est pas une tâche si difficile. Nous allons le voir à partir de quelques vérités simples.

La Fable du "Maître Singe"

Une parabole chinoise de Liu-Ji, datant du XIVe siècle, illustre bien cette lecture négligée du pouvoir politique :

Dans l’État féodal de Chu, un vieillard survivait en gardant des singes à son service. Les gens l’appelaient "Ju gong" (Maître singe).

Chaque matin, le vieil homme rassemblait les singes dans sa cour et donnait l’ordre à l’aîné d’emmener les autres dans la montagne ramassé des fruits sur les arbres et dans les buissons.

La règle exigeait que chaque singe donne le dixième de sa récolte au vieillard, et ceux qui ne le faisaient pas étaient violemment fouettés. Tous les singes en souffraient mais n’osaient s’en plaindre.

Un jour, un jeune singe s’adressa aux autres : "Le vieil homme a-t-il planté tous les fruitiers et buissons ?"

 Les autres répondirent : "Non, ils ont poussé naturellement".

Le jeune singe insista : "Ne pouvons-nous pas prendre les fruits sans la permission du vieil homme ?"

Les autres répondirent : "Si, nous pouvons tous le faire".

Le jeune singe continua : "Alors pourquoi devons-nous dépendre du vieil homme ; pourquoi devons-nous tous le servir ?".

Avant que le petit singe ne finisse sa phrase, tous les autres avaient compris et s’éveillaient.

La nuit même, s’assurant que le vieil homme était endormi, les singes détruisirent l’enclos dans lequel ils étaient confinés. Ils prirent les fruits que le vieil homme avait emmagasinés et les emportèrent dans la forêt pour ne jamais en revenir. Le vieil homme finit par mourir de faim.

Yu-zu-li conclut : "Certains hommes, dans le monde, dominent leur peuple par l’imposture et non pas par la justice. Ne sont-ils pas comme le Maître singe ? Ils ne se rendent pas compte de leur confusion d’esprit. Dès que leur peuple comprend la chose, leurs ruses ne fonctionnent plus".

Les Sources Indispensables du Pouvoir Politique

Le principe est simple. Les dictateurs ont besoin de l’aide de ceux qu’ils gouvernent. Sans eux, ils ne peuvent assurer et maintenir les sources de leur pouvoir politique. Ces sources du pouvoir politique comprennent :

-        L’autorité, la conviction, répandue dans le peuple, que le régime est légitime et que lui obéir est un devoir moral ;

-        Les ressources humaines, le nombre et l’importance des personnes et groupes qui obéissent, coopèrent, ou apportent leur assistance au souverain ;

-        Les compétences et connaissances, nécessaires au régime pour accomplir certaines tâches et fournies par des personnes ou des groupes coopérants ;

-        Des facteurs intangibles, facteurs psychologiques et idéologiques qui amènent les peuples à obéir et assister les dominants ;

-        Les ressources matérielles, c’est à dire la capacité des dirigeants à contrôler ou accéder à la propriété, aux ressources naturelles, aux moyens financiers, au système économique et aux moyens de communication et de transport ;

-        Les sanctions, punitions, brandies ou appliquées, contre ceux qui désobéissent ou refusent de coopérer, afin d’assurer la soumission et la coopération nécessaires au régime pour exister et mener ses politiques.

Toutes ces sources, toutefois, dépendent de l’acceptation du régime, de la soumission et de l’obéissance de la population, de la coopération d’innombrables personnes et des multiples institutions de la société. Ces appuis ne sont pas garantis.

La pleine coopération, l’obéissance et le soutien renforcent la disponibilité des sources nécessaires au pouvoir et, par conséquent, augmentent le pouvoir d’un gouvernement.

À l’inverse, le retrait de la coopération populaire et institutionnelle aux agresseurs ou aux dictateurs réduit ou supprime la disponibilité des sources du pouvoir desquelles dépendent tous les dictateurs. Sans elles, le pouvoir des dominants s’affaiblit et finalement se dissout.

Naturellement, les dictateurs sont sensibles aux actions et idées qui menacent leur liberté d’action. Ils sont donc susceptibles de menacer et de punir ceux qui désobéissent, font grève ou n’acceptent pas de coopérer. Mais cela ne résout pas leur problème.

La répression et même les brutalités ne mènent pas toujours au rétablissement de la soumission et de la coopération nécessaires au fonctionnement du régime.

Si, malgré la répression, les sources du pouvoir peuvent être restreintes ou supprimées pendant une période suffisante, cela peut conduire à l’incertitude et à la confusion à l’intérieur même de la dictature. Il s’ensuivra probablement un net affaiblissement du pouvoir de la dictature.

À la longue, la captation des sources de pouvoir peut mener à la paralysie et à l’impuissance du régime et, dans des cas sérieux, à sa désintégration. Le pouvoir du dictateur s’éteindra, lentement ou rapidement, par "famine politique".

Il s’ensuit que, dans quelque gouvernement que ce soit, le degré de liberté ou de tyrannie reflète la détermination des sujets à être libres, ainsi que leur volonté et leur capacité à résister à l’asservissement.

Contrairement à l’opinion générale, même les dictatures totalitaires sont dépendantes de la population et des sociétés qu’ils gouvernent.

Comme le notait en 1953 le spécialiste allemand en sciences politiques Karl W. DEUTSCH : "Le pouvoir totalitaire n’est fort que s’il ne doit pas être utilisé trop souvent. S’il doit être constamment exercé sur l’ensemble de la population, il est vraisemblable qu’il ne durera pas longtemps. Étant donné que les régimes totalitaires exigent, pour traiter avec leurs sujets, plus d’énergie que les autres formes de gouvernement, ils ont un plus grand besoin de s’appuyer sur des habitudes de docilité répandues et fiables ; plus encore, ils doivent pouvoir compter en cas de besoin sur le soutien actif d’une part majeure de la population".

En Angleterre au XIXe siècle, le théoricien du droit John AUSTIN a décrit la situation d’une dictature se confrontant à un peuple mécontent. Il soutenait que si la majorité de la population était déterminée à détruire le gouvernement et était prête pour cela à endurer la répression, alors les forces gouvernementales et tous leurs appuis ne pourraient préserver le gouvernement haï, même avec l’assistance de l’étranger.

Et Austin concluait qu’après avoir lancé un tel défi, le peuple ne pourrait plus être forcé dans l’obéissance et la soumission.

Bien avant lui, MACHIAVEL disait que le prince " … qui a l’ensemble de sa population pour ennemi ne sera jamais en sécurité ; plus grande est sa cruauté, plus faible devient son régime".

L’application politique pratique de ces idées fut établie par les Norvégiens dans leur résistance héroïque à l’occupation nazie et, comme nous l’avons vu au premier chapitre, par les courageux Polonais, Allemands, Tchèques, Slovaques, et par bien d’autres qui, résistant à l’agression et à la dictature communiste, contribuèrent finalement à l’effondrement des pouvoirs communistes en Europe.

Ceci, bien sûr, n’est pas nouveau : on rencontre des cas de résistance non-violente dès 494 avant J.C. lorsque la Plèbe refusa de coopérer avec les Maîtres patriciens romains.

La lutte non-violente s’est manifestée aux différentes époques chez les peuples d’Asie, d’Afrique, des Amériques, d’Australie et des Îles du Pacifique aussi bien qu’en Europe.

Trois des facteurs les plus importants qui permettent de déterminer le degré de contrôle d’un pouvoir gouvernemental sont :

1.     la volonté du peuple d’imposer des limites à la puissance du gouvernement ;

2.    la capacité des organisations et institutions indépendantes à retirer collectivement les sources du pouvoir ;

3.    l’habileté de la population à refuser son consentement et son assistance.

Les Centres du Pouvoir Démocratique

L’une des caractéristiques des sociétés démocratiques est qu’il y existe, indépendamment de l’État, une multitude de groupes et d’institutions non gouvernementales. Ce sont, par exemple, les familles, les organisations religieuses, les associations culturelles, les clubs sportifs, les institutions économiques, les syndicats, les associations d’étudiants, les partis politiques, les communautés villageoises, les associations de quartier, les clubs de jardinage, les associations de défense des Droits de l’Homme, les groupes de musique, les sociétés littéraires, etc.

Ces entités sont importantes car en poursuivant leurs objectifs propres elles contribuent à satisfaire des besoins sociaux. De plus, elles ont une grande utilité politique.

Elles structurent les groupes et les institutions à travers lesquelles les personnes peuvent exercer une influence sur la direction de leur société et résister aux autres groupes ou au pouvoir lorsque ceux-ci semblent nuire à leurs intérêts, à leurs activités, ou à leurs objectifs.

Des individus isolés, qui ne sont pas membres de tels groupes, n’ont généralement pas la capacité d’exercer une pression significative sur la société, encore moins sur le gouvernement, et certainement pas sur une dictature.

Par conséquent, si l’autonomie et la liberté de ces entités peuvent être limitées par les dictateurs, la population sera relativement impuissante. De plus, si ces institutions et groupes peuvent être contrôlés par le régime central ou remplacées par de nouvelles plus soumises, elles peuvent aussi être utilisées pour dominer à la fois les membres de la société et les secteurs occupés par les différentes institutions.

Néanmoins, si l’autonomie et la liberté de ces institutions civiles indépendantes (hors du contrôle gouvernemental) peuvent être maintenues ou reconquises, elles sont très importantes pour la mise en œuvre de la défiance politique.

Le trait commun des cas cités de dictatures désintégrées ou affaiblies a été la courageuse application massive de la défiance politique par la population et ses institutions.

Comme nous l’avons vu, ces centres de pouvoir procurent les bases institutionnelles à partir desquelles la population peut exercer une pression ou résister aux contrôles dictatoriaux. Par la suite, ils feront partie des structures indispensables à une société libre. Leur indépendance et leur croissance sont un pré requis au succès des luttes de libération.

Si la dictature a largement réussi à détruire ou à contrôler ces groupes sociaux indépendants, il sera important pour les résistants d’en créer de nouveaux ou de rétablir un contrôle démocratique sur les groupes qui survivent ou sont partiellement contrôlés.

Pendant la révolution hongroise (1956-1957) une multitude de conseils de démocratie directe émergèrent, s’unissant afin d’établir durant quelques semaines tout un système fédéré d’institutions et de gouvernance. En Pologne, à la fin des années 1980, les ouvriers firent vivre le syndicat Solidarnosc et, parfois, prirent le contrôle de syndicats officiels dominés par le parti communiste. De tels développements institutionnels peuvent avoir des conséquences politiques très importantes.

Évidemment, rien de tout ceci n’indique qu’il est aisé d’affaiblir ou de détruire des dictatures, ni que toutes les tentatives seront couronnées de succès. Tout cela ne signifie certainement pas que la lutte se fera sans pertes, car ceux qui sont encore au service des dictateurs vont probablement contre-attaquer afin d’obliger la population à être de nouveau coopérative et obéissante.

Ces perspectives sur le pouvoir montrent néanmoins que désintégrer délibérément des dictatures est possible. Elles ont des caractéristiques particulières qui les rendent hautement vulnérables à une campagne de défiance politique bien menée. Examinons-les plus en détail.

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Published by PatrickEric - dans Culture
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