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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 21:20

Un Cadre Conceptuel pour la Libération

Par Gene SHARP

Institution Albert Einstein

SEPT : LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE

gene sharpAfin d’augmenter les chances de succès, les chefs de la résistance devront s’astreindre à formuler un plan d’action compréhensible capable d’affermir la détermination du peuple souffrant, d’affaiblir et ensuite de détruire la dictature et d’installer une démocratie durable.

Pour réussir un tel plan, il faut d’abord évaluer correctement la situation et les possibilités d’action efficace. Fort de cette analyse méticuleuse, il est possible de développer à la fois une stratégie globale et des stratégies particulières de libération. Toutefois, le développement de la stratégie globale et celui des campagnes stratégiques sont liés, mais distincts.

Les campagnes stratégiques particulières ne peuvent être développées qu’après la stratégie globale et doivent la renforcer. Elles doivent être conçues pour rendre possible la réalisation des objectifs définis par la stratégie globale, ainsi que les renforcer.

Le développement d’une stratégie de résistance requiert de porter attention à de nombreuses questions et à de multiples tâches. Nous allons en identifier quelques-unes, aux deux niveaux de stratégie évoqués.

Quoi qu’il en soit, les auteurs du plan devront avoir une excellente compréhension des multiples aspects du conflit, de leurs facteurs physiques, historiques, gouvernementaux, militaires, culturels, sociaux, politiques, psychologiques, économiques et internationaux. Les stratégies ne peuvent se développer sans tenir compte du contexte particulier du conflit.

L’évaluation des objectifs et de l’importance de l’enjeu est fondamentale pour les dirigeants démocrates et leurs stratèges. Est-ce que les objectifs justifient l’engagement d’un combat majeur et pourquoi ? La détermination de l’objectif réel est cruciale.

Nous l’avons déjà dit, le renversement de la dictature ou le remplacement des dictateurs en place n’est pas suffisant, il faut viser à l’établissement d’une société libre dans un système de gouvernement démocratique. La clarification de ce point aura des répercussions sur la stratégie globale et sur les stratégies spécifiques qui en découleront.

Les stratèges auront à répondre à plusieurs questions fondamentales, celles-ci en particulier :

-        Quels sont les obstacles principaux à la liberté ?

-        Quels sont les facteurs qui facilitent la progression vers la liberté ?

-        Quels sont les principaux points forts de la dictature ?

-        Quelles sont les différentes faiblesses de la dictature ?

-        Jusqu’à quel point les sources du pouvoir dictatorial sont-elles vulnérables ?

-        Quels sont les points forts des forces démocratiques et de la population en général ?

-        Quelles sont les faiblesses des forces démocratiques ? Et comment les corriger ?

-        Quel est le statut des tierces parties, non directement impliquées dans le conflit, qui participent déjà ou pourraient participer, soit du côté du dictateur soit du côté démocratique ? Et, si elles venaient à être impliquées, de quelle manière pourraient-elles l’être ?

Choix des Moyens

Au niveau de la stratégie globale, les décideurs devront choisir les principaux moyens de lutte à employer dans le conflit à venir. Ils devront évaluer les mérites et les limites des différentes techniques de combat comme la lutte armée, la guérilla, la défiance politique, etc.

Pour faire ces choix, ils auront à considérer des questions telles que celles-ci :

-        Est-ce que le type de lutte choisi est dans les capacités des démocrates ?

-        Est-ce que la technique de combat choisie utilise les points forts de la population dominée ?

-        Est-ce que cette technique vise les points faibles de la dictature ou ses points les plus forts ?

-        Est-ce que les moyens utilisés aident les démocrates à devenir plus autonomes ou vont-ils dépendre de tierces parties ou de fournisseurs externes ?

-        Quelle a été, par le passé, l’efficacité de la technique choisie pour abattre des dictateurs ?

-        Risquent-ils d’augmenter ou de limiter le nombre des victimes et les destructions au cours du conflit à venir ?

-        En supposant la victoire sur la dictature, quel effet les moyens retenus auront-ils sur le type de gouvernement qui pourrait émerger de la lutte ?

Les types d’action qui se révéleraient contre-productifs devront être exclus de la stratégie globale.

Dans les précédents chapitres, nous avons avancé que la défiance politique offrait des avantages significatifs sur les autres techniques de lutte. Les stratèges devront examiner leur propre situation de conflit et voir si la défiance politique apporte des réponses positives aux questions posées ci-dessus.

Planifier pour la Démocratie

Il faut se souvenir que l’objectif de la stratégie globale contre une dictature n’est pas simplement d’anéantir les dictateurs mais d’installer un système démocratique et de rendre impossible l’émergence d’une nouvelle dictature.

Afin d’atteindre ces objectifs, il faudra choisir les moyens de lutte susceptibles de contribuer à un changement de la répartition du pouvoir effectif dans la société.

Sous la dictature, le gouvernement était trop fort alors que la population et les institutions civiles étaient trop faibles. Sans évolution de ce déséquilibre, un nouveau groupe de dirigeants peut, s’il le souhaite, être tout aussi dictatorial que l’ancien : une révolution de palais ou un coup d’État ne seront donc pas les bienvenus.

La défiance politique facilite une redistribution du pouvoir effectif plus équitable grâce à la mobilisation de la société contre la dictature, comme indiqué au chapitre cinq. Ce processus se manifeste de différentes manières.

Le développement de la capacité de lutte non-violente induit une réduction de la capacité de répression violente de la dictature. Celle-ci ne parvient plus aussi aisément à intimider et à soumettre la population qui dispose de puissants moyens de contrer et même parfois de bloquer l’exercice du pouvoir dictatorial. De plus, la mobilisation du pouvoir populaire par la défiance politique renforcera les institutions indépendantes de la société.

L’expérience de l’exercice d’un pouvoir efficace ne s’oublie pas facilement. Le savoir-faire et l’habileté acquis dans la lutte rendent la population moins sujette à des tentatives de nouvelle dictature. Ce réajustement des relations de pouvoir rend alors plus probable l’installation d’une société démocratique durable.

L’Assistance Extérieure

Lors de la préparation de la stratégie globale, il faut évaluer les rôles respectifs de la résistance interne et des pressions externes pour désintégrer la dictature. Nous avons expliqué que les forces essentielles de la lutte devaient provenir de l’intérieur même du pays. S’il devait arriver une aide internationale, celle-ci ne pourrait être stimulée que par la résistance interne.

De modestes gains pourront être obtenus en mobilisant l’opinion publique mondiale contre la dictature, avec des arguments humanitaires, moraux et religieux. D’autres actions peuvent être menées pour obtenir des gouvernements ou des organisations internationales la mise en place de sanctions diplomatiques, politiques et économiques contre la dictature.

Celles-ci peuvent prendre la forme d’embargos économiques ou militaires sur les armes, de réduction du niveau de reconnaissance diplomatique, de rupture des relations diplomatiques, de cessation d’assistance économique, d’interdiction d’investissement dans le pays dictatorial, d’expulsion du gouvernement dictatorial de diverses organisations internationales et des organes des Nations Unies.

De plus, une assistance internationale, financière ou prenant la forme d’aide dans le domaine de la communication peut être fournie directement aux forces démocratiques.

La Formulation d’une Stratégie Globale

Après évaluation de la situation, des moyens choisis et du rôle de l’assistance extérieure, les stratèges devront esquisser dans les grandes lignes la meilleure manière de conduire les opérations. Ce large plan doit partir du présent et aller jusqu’à la libération future et la mise en place d’un système démocratique.

Les stratèges devront se poser de nombreuses questions. Les questions suivantes ont trait (de manière plus précise que nous ne l’avons vu précédemment) aux considérations requises pour définir une stratégie globale pour une lutte de défiance politique :

-        Comment pourrait commencer au mieux ce long combat ?

-        Comment donner à la population opprimée une confiance en soi et une force suffisante pour affronter la dictature, même initialement de manière limitée ?

-        Comment pourrait augmenter progressivement avec le temps et l’expérience, la capacité de la population à appliquer la défiance politique et la non-coopération ?

-        Quels pourraient être les objectifs d’une série de campagnes limitées visant à rétablir un contrôle démocratique sur la société et à limiter l’emprise de la dictature ?

-        Existe-t-il des institutions indépendantes qui ont survécu à la dictature et qui pourraient être utilisées dans le combat pour la liberté ?

-        Quelles sont les institutions de la société qui pourraient être soustraites du contrôle du dictateur, ou qui pourraient être créées par les démocrates en vue de répondre à leurs besoins et d’établir des sphères de démocratie alors même que la dictature est toujours en place ?

-        Comment développer les capacités organisationnelles de la résistance? Comment former des participants ?

-        Quels moyens (financiers, logistiques, etc.) seront nécessaires tout au long de la lutte ?

-        Quelle symbolique sera la plus à même de mobiliser la population ?

-        Par quelles sortes d’actions et suivant quelles étapes pourra-t-on graduellement affaiblir puis tarir les sources du pouvoir des dictateurs ?

-        Comment la population résistante pourra-t-elle à la fois persister dans sa défiance et maintenir la discipline non-violente indispensable ?

-        Comment la société pourra-t-elle continuer à faire face à ses besoins élémentaires durant la période de lutte ? Comment maintenir l’ordre social durant cette période ?

-        Lorsqu’on approchera de la victoire, comment la résistance pourra-t-elle construire les bases institutionnelles de la nouvelle société afin que la transition soit aussi douce que possible ?

Il faut rappeler qu’il n’existe pas et qu’il ne saurait y avoir un seul plan stratégique commun à tous les mouvements de libération contre les dictatures. Chaque combat pour abattre une dictature et établir un système démocratique est différent. Il n’y a pas deux situations identiques, chaque dictature a ses propres caractéristiques et les capacités des populations en quête de liberté varient.

Les stratèges en charge de la stratégie globale pour une lutte de défiance politique auront besoin d’une profonde compréhension, non seulement de la situation particulière du conflit mais aussi des moyens de combat choisis.

Une fois la stratégie globale bien planifiée, il est judicieux de la faire largement connaître. Les personnes appelées à participer en grand nombre seront d’autant plus motivées et capables d’agir qu’elles auront compris les idées générales et les instructions spécifiques. Cette connaissance peut avoir un effet très positif sur le moral, la volonté de participer et d’agir de manière appropriée.

Dans tous les cas, le schéma général de la stratégie globale sera connu des dictateurs et cela peut les conduire à réduire la brutalité de leur répression, sachant que celle-ci peut se retourner politiquement contre eux. La connaissance des caractéristiques particulières de la stratégie globale peut aussi contribuer à susciter des dissensions et des défections dans le propre camp des dictateurs.

Une fois que le plan de stratégie globale pour abattre la dictature et établir un système démocratique est adopté, il est important pour les groupes démocrates de persister dans sa mise en œuvre. Ce n’est qu’en de très rares circonstances qu’il conviendra de se départir de cette stratégie initiale.

S’il devient flagrant que la stratégie globale choisie est erronée, ou que les circonstances de la lutte ont changé fondamentalement, les stratèges peuvent être conduits à la modifier. Même alors, ceci ne doit être fait qu’après une réévaluation de la situation et la mise au point et l’adoption d’une nouvelle stratégie globale.

Planification des Campagnes Stratégiques

La stratégie globale mise au point pour abattre la dictature et instaurer la démocratie, si sage et prometteuse soit-elle, ne va pas s’engager toute seule. Des stratégies particulières devront être développées pour encadrer des campagnes importantes qui visent à saper les fondements du pouvoir du dictateur.

Ces stratégies vont elles-mêmes incorporer et définir un choix d’engagements tactiques qui viseront à frapper le régime de coups décisifs. Les tactiques et les méthodes d’action doivent être choisies avec soin afin qu’elles contribuent à réaliser les objectifs de chaque stratégie particulière. Ici, la discussion se situe uniquement au niveau de la stratégie.

Les stratèges qui planifient les campagnes ont besoin, comme ceux en charge de la stratégie globale, d’une compréhension profonde de la nature et des modes opératoires de la technique choisie pour la lutte. De même que les officiers de l’armée doivent comprendre les structures des forces, la tactique, la logistique, les problèmes liés aux munitions, les effets de la géographie, etc. afin d’élaborer la stratégie militaire, les stratèges de la défiance politique doivent comprendre la nature et les principes stratégiques de la lutte non-violente.

Même alors, la connaissance de ce type de lutte, l’attention aux recommandations de ce livre et les réponses aux questions ici posées ne suffiront pas elles-mêmes à produire les stratégies pour le combat. Celles-ci requièrent encore une créativité informée.

En planifiant les stratégies pour les campagnes spécifiques et sélectives de résistance, et toujours dans l’esprit d’un combat de libération à long terme, les stratèges de la défiance politique devront considérer différents enjeux et problèmes. En voici certains, parmi d’autres :

-        Déterminer les objectifs spécifiques de la campagne et leur contribution au développement de la stratégie globale.

-        Réfléchir aux méthodes et aux armes politiques qui peuvent être utilisées pour appliquer au mieux les stratégies retenues. À l’intérieur de chaque grand plan pour une campagne stratégique particulière, il faudra déterminer quels plans tactiques moins importants, impliquant l’emploi de méthodes d’actions spécifiques, pourraient être utilisés pour faire pression sur les sources du pouvoir de la dictature et ainsi les réduire. Il faut garder à l’esprit que le fait d’atteindre des objectifs majeurs n’est que le résultat de petits pas distincts, soigneusement choisis et effectués.

-        Déterminer si, ou bien comment, les questions économiques doivent être rattachées à une lutte essentiellement politique. Si elles sont prépondérantes, il faudra veiller à ce que les griefs économiques trouvent une issue à la fin de la dictature. Sinon, la désillusion et le mécontentement s’installeront si des solutions rapides ne sont pas trouvées durant la période de transition démocratique. Une telle désillusion faciliterait le retour de forces dictatoriales promettant la fin des problèmes économiques.

-        Déterminer à l’avance le type de structure de commandement et de système de communication qui sera le plus à même d’initier la lutte. Quels processus de prise de décision et de communication seront mis en place au cours du combat afin de guider constamment les résistants et la population en général ?

-        Prévoir les formes des médias d’information de la résistance en direction de la population, des forces du dictateur et de la presse internationale. Les déclarations et les reportages doivent être strictement basés sur des faits. Les exagérations et les déclarations sans fondement mineraient la crédibilité de la résistance.

-        Planifier, afin de donner au peuple confiance en lui-même, des activités constructives de nature sociale, éducative, économique et politique, qui satisfont les besoins du peuple pendant la durée du conflit. De tels projets peuvent être menés par des personnes qui ne sont pas engagées directement dans les activités de résistance.

-        Déterminer à l’avance le genre d’assistance extérieure qui serait souhaitable pour soutenir telle ou telle campagne particulière ou la lutte générale de libération. Comment mobiliser et utiliser au mieux l’aide extérieure sans dépendre de facteurs externes instables ? Il faut prêter attention à des groupes extérieurs qui peuvent être susceptibles d’aider le mouvement et de mener une action appropriée, comme les organisations non gouvernementales (mouvements sociaux, groupes religieux ou politiques, syndicats ouvriers, etc.), les gouvernements et/ou les Nations Unies et ses différents corps.

De plus, les stratèges de la résistance doivent prendre des mesures pour maintenir l’ordre et faire face par leurs propres moyens à des besoins sociaux durant la phase de résistance de masse contre les contrôles dictatoriaux.

Cela contribuera non seulement à créer des structures alternatives démocratiques et indépendantes et à satisfaire des besoins réels, mais réduira du même coup la crédibilité des prétentions à la répression brutale pour mettre fin au désordre et à l’anarchie.

Propager l’idée de non-coopération

Pour assurer le succès de la défiance politique contre une dictature, il est essentiel que la population saisisse la notion de non-coopération. Comme le montre l’histoire du "Maître singe" (chapitre trois), l’idée de base est simple : si un nombre suffisant de subordonnés refusent de coopérer pendant suffisamment longtemps malgré la répression, le système oppressif s’affaiblit et, finalement, s’effondre.

Les peuples qui vivent sous une dictature sont peut-être déjà familiarisés par différentes sources avec ce concept. Malgré cela, les forces démocratiques doivent délibérément propager et populariser le concept de non-coopération.

L’histoire du Maître singe, ou une autre similaire, pourrait se répandre dans la société. Elle est facile à comprendre. Une fois saisi le concept général de non-coopération, les gens seront à même de comprendre la pertinence des futurs appels à la non-coopération avec la dictature. Ils seront aussi en mesure d’improviser une myriade de formes spécifiques de non-coopération dans des situations nouvelles.

Malgré les difficultés et dangers inhérents à la communication d’idées, de nouvelles et d’instructions pour la résistance en période de dictature, les démocrates ont maintes fois prouvé que ces activités étaient possibles.

Même sous les régimes nazis et communistes, il fut possible pour les résistants de communiquer, non seulement avec d’autres individus mais avec le grand public par la production de journaux illégaux, de pamphlets, de livres et, plus récemment, de cassettes audio et vidéo.

Grâce au plan stratégique préalable, les instructions générales pour la résistance peuvent être préparées et propagées. Elles peuvent indiquer les cas dans lesquels la population doit protester et refuser de coopérer, et comment cela pourrait se faire. Ainsi, même si les communications en provenance des dirigeants démocrates sont rompues et si des instructions spécifiques n’ont pas été données ou reçues, la population saura comment agir sur certains points importants.

De telles idées directrices la rendront plus à même de détecter d’éventuelles contrefaçons "d’instructions de l’opposition" propagées par la police politique afin de pousser la résistance à mener des actions qui la discréditent.

Répressions et Contre-Mesures

Les programmateurs de la stratégie doivent évaluer les réponses et répressions probables, en particulier les seuils au-delà desquels se déchaîne la violence de la dictature. Il sera nécessaire de savoir comment supporter, neutraliser ou éviter cette possible répression sans se soumettre.

Dans certains cas particuliers, une bonne tactique serait de prévenir la population et les résistants de la possibilité de la répression afin qu’ils connaissent les risques de leur participation. Si la répression risque d’être sérieuse, il faut avoir prévu une assistance médicale pour les résistants blessés.

En anticipant la répression, les stratèges ont intérêt à envisager des tactiques et méthodes qui permettront d’atteindre les buts spécifiques de la campagne, ou la libération, tout en réduisant la probabilité ou la possibilité pratique d’une répression brutale. Des manifestations et parades de rue contre des dictatures extrêmes peuvent être dramatiques, elles mettent en jeu la vie de milliers de manifestants.

Le prix élevé payé par les manifestants peut parfois avoir moins d’impact sur la dictature que si les participants avaient choisi de rester chez eux, de faire une grève ou de participer à un mouvement de non-coopération de fonctionnaires.

Si, pour des raisons stratégiques, on en vient à proposer une action de résistance provocatrice susceptible d’occasionner de lourdes pertes, il s’agira de peser le prix des propositions et les gains possibles.

Les populations et les résistants seront-ils capables de maintenir leur attitude non-violente et disciplinée lors du déroulement de la lutte ? Pourront-ils résister aux provocations visant à les faire basculer dans l’action violente ?

Les stratèges devront réfléchir aux mesures à prendre pour assurer la discipline non-violente et maintenir la résistance en dépit des brutalités.

Est-ce que des gestes tels que des promesses, des déclarations de politique, la diffusion de tracts appelant à la discipline, la mise en place de services d’ordre lors de manifestations, de boycotts de personnes et de groupes favorables à la violence seront possibles et efficaces ?

Les dirigeants devront toujours être à l’affût des agents provocateurs ayant pour mission d’inciter les manifestants à la violence.

L’Adhésion au Plan Stratégique

Lorsqu’un solide plan stratégique est en place, les forces démocratiques ne doivent pas se laisser distraire par des actes mineurs du dictateur, qui tentera de les éloigner de la stratégie globale ou d’une stratégie particulière en les poussant à se concentrer sur des questions sans importance.

De même, les forces démocratiques ne doivent pas s’attarder sur des émotions passagères qui pourraient être causées par de nouvelles atrocités de la dictature, et qui risqueraient de les distraire de la poursuite de leurs stratégies. Ces brutalités peuvent avoir été perpétrées précisément pour inciter les démocrates à abandonner leur plan bien conçu et à commettre des actes violents afin que les dictateurs puissent plus facilement les vaincre.

Tant que les analyses de base sont jugées pertinentes, la tâche des forces démocratiques est de faire monter la pression étape par étape. Bien sûr, des changements de tactiques et d’objectifs intermédiaires adviendront, et les bons dirigeants sauront toujours exploiter les opportunités.

Cependant, ces réajustements ne doivent pas être confondus avec les objectifs de la stratégie globale ou les objectifs d’une campagne spécifique : pour ces derniers, la poursuite soigneuse de leur mise en œuvre contribuera grandement au succès.

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Published by PatrickEric - dans Politique
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