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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 19:54

Discours du Président Barack OBAMA le 11 Juillet 2009 à Accra

Voici un discours fort que beaucoup d’Africains et de Congolais étaient impatients d'entendre. Il semble d’ailleurs s'adresser et interpeller directement le Royal Cobra, un certain Denis SASSOU NGUESSO et le Congo Brazzaville. Même si le nom de ce dernier n'est pas prononcé.
Bruno OSSEBI, seul dans son salon, avant que la chambre dans laquelle dormaient sa compagne et ses deux enfants ne s'embrase, suivait l'investiture de Barack OBAMA à Washington.
Il rêvait sûrement du jour où ce Président afro Américain s'adresserait aux dictateurs Africains dont SASSOU NGUESSO.
C’était le 11 juillet 2009 devant le Parlement Ghanéen….
Barack-ObamaJe vous parle à la fin d'un long voyage. Je l'ai commencé en Russie par une réunion au sommet entre deux grandes puissances. Je me suis rendu en Italie pour la réunion des grandes puissances économiques du monde. Et me voici, enfin, au Ghana, pour une simple raison : le XXIe siècle sera influencé par ce qui se passera non seulement à Rome ou à Moscou ou à Washington, mais aussi à Accra.
C'est la simple vérité d'une époque où nos connexions font disparaître les frontières entre les peuples. Votre prospérité peut accroître la prospérité des Etats-Unis. Votre santé et votre sécurité peuvent contribuer à la santé et à la sécurité du monde. Et la force de votre démocratie peut contribuer à la progression des droits de l'homme pour tous les peuples.
Je ne considère donc pas les pays et les peuples d'Afrique comme un monde à part ; je considère l'Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté (...). Ce partenariat doit se fonder sur la responsabilité mutuelle et sur le respect mutuel
(...) Nous devons partir du principe qu'il revient aux Africains de décider de l'avenir de l'Afrique. Je dis cela en étant pleinement conscient du passé tragique qui hante parfois cette partie du monde. Après tout, j'ai du sang Africain dans les veines, et l'histoire de ma famille englobe aussi bien les tragédies que les triomphes de l'histoire de l'Afrique dans son ensemble.
Certains d'entre vous savent que mon grand-père était cuisinier chez des Britanniques au Kenya, et bien qu'il fût un ancien respecté dans son village, ses employeurs l'ont appelé "boy" pendant la plus grande partie de sa vie. Il était à la périphérie des luttes en faveur de la libération du Kenya, mais il a quand même été incarcéré brièvement pendant la période de répression. Durant sa vie, le colonialisme n'était pas simplement la création de frontières artificielles ou de termes de l'échange inéquitables ; c'était quelque chose que l'on éprouvait dans sa vie personnelle jour après jour, année après année.
(...) Il est devenu adulte à un moment de promesse extraordinaire pour l'Afrique. Les luttes de la génération de son propre père ont donné naissance à de nouveaux Etats, en commençant ici au Ghana. Les Africains s'éduquaient et s'affirmaient d'une nouvelle façon. L'histoire était en marche.
Toutefois, malgré les progrès obtenus - et il y a eu des progrès considérables dans certaines parties de l'Afrique -, nous savons aussi que cette promesse est encore loin de se réaliser. (...)
Dans de nombreux pays, l'espoir de la génération de mon père a cédé la place au cynisme, voire au désespoir. Certes, il est facile de pointer du doigt et de rejeter la responsabilité de ces problèmes sur d'autres. Il est vrai qu'une carte coloniale qui n'avait guère de sens a contribué à susciter des conflits, et l'Occident a souvent traité avec l'Afrique avec condescendance, à la quête de ressources plutôt qu'en partenaire.

Cependant, l'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie Zimbabwéenne au cours des dix dernières années, ni des guerres où des enfants sont enrôlés comme soldats. Durant la vie de mon père, ce sont en partie le tribalisme et le népotisme dans un Kenya indépendant qui, pendant longtemps, ont fait dérailler sa carrière, et nous savons que cette forme de corruption est toujours un fait quotidien de la vie d'un trop grand nombre de personnes.
Or nous savons que ce n'est pas là toute l'histoire. Ici (...) le peuple Ghanéen a travaillé dur pour consolider la démocratie. (...) Ce progrès ne possède sans doute pas l'aspect dramatique des luttes de libération du XXe siècle, mais que personne ne s'y trompe : il sera, en fin de compte, plus significatif.

(...) C'est une nouvelle période de grande promesse. Seulement cette fois-ci, nous avons appris que ce ne seront pas de grandes personnalités telles que Nkrumah et Kenyatta qui décideront du destin de l'Afrique. Ce sera vous, les hommes et les femmes du Parlement Ghanéen et le peuple que vous représentez. Ce seront les jeunes, débordant de talent, d'énergie et d'espoir, qui pourront revendiquer l'avenir que tant de personnes des générations précédentes n'ont jamais réalisé.
Maintenant, pour réaliser cette promesse, nous devons tout d'abord reconnaître une vérité fondamentale, (...) à savoir que le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est l'ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps. C'est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de l'Afrique. Enfin, c'est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s'acquitter.
Quant aux Etats-Unis et au reste de l'Occident, notre engagement ne doit pas se mesurer uniquement à l'aune des dollars que nous dépensons. (...) Le véritable signe de réussite n'est pas de savoir si nous sommes une source d'aide perpétuelle qui aide les gens à survivre tant bien que mal, mais si nous sommes des partenaires dans la création des capacités nécessaires pour un changement transformateur.
Cette responsabilité mutuelle doit être le fondement de notre partenariat.

Aujourd'hui, je parlerai tout particulièrement de quatre domaines qui sont essentiels pour l'avenir de l'Afrique et de tous les pays en développement : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits.
Premièrement, nous devons soutenir les démocraties puissantes et durables.
Comme je l'ai dit au Caire, chaque nation façonne la démocratie à sa manière, conformément à ses traditions. Mais l'histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas.
Il ne s'agit pas seulement d'organiser des élections - il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l'économie pour s'enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l'autorité portuaire est corrompu.
Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n'est pas de la démocratie, c'est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse.
En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès - des Parlements puissants et des forces de police honnêtes ; des juges et des journalistes indépendants ; un secteur privé et une société civile florissants, ainsi qu'une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent vie à la démocratie, parce que c'est ce qui compte dans la vie quotidienne des gens.
(...) Dans toute l'Afrique, nous avons vu de multiples exemples de gens qui prennent leur destinée en main et qui opèrent des changements à partir de la base. (...)
Alors ne vous y trompez pas : l'histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d'Etat ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais de fortes institutions.
L'Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l'Amérique, en revanche, ce sera d'accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l'accent sur l'appui à la bonne gouvernance (...) et d'isoler ceux qui ne le font pas.
Cela nous conduit directement à notre deuxième domaine de coopération - le soutien à un développement qui offre des débouchés aux gens. Avec une meilleure gouvernance, je ne doute pas que l'Afrique tiendra sa promesse de créer une plus vaste base pour la prospérité.
(...) Ce continent est riche en ressources naturelles. (...) Mais il faut également rompre avec de vieilles habitudes. La dépendance vis-à-vis des matières premières - ou d'un seul produit d'exportation - a tendance à concentrer la richesse au sein d'une minorité, laissant la majorité vulnérable à la récession.

Au Ghana, par exemple, le pétrole crée de magnifiques possibilités. (...) De la Corée du Sud à Singapour, l'histoire montre que les pays réussissent lorsqu'ils investissent dans la société et dans leur infrastructure ; lorsqu'ils multiplient les industries d'exportation, se dotent d'une main-d ‘oeuvre qualifiée et font de la place aux petites et moyennes entreprises créatrices d'emplois.                           
Alors que les Africains se rapprochent de cette promesse, l'Amérique va leur tendre la main de façon plus responsable. En réduisant les sommes qui vont aux consultants occidentaux et aux gouvernements, nous voulons mettre plus de ressources entre les mains de ceux qui en ont besoin, tout en apprenant aux gens à faire plus pour eux-mêmes. C'est pourquoi notre initiative de 3,5 milliards de dollars en faveur de la sécurité alimentaire est axée sur de nouvelles méthodes et technologies agricoles, et non pas sur la simple expédition de biens et services Américains vers l'Afrique. L'aide n'est pas une fin en soi. (...)                      
Un secteur qui représente à la fois un danger indéniable et une promesse extraordinaire est celui de l'énergie. L'Afrique émet moins de gaz à effet de serre que toute autre région du monde, mais elle est la plus menacée par le changement climatique. Une planète qui se réchauffe propagera les maladies, réduira les ressources en eau, épuisera les récoltes, et créera les conditions favorables à plus de famines et plus de conflits. Nous avons tous - en particulier le monde développé - le devoir de ralentir ces tendances, en réduisant les effets du changement climatique et en changeant la façon dont nous utilisons l'énergie. Mais nous pouvons également coopérer avec les Africains pour transformer cette crise en occasion de progrès.                       
(...) Pensez-y : dans l'ensemble de l'Afrique, il existe de l'énergie éolienne et solaire en abondance, ainsi que de l'énergie géothermique et des biocarburants. De la vallée du Rift aux déserts de l'Afrique du Nord ; de la côte de l'Afrique de l'Ouest aux récoltes de l'Afrique du Sud - les dons inépuisables que procure la nature à l'Afrique peuvent lui permettre de créer sa propre énergie et d'exporter de l'énergie propre et rentable à l'étranger.                            
(...) De même que la gouvernance est une condition essentielle du progrès économique, elle revêt également une importance cruciale dans le troisième domaine que je voudrais à présent aborder, l'amélioration de la santé publique.                       
Ces dernières années, des progrès énormes ont été accomplis dans certaines parties de l'Afrique. (...) Mais trop d'Africains périssent toujours de maladies qui ne devraient pas les tuer. (...)                            
Or, du fait des incitations, souvent fournies par les pays donateurs, beaucoup de médecins et d'infirmiers Africains s'en vont à l'étranger, ou travaillent à des programmes qui luttent contre une maladie unique. Cette situation crée des lacunes en matière de soins primaires et de prévention de base. Par ailleurs, il appartient à tout un chacun de faire sa part. Il faut faire des choix responsables de nature à prévenir la propagation de la maladie et à promouvoir la santé publique dans la collectivité et dans le pays.                         
(...) En même temps que nous unissons nos efforts en faveur d'une meilleure santé, nous devons également stopper la destruction causée non pas par la maladie, mais par les êtres humains.

(...)  C’est pourquoi le dernier domaine que je vais aborder se rapporte aux conflits.
Soyons bien clairs : l'Afrique ne correspond pas à la caricature grossière d'un continent perpétuellement en guerre. Mais si l'on est honnête, pour beaucoup trop d'Africains, le conflit fait partie de la vie ; il est aussi constant que le soleil. (...)                    
Tous ces conflits pèsent sur l'Afrique comme un véritable boulet. Nous sommes tous répartis selon nos identités diverses, de tribu et d'ethnie, de religion et de nationalité. Mais se définir par son opposition à une personne d'une autre tribu, ou qui vénère un prophète différent, cela n'a aucune place au XXIe siècle. La diversité de l'Afrique devrait être source de force et non facteur de division.               
(...) Il n'est jamais justifiable - jamais justifiable - de cibler des innocents au nom d'une idéologie. C'est un arrêt de mort, pour toute société, que de forcer des enfants à tuer dans une guerre. C'est une marque suprême de criminalité et de lâcheté que de condamner des femmes à l'ignominie continuelle et systémique du viol. (...) Aucune religion, aucune culture ne doit excuser les atrocités qui leur sont infligées.                    
(...) Nous nous félicitons des mesures que prennent des organisations telles que l'Union Africaine et la CEDEAO en vue de mieux régler les conflits, de maintenir la paix et de soutenir ceux qui sont dans le besoin. Et nous encourageons la vision d'un cadre sécuritaire régional puissant, capable de mobiliser une force efficace et transnationale lorsque cela s'avère nécessaire.                 
Il incombe aux Etats-Unis de travailler avec vous en tant que partenaire à promouvoir cette vision (...). Lorsqu'il y a génocide au Darfour ou des terroristes en Somalie, ce ne sont pas simplement des problèmes Africains :

Ce sont des défis mondiaux à la sécurité, exigeant une riposte mondiale.              C'est pourquoi nous sommes prêts à agir en partenariat, tant par la diplomatie que par l'assistance technique et l'appui logistique, et que nous soutiendrons les efforts visant à contraindre les criminels de guerre à rendre des comptes.

En outre, je tiens à le dire clairement : notre Commandement pour l'Afrique ne vise pas à prendre pied sur le continent, mais à relever ces défis communs afin de renforcer la sécurité des Etats-Unis, de l'Afrique et du reste du monde.

Traduction fournie par le département d'Etat Américain

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Pourquoi certains pays sont-ils plus riches que d’autres ?

Unmondelibre.org

Le paysage économique contemporain est marqué par d’importantes inégalités de revenu entre les habitants des différents pays du monde. En 2011, l’Américain moyen est neuf fois plus riche que le Sri Lankais moyen et soixante fois plus riche que le Sierra Léonais moyen. Pourquoi de telles différences de niveau de vie existent elles ? La compréhension de l’origine de ces inégalités est l’un des enjeux centraux, sinon l’enjeu central, de la science économique.

Les ingrédients fondamentaux de la croissance économique sont bien connus. Le niveau de vie des citoyens d’un pays peut augmenter de deux façons : soit par l’accumulation de capital par tête, c’est-à-dire par l’épargne et par l’investissement ; soit par l’amélioration de l’efficacité des techniques de production, dans le jargon des économistes, soit par l’augmentation de la "productivité totale des facteurs".

Ce qui explique que les américains soient plus riches que les Sierra Léonais, c’est que les premiers disposent d’un stock de capital par tête plus élevé et de méthodes de production plus efficaces. Mais cette explication, à elle seule, n’est pas suffisante pour rendre compte des écarts de niveau de vie entre les habitants des différents pays du monde. Elle ne permet pas de comprendre pourquoi certains pays disposent d’un stock de capital par tête plus élevé et de méthodes de production plus efficaces. Quels sont les "déterminants profonds" (l’expression est de Dani RODRIK) de la croissance économique ? Pourquoi les citoyens de certains pays ont-ils, au cours de l’histoire, plus épargné, plus investi et plus innové dans de nouvelles techniques de production ?

La réponse à cette question tient au rôle des institutions dans le développement économique. Les institutions sont les "règles du jeu" de la vie économique que les êtres humains s’imposent à eux-mêmes, selon la célèbre définition de Douglass NORTH. Certains pays disposent d’institutions de qualité, qui encouragent la prise de risque, le commerce, l’esprit d’entreprise, l’investissement. D’autres pays, en revanche, sont dotés d’institutions qui ne possèdent pas, ou possèdent moins, ces vertus. Parmi les institutions qui encouragent le développement économique, le respect de la propriété privée et la liberté économique occupent une place centrale. Par exemple, l’Index of Economic Freedom de l’Heritage Foundation permet de montrer qu’il existe une forte corrélation entre la liberté économique dont jouissent les citoyens d’un pays et le PIB par habitant de ce pays.

Pour convaincante que cette réponse puisse être, elle ne fait pas pour autant consensus. Après tout, les sceptiques peuvent arguer que corrélation n’est pas causalité. Il est logiquement possible que la causalité soit inverse, c’est-à-dire que la prospérité conduise à l’adoption d’institutions de qualité.

Il est également possible que d’autres facteurs interviennent. La culture, la religion, la géographie ou la qualité du système d’éducation sont autant d’éventuels candidats concurrents pour expliquer le développement économique. Fort heureusement pour l’économiste soucieux de découvrir empiriquement le lien de causalité, l’histoire fournit quelques expériences à grande échelle.

Ces expériences montrent que les doutes sur l’origine institutionnelle de la prospérité économique sont, sinon infondés, du moins exagérés. Après la seconde guerre mondiale, la Corée fut séparée en deux zones. En tous points similaires lors de leur séparation en termes de culture, de niveau de vie, de religion, les deux zones ont adopté des institutions politico-économiques drastiquement opposées. La Corée du Nord est devenue communiste, alors que la Corée du Sud a choisi la route du marché libre. L’évolution économique des deux zones est bien connue : la Corée du Sud est un des pays les plus dynamiques d’Asie, alors que les habitants de la Corée du Nord souffrent de la pauvreté de masse et sont régulièrement victimes de disettes. La séparation des deux Allemagne fournit une expérience similaire, bien qu’à certains égards moins dramatiques.

La réforme agraire chinoise offre également un exemple frappant de l’importance de l’institution des droits de propriété pour le développement économique. Pendant les années 1950 et 1960, l’agriculture chinoise était organisée selon les principes du collectivisme. Les planificateurs centraux du gouvernement décidaient des quantités à produire, des prix à fixer et restreignaient les migrations au sein des régions. Les ménages des campagnes, forcés de s’organiser en "coopératives agricoles" puis en "communes du peuple" à partir de 1958, ne disposaient pas d’incitation pour améliorer les méthodes de production.

Entre 1978 et 1983, sous l’égide du réformateur Deng Xiaoping, le gouvernement chinois introduit le "système de responsabilité" ("household responsability system"), basé sur le respect des droits de propriété des fermes individuelles. Grace à cette nouvelle politique, les ménages purent récolter les fruits de leur travail. Alors que la production agricole décroissait pendant la période collectiviste, le système basé sur la propriété privée engendra une croissance rapide : "la production de céréales (riz, blé, maïs) a bondi, passant de 247 millions de tonnes en 1978 à 339 millions de tonnes en 1984".

Cette croissance et les gains de productivité qui l’ont accompagnée ont libéré la main d’œuvre agricole pour le secteur industriel, générant le décollage économique que l’on sait. La preuve de l’efficacité d’un système économique respectant les droits de propriété ne peut guère être mieux établie que par l’expérience agraire chinoise.

Ces évidences montrent que les institutions de qualité jouent un rôle prépondérant dans le développement économique. Elles fournissent la clé de la compréhension de l’origine de la prospérité des nations. Certes, cette idée n’est pas nouvelle.

Déjà en 1776, Adam SMITH affirmait que "l’effort naturel par lequel chaque individu cherche à améliorer sa propre condition, lorsqu’on lui permet de l’exercer librement et en toute sécurité, est un principe si puissant qu’à lui seul et sans aucune assistance, il est capable […] de conduire la société à la richesse et à la prospérité". Mais une idée juste ne perd pas à être répétée.

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Published by PatrickEric - dans Politique
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plombier 26/03/2015 15:53

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

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