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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:27

Quelle Utopie Démocratique Pour l’Afrique ?

Par Armel SAMBA

luvuentendu.jpgNotre objectif n’est pas ici de tracer une voie de développement que l’Afrique se doit de suivre, car serait là une assez grande prétention. Nous voulons simplement contribuer au début sur le devenir des peuples d’Afrique. Cela, nous apparaît absolument indispensable quand on sait que le continent africain se meurt aujourd’hui, plus que jamais, de tous les maux. 

La démocratie ! Oui démocratie, un terme générique bien galvaudé. Les souvenirs des années 90 où se déclencha la propagande démocratique sont encore frais. Le mot était sur toutes les lèvres : "nous sommes en démocratie non !" objectait aussi bien le petit enfant à son frère qui le brimait, que le vieil oncle, presque soul à qui on refusait un énième verre.

Le mot démocratie était indéniablement connu et prisé ; mais son acception et sa connotation notionnelles, ses déterminants et implications étaient hélas ignorés. C’est dans un tel contexte que le vent de la démocratie a soufflé sur l’Afrique, bientôt deux décennies déjà.

Le bilan de ce parcours n’est guère un motif de fierté pour l’Afrique. Aussi naît la pertinente interrogation : quelle démocratie pour l’Afrique ? A cette interrogation, nous proposons un essai de réponse qui soldera en premier lieu cette série de questions : qu’est-ce-que la démocratie ? Quels en sont les principes fondamentaux ? Pourquoi la démocratie  échoue en Afrique ?

Définition et principes fondamentaux de la démocratie 

La définition élémentaire empruntée au président américain Abraham LINCOLN, retient que la démocratie est "le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple".

Cette définition polarisée sur les deux mots grecs – dêmos : peuple et kratein : gouverner – qui assument l’étymologie du terme démocratie, met en exergue le fait que la démocratie est un système de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple. Ainsi dans la démocratie, c’est le peuple qui est souverain et les dirigeants politiques gouvernent par délégation de souveraineté.

La démocratie suppose des principes fondamentaux : l’Etat de droit, la séparation et l’équilibre des pouvoirs, le suffrage universel (reconnaissance du droit de vote à tous), des élections libres et pluralistes.

Causes de l’échec de la démocratie en Afrique 

Depuis 1990, 35 des 48 Etats de l’Afrique subsaharienne ont connu des élections multipartistes, qui sonnèrent le glas du pèlerinage démocratique. Comment alors comprendre que la démocratie est demeurée embryonnaire en Afrique ?

D’abord notons que les Etats africains au lendemain des indépendances avaient adopté comme constitution-type, celle de la Métropole coloniale sevrée de son contexte. Cet état de chose a sapé les bases élémentaires d’une vraie démocratie, en sacrifiant le pouvoir du peuple à la cause de la création de l’Etat-nation.

Puis les pères de la nation en place à l’heure de la démocratisation qui devrait passer par le multipartisme, l’ont perçu comme une ingratitude et une trahison du peuple. Ils manifestèrent donc de la résistance à libéraliser et à partager le pouvoir.

Enfin la démocratie qui est participation de la majorité, n’a trouvé en Afrique qu’un peuple dont la majorité sait à peine lire et écrire. Comment ce peuple pouvait-il faire montre de rationalité politique ?

Certes l’échec de la démocratie en Afrique est avéré, cependant la problématique d’une démocratie africaine persiste et initie une interrogation : la démocratie n-a-t-elle pas échouée en Afrique parce qu’elle ne répondait pas, dans sa forme traditionnelle, aux réalités africaines ?

Les défis de l'africanisation de la démocratie

En effet "l’universalité de la démocratie ne conditionne pas l’universalité des institutions". Les institutions doivent répondre aux exigences propres de chaque société, par la conjugaison de l’histoire, de la géographie, de la culture, du niveau de développement du pays concerné.

La démocratie au sens universel, n’est pas problématique en Afrique, puisque les Africains désirent et revendiquent de tout temps l’Etat de droit. Le travail qui reste à abattre se situe à deux volets : la formation de la population à la démocratie et une inculturation africaine de la démocratie.

La démocratie exige une éducation permanente. En Afrique, plus qu’ailleurs, où la perception du pouvoir rime avec coup d’état, dictature et force militaire, la formation à la démocratie devient une impérieuse nécessité. Former à la démocratie, oui ! Mais à quelle démocratie ?

Les institutions démocratiques en Afrique reposent, dans leur fonctionnement, sur un héritage éthique et culturel qui hypothèque leur efficacité au sein d’un Etat moderne. L’inculturation de la démocratie consistera à libérer les institutions africaines des relents culturels, éthiques et historiques typiquement propres aux Métropoles coloniales.

Avant la colonisation, l’Afrique était dotée d’un système de gestion socio-politique efficace et conforme aux réalités africaines. Les grands royaumes Kongo, du Dahomey, des Ashantis, des Gins, des Mossis, des Zoulous en témoignent. Ses valeurs, après actualisation, doivent être prises en compte dans la conception et l’élaboration d’institutions démocratiques réellement africaines. 

Les exemples de pays ayant un système politique démocratique qui intègre leur histoire, leur culture, la mentalité de la population ne manquent point. Le Royaume Uni, la Belgique, ou l’Espagne sont des pays démocratiques avec une monarchie et un premier ministre chargé de l’exécutif ; des pays comme l’Italie, la France, les Etats-Unis ont un président de la République. Mais tous ces pays ont une démocratie à leur couleur. La démocratie est une théorie constitutionnelle, susceptible concrètement de nombreuses variantes.

Le contexte actuel de mondialisation dénie à l’Afrique tout droit de renoncer à la démocratie. La seule option salutaire est une appropriation africaine de la démocratie. L’analphabétisme et la léthargie politique de la population qui a été trop de fois trahie ne contribuent pas à l’émergence d’une réelle démocratie en Afrique.

Toutefois point de fatalisme ni de scepticisme, la démocratie est bel et bien possible en Afrique. Il suffit de l’actualiser en concordance aux réalités africaines. D’où l’urgence d’une africanisation de la démocratie. Les talents ne font pas défaut ; le blocus se chiffre plutôt en manque de volonté des puissances politiques en place, qui n’ont d’énergie à dépenser que pour se maintenir au pouvoir, quitte à sacrifier des vies humaines.

Et si nous nous arrêtons de parler de démocratie pour initier un terme neuf comme africratie, qui viendrait – l’espoir reste permis –  exorciser les dirigeants africains de leur phobie de la démocratie.

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Les Ambassades Fantômes du Congo Brazzaville

Le ministère congolais des affaires étrangères vient d’être sérieusement épinglé par celui des finances. Un contrôle opéré fin octobre par les services du Trésor a permis d’identifier des mouvements de fonds vers des chancelleries basées à l’étranger, dont l’existence n’est effective que sur le papier. C’est notamment le cas au Venezuela, au Brésil, au Japon et au Canada.

Si le principe d’ouverture de ces nouvelles chancelleries a été acté depuis 2007, rien ne s’est concrétisé depuis cette date, et les ambassades en question sont toujours dépourvues de personnel. Pourtant depuis quatre ans, les comptes des services généraux du ministère des affaires étrangères feraient apparaître des virements réguliers au titre de crédits de fonctionnement vers ces chancelleries.

Interrogé par les services du Trésor, le secrétaire général adjoint du ministère et chef du département des services généraux, Rubain ADOUKI, proche du ministre des affaires étrangères Basile IKOUEBE et frère de Martin ADOUKI, conseiller diplomatique de Denis SASSOU NGUESSO, n’a pas été en mesure de justifier ces opérations. De quoi agacer les ambassadeurs congolais bien en poste à travers le monde, qui se battent chaque année pour obtenir leur crédit de fonctionnement parfois avec plusieurs mois de retard.

Du coup, le gouvernement vient de parer à cette bizarrerie comptable en dotant les ambassades d’un embryon de personnel. Ancien directeur du protocole diplomatique, Clovis GUILLOND a été nommé chargé d’affaires à Brasilia. Pour ce poste, il aurait bénéficié de l’intervention du fils cadet du président congolais, Denis Christel SASSOU NGUESSO (qui soit dit en passant est devenu un gouvernement à lui tout seul et aussi la plaque tournante de tout ce qui se décide au Congo Brazzaville).

Son collègue Lazare MAKAYAT SAFOUESSE, ancien secrétaire général adjoint au ministère des affaires étrangères, responsable des affaires multilatérales et proche du ministre des affaires étrangères Basile IKOUEBE, qui devait initialement remplis la même fonction à l’ambassade du Congo Brazzaville, pourrait rejoindre le Japon.

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Les ex-Air Afrique Cloués sur le Tarmac

Neuf ans après la disparition de la compagnie panafricaine Air Afrique, plusieurs dizaines d’anciens salariés sont toujours sur la piste pour être indemnisé et rapatriés dans leurs pays d’origines. Retour vers nulle part. Près de 90 ex-salariés d’Air Afrique et leur familles, réunis en collectifs, réclament toujours plusieurs mois d’arriérés de salaires et leurs indemnités de licenciement consécutives à la disparition de la compagnie panafricaine en 2002. Ces employés, majoritairement congolais, étaient détachés en Côte d’ivoire au moment des faits.

L’administrateur chargé de la liquidation d’Air Afrique aurait théoriquement dû prendre à sa charge leur rapatriement dans leur pays d’origine conformément à leur contrat de travail. Mais rien n’a été fait dans ce sens.

Dans un premier temps, ces employés se sont tournés vers les autorités ivoiriennes, conformément au principe d’égalité de traitement stipulé dans la convention collective régissant le secteur, ainsi que dans les statuts des personnels d’Air Afrique.

Mais le gouvernement ivoirien de l’époque avait botté en touche. Les salariés se sont alors tournés vers les autorités de leur pays d’origine, en particulier le ministre congolais des transports. Sans plus de succès. Avec la Centrafrique et le Togo, le Congo Brazzaville est l’un des pays actionnaires de l’ancienne compagnie à n’avoir toujours pas réglé le dossier d’indemnisation de son personnel expatrié.

Dans plusieurs courriers adressés au ministre congolais des transports et de l’aviation civile, ces ex-salariés évoquent "une situation de détresse".

Défendus par deux anciens cadres d’Air Afrique, André BIFOULA et Cyprien Lambert KIBANGOU, ex-directeur des opérations, Michel KAZI, et l’ancien commandant de bord Samuel MAFOUTA, ce collectif réclame 7,9 milliards d’indemnités. En revanche, il n’a toujours pas l’intention de porter l’affaire devant la justice, estimant cette démarche "contre-productive". A suivre…

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Published by PatrickEric - dans Politique
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