Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 21:05

La Piste Luxenbourgeoise


Corrompu.jpgLa famille Sassou N’Guesso, à la tête du Congo Brazzaville, avait notamment pris le contrôle d’une banque et d’une entreprise de béton. Des documents saisis par la justice montrent comment les actifs en vadrouille au Luxembourg ont été rapatriés. D’autres sont encore bloqués. Entre le Congo et la France, les entités luxembourgeoises apparaissaient un peu partout dans les volumineux dossiers.
Le 22 novembre 2011, à 9h05, une perquisition est menée au 41, avenue du X Septembre, siège de l’étude d’avocats Lorang & Wingerter, en présence du bâtonnier, du juge d’instruction Christian Scheer et de trois officiers de police judiciaire assistés d’un agent du service des Nouvelles technologies de la Police Judiciaire.
Les enquêteurs emportent avec eux une quantité impressionnante de documents ainsi qu’un disque dur. Ils étaient venus sur commission rogatoire du juge français Roger Le Loire du Tribunal de Grande instance de Paris, enquêtant depuis 2008 sur les «biens mal acquis» des dirigeants du Congo Brazzaville, accusés d’avoir utilisé la place financière de Luxembourg pour dissimuler une partie de leurs richesses. Officiellement, la société luxembourgeoise visée est la SCI St Philibert, domiciliée à l’étude.
Selon l’ordonnance de perquisition et de saisie, il s’agissait «de rechercher et de saisir tous documents et objets sous quelque forme que ce soit en relation avec l’exécution utile de la commission rogatoire internationale (…) et notamment tous les documents commerciaux, comptables, financiers et bancaires faisant un lien avec la famille Sassou N’Guesso».
Les pièces saisies concerneront aussi d’autres sociétés que St Philibert, car les enquêteurs identifient «différentes sociétés liées à la famille N’Guesso». Le voile va alors se lever sur une partie de l’empire financier offshore de l’entourage proche du dirigeant congolais, construit à partir de la place financière de Luxembourg.
Les enquêteurs exhumeront, outre des certificats vierges de bénéficiaires économiques, des instructions de paiement à un avocat canadien, un certain Stéphane Saintonge, concernant la Southern Cross Finance (SCF), société que l’on retrouve majoritairement dans le capital de La Congolaise de Banque (ex-Caisse pour l’agriculture, l’industrie et le commerce – Caic), privatisée en 2004. SCF est la seule entité qui présente des liens juridiques directs avec cette banque. Mais, d’après des documents saisis par la justice, d’autres structures luxembourgeoises entrent en jeu : Eurafrique, ancien nom du Groupement financier de développement (GFD), qui avait financé l’achat de la participation de l’établissement de crédit. GFD fut mis en liquidation judiciaire le 8 mars 2010 à la demande du procureur d’État, faute d’adresse connue, mais la faillite fut rabattue quelques mois plus tard après une bataille épique pour payer les impôts en retard et remettre en ordre la comptabilité.
Une troisième société luxembourgeoise, Eurorating (devenue Edmundston Valley), apparaît dans le dossier de La Congolaise de Banque, que la famille N’Guesso contrôlait à 64%, derrière des hommes de paille et une série de montages fiduciaires (apparaissant dans les documents saisis par la justice luxembourgeoise et partiellement transmis à Paris).
On observe qu’un tri sélectif semble avoir été opéré par le juge d’instruction luxembourgeois avant de transmettre les documents en France. Par exemple, des pièces renseignant sur la participation majoritaire dans La Congolaise de Banque et des montages ayant permis au clan d’en prendre le contrôle ne figureraient pas au dossier français sur les biens du Congo Brazzaville, un État qui tire sa richesse de ses réserves pétrolières (4 milliards d’euros par an, selon le président Denis Sassou N’Guesso lui-même).

Les amazones de l’Économie et les zones d’ombre luxembourgeoises
Les documents trouvés au Luxembourg laissent en tout cas peu de doute sur la proximité de Denis Sassou N’Guesso avec au moins deux sociétés : Edmundston Valley et Edenor, cette dernière étant placée en liquidation judiciaire mais disposant de biens immobiliers en région parisienne, ce que sa liquidatrice, Marthe Feyereisen, a confirmé dans un entretien à paperJam.

Différents «contrats de fiducie» datés du 6 juin 2009 fournissent la démonstration noir sur blanc que le président se déclarait lui-même comme le «bénéficiaire économique» de ces deux sociétés et qu’il a donné des procurations à deux de ses filles, Arlette Ninèle Ngouelondélé et Julienne Johnson Sassou N’Guesso Issongo. Toutes les deux font partie de ce que les Congolais de l’opposition ont appelé les «Amazones de l’Économie».
Des perquisitions dans le cadre de l’enquête sur les biens mal acquis étaient intervenues à leur domicile parisien en février 2013, selon des informations de médias français.
Les organisations de lutte contre la corruption et les opposants politiques au clan N’Guesso avaient déjà identifié en partie les structures au Grand-Duché, ce qui avait d’ailleurs motivé, après leur plainte à Paris (toujours en cours d’ailleurs), la demande d’entraide du juge Le Loire aux autorités grand-ducales.

La perquisition a permis de reconstituer le puzzle, de retrouver en partie l’origine des avoirs, depuis le début des années 2000, lorsqu’un certain Alain Garros, patron de la fiduciaire GT Turner, a mis en place des structures destinées à cacher l’identité de ses bénéficiaires économiques.
Garros (dont le nom est également apparu dans le dossier contre Jean-Pierre Maas, fondateur de PIP, le fabricant de prothèses mammaires à base d’un gel frelaté) s’est suicidé en janvier 2007, laissant derrière lui de nombreux clients «politiquement exposés» ou «sensibles», auxquels il avait servi de prête-nom dans des sociétés qu’il administrait. Une partie du fonds de commerce fut repris par l’un de ses anciens employés, mais beaucoup de structures restèrent «en friche», sans domicile ni comptabilité en ordre de marche.

Cela conduira le Parquet luxembourgeois, dans le cadre de son nettoyage des sociétés boîtes aux lettres, à en placer certaines (dont Edenor et Finanzgesellschaft der Sieben Ozeane, celle-ci ayant des participations dans la Compagnie des ciments congolais) en liquidation judiciaire.
Ce fut d’ailleurs le point de départ, avec la nomination d’une liquidatrice, Me Marthe Feyereisen, de l’intérêt que la justice luxembourgeoise marqua pour les montages juridiques réalisés par Alain Garros et pour ses fréquentations dans les cercles de la «Françafrique».

Dans une lettre du 2 août 2009 adressée à la liquidatrice, le dirigeant d’IBS Compta, qui avait hérité de certains dossiers chauds à la mort de Alain Garros avec lequel il avait longtemps travaillé, raconte que son ancien patron l’avait «informé dans le temps que le bénéficiaire économique de Finanzgesellschaft lui (avait) été présenté par la Banque générale du Luxembourg en 2001». Il explique aussi avoir servi des postes d’administrateur ad interim, le temps d’une restructuration des sociétés.

Deux morts suspectes
Le Parquet économique et financier s’intéressa lui aussi, en septembre 2009, à la société luxembourgeoise Edenor (en faillite) et à l’une de ses participations, la SCI Le Vesinet-Berteaux, propriétaire d’un manoir en région parisienne, acheté d’abord par le frère du président congolais et repris par le clan à son décès, dans des circonstances qui interpellèrent la justice luxembourgeoise. Une information judiciaire pour faux a été ouverte, des avocats et des anciens comptables ont été inquiétés, mais l’affaire déboucha sur un non-lieu.
Toutefois, la famille N’Guesso n’est pas parvenue à convaincre le Parquet général de revenir sur sa décision de mettre Edenor en liquidation (comme elle le fit pour une autre société). Au tribunal, elle invoqua «le manque de collaboration des actionnaires/bénéficiaires économiques» et le manque d’organisation interne de la société.
Les enquêteurs de la Police judiciaire s’interrogèrent aussi, mais longtemps après les faits, sur les circonstances de la mort de Alain Garros : l’homme, que l’on disait fragilisé psychologiquement après quelques mois de prison en France, s’était défenestré en janvier 2007 de son appartement… au Limpertsberg.

Son compagnon, qui avait pris le relais de la fiduciaire, fut retrouvé lui aussi mort dans le même appartement luxembourgeois, six mois plus tard et dans d’énigmatiques circonstances.

L’autopsie, ordonnée par le juge d’instruction, conclut à une overdose, mais des doutes ont toujours taraudé les enquêteurs, des années après ce décès. D’autant que, lorsque le cadavre fut découvert, des agents du Service de renseignement de l’État avaient été repérés dans l’appartement, selon des sources proches du dossier. L’enquête fut toutefois refermée, faute d’indications précises sur ces deux morts suspectes à quelques mois d’intervalle.
La signature de Alain Garros, qui était administrateur d’une myriade de sociétés liées au clan N’Guesso, se retrouvait partout : sur les chèques pour racheter, via sociétés-écrans et hommes de paille, la participation dans La Congolaise de Banque lors de sa privatisation; sur l’acquittement de factures de grands couturiers et joailliers parisiens ou encore de décorateurs de luxueuses propriétés en France, où, faut-il le rappeler, Denis Sassou N’Guesso trouva refuge après un passage à vide politique.

Chasse aux actifs
Deux jours après la perquisition du 22 novembre 2011, l’associée de l’étude Lorang & Wingerter, Marie-Béatrice Wingerter de Santeul, adresse un mail à une certaine Nathalie Rondeau. Cette dernière fut, selon de nombreux autres échanges de mails exhumés par la justice, l’intermédiaire entre les avocats au Luxembourg et l’un des fils du président Sassou N’Guesso, Wilfrid, dont le nom et celui de son épouse apparaissent d’ailleurs comme administrateurs de nombreuses entités luxembourgeoises.

On retrouve également Nathalie Rondeau, née Huss, comme représentante à Paris de la société de transports congolaise Socotram, laquelle société fut longtemps locataire d’un des appartements de la famille N’Guesso en région parisienne.

Dans le courriel, l’avocate l’informe avoir fait l’objet d’une perquisition et lui suggère la domiciliation de St Philibert «dans un espace privatif» loué pour 450 euros par mois. Une lettre annexée au courriel, adressée à Wilfrid N’Guesso et signée Alain Lorang, préconise «de louer un petit local dans un centre d’affaires(…), ce qui protégera les intervenants luxembourgeois de tout risque de perquisition».
Il y a des perles dans les milliers de pages de documents qui n’ont pas pu échapper à la perquisition (c’est à se demander pourquoi la justice luxembourgeoise ne les a pas exploitées), notamment sur la façon dont les «intervenants» avaient permis à GFD de sortir de la liquidation judiciaire et de sauver ainsi son principal actif, La Congolaise de Banque, des griffes d’une liquidatrice ignorant apparemment l’existence de ce bijou dans le portefeuille de la société et ainsi de mettre la main sur un compte en banque bien garni (deux millions d’euros) dans un établissement au Maroc.

Ce fut une course-poursuite pour mettre à l’abri GFD et transférer la société au Canada, avec l’aide de l’avocat Saintonge. Il y aurait sans doute matière, pour la justice française ou luxembourgeoise, à s’intéresser à la manière dont les actifs de cette société ont été «extournés», avec l’accord des représentants de ses actionnaires.

Des échanges de mails font état de cette volonté de ne pas mentionner la participation bancaire ni le compte en banque au Maroc dans les comptes, lorsqu’il a fallu mettre la comptabilité «dans les clous» et payer les dettes fiscales (105.000 euros) afin de convaincre les autorités d’annuler la faillite.

Cette liquidation avait été initiée dans le but de «protéger la place financière» de sociétés qui ne se conformaient pas à la réglementation sur le droit des sociétés.
Comment expliquer l’énergie qui fut déployée par les «intervenants» pour annuler la mise en faillite et transférer des actifs au Canada ?

Comment justifier, par ailleurs, qu’un cabinet d’avocats à Paris, Livory & Wilner, ait sollicité en mai 2010 un avocat luxembourgeois pour avoir son avis «sur la conformité avec le droit luxembourgeois de la structure de la société La Congolaise de Banque» (l’État congolais avait conservé une participation de 11%), en lui faisant parvenir des documents sur trois sociétés anonymes luxembourgeoises, Southern Cross Finance, GFD et Edmundston Valley ?

Dans une lettre du 15 juin 2010, l’avocat luxembourgeois conclura sur la base des documents qui lui avaient été transmis – et qui furent saisis par la justice luxembourgeoise – que trois actionnaires prétendument privés de la banque, Hubert Pendino, Bernard Beltrando et Raymond Ibata, «détiennent les actions de la société La Congolaise de Banque à titre fiduciaire, la société Southern Cross Finance a le contrôle sur plus de la majorité des parts sociales de la banque».

Le juriste souligne aussi «qu’il serait opportun de procéder à une révision à la fois des contrats fiduciaires de portage et le pacte d’actionnaires afin qu’ils soient plus précis est protègent mieux les intérêts de votre client». «Enfin, s’interroge-t-il, une question primordiale reste sans réponse: qui est le bénéficiaire économique de la société Southern Cross Finance ?»
Dans un échange de mails avec Rémy Wilner en avril 2009, sur un dossier relatif à une SCI, l’avocat luxembourgeois réclamait «un dossier transparent et clair» pour accepter des domiciliations: «Il me faut un (…) document montrant que le père a fait donation aux filles. Sans ce document, il faut considérer le père comme bénéficiaire économique et pas les filles.» L’avocat remettra son mandat le 9 janvier 2012.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 23:51

Yves CastanouSuite à l'information paru dans la Lettre du Continent N° 697 du 7 janvier 2015, information selon laquelle "L'Elise Impact Centre Chrétien (ICC) dirigée par le neveu de Madame Sassou Nguesso, le DG Yves Castanou, patron de l'Agence de Régulation des Postes et Communications Électroniques (ARPCE), est également favorable à la modification de la constitution",

Nous nous sommes procuré la lettre envoyé par le Pasteur Yvan Castanou de ICC à l'auteur de l'article, monsieur Lejeal du journal La Lettre du Continent.

 

Notre Commentaire :

Dans un débat aussi important et capital que celui sur le changement ou non de la constitution, débat qui engage la vie des hommes sur terre (car certains peuvent être tués), des organisations ou des individus brillants, intellectuels de surcroit, préférent botter en touche en faisant la politique de l'autruche avec pour slogan, "nous ne faisons pas de politique" afin de se donner bonne conscience.

Il est vrai que pour eux (les dirigeants des Églises de reveil ou autres), conduire les âmes au paradis auprès de Dieu en se servant de la détresse humaine (métier au demeurant très lucratif), est beaucoup plus important que la vie des hommes sur terre...

Martin Luther King, homme saint et icône mondiale, lui aussi pasteur de son état, se souciait du bien être et des droits des hommes sur terre.

N'est pas saint-homme qui veut...

 

Lisez

 
Cher monsieur Lejeal,

Autant lors de nos derniers échanges, je vous soupçonnais de maladresse, autant maintenant je commence vraiment à croire que vous faites exprès de rester léger et approximatif dans vos écrits, leur conférant ainsi un caractère ridicule, mais non pas moins dangereux tellement les amalgames sont vites faits par vos lecteurs dont nous faisons partie.

Vos raccourcis (qui associe ICC et modification de la constitution au Congo) sont d'une telle bêtise et d'une telle immaturité que j'en viens à me demander comment fait on pour écrire un tel niveau de sottises sans prendre le soin de vérifier ! Sans doute la liberté d'expression me direz-vous...
C'est au nom de cette liberté d'expression alors que je viens moi aussi, en tant que pasteur principal de l'église Impact Centre Chretien, vous sommer de cesser de créer l'amalgame entre la vie politique congolaise et notre Eglise ICC, présente dans 7 pays, comptant plus de 20 églises (dont 3 seulement sont présentes au Congo Bzv) et qui sont toutes membres de la fédération protestante de France (soit dit en passant, ça fait longtemps qu'elle ne s'appelle plus Impact Christian Center mais bon vous semblez persister...)

L'église est une institution, et en écrivant ce genre d'âneries, vous osez définir une ligne politique à une église alors que nous n'avons nous mêmes, jamais pris position sur cette question. Depuis quand et qui vous a établi porte parole de l'église Impact Centre Chretien ?

Où avez vous entendu dire que ICC est favorable à la modification de la constitution au Congo ? Comment osez vous une telle affirmation ?

Prétendez vous être le porte parole des 10.000 personnes qui fréquentent chaque dimanche les églises ICC dans 20 villes francophones différentes à travers le monde ? La majorité de ces personnes ne sont même pas congolaises, mais uniquement francophones. Et vous osez donner une position politique que nous n'avons jamais nous mêmes communiqué et que nous ne prononcerons jamais. Et pour cause, nous faisons le travail de Dieu (annoncer l'évangile de Jésus-Christ, guérir les cœurs brisés, prier pour les malades... ) et non de la politique congolaise cher monsieur !

Prétendre qu'une eglise qui regroupe plus de 20 églises dans le monde, est pour la modification d'une constitution au Congo, parce que l'un de ses pasteurs est également neveu de la 1ère dame et DG de l'ARPCE est une véritable "idiotie" et un raccourci facile qui me laisse sans voix.

J'ignore si vous faites partie de ces réseaux occultes qui prennent plaisir à stigmatiser l'église de Jésus-Christ (je me garderai contrairement à vous, d'établir un tel raccourci) mais je commence à être sérieusement agacé par la légèreté de vos écrits à chaque fois que vous vous sentez obligé de parler d'Impact Centre Chretien. Nous nous refusons à croire que vous êtes rempli de préjugés négatifs sur les églises protestantes évangéliques (c'est comme ça qu'on classifie ICC et non église de réveil!) mais c'est difficile de comprendre que vous soyez aussi superficiel à chaque fois que vous parlez de l'église ICC.

J'écris cette note, non parce que vous avez parlé de mon frère Yves (je ne l'ai d'ailleurs pas consulté sur cette démarche) mais parce qu'une fois de plus, vous avez osé donner à notre église ICC une orientation politique sur un sujet oh combien sensible, délicat et dangereux alors que nous ne faisons jamais de politique. Vous n'imaginez même pas les dégâts qui peuvent être causés par de telles âneries ! Nous aussi pourrions faire du bruit pour riposter à ce que nous considérons comme une tentative de déstabilisation systématique d'ICC mais nous nous sommes gardés d'agir ainsi jusqu'à ce jour.

Je prie Que Dieu ait compassion de votre folie et qu'il vous accorde l'intelligence nécessaire pour faire ce beau et précieux métier que vous exercez parfois avec une légèreté si déconcertante, et quelques fois une médiocrité étonnante !
Un conseil gratuit : contentez vous de parler politique et économie parce que sur le plan spirituel et religieux, vos écrits sont parfois véritablement approximatifs, pathétiques et lamentables !

Assez c'est assez !

Cordialement,

Yvan CASTANOU,
PASTEUR PRINCIPAL
IMPACT CENTRE CHRETIEN
MEMBRE DE LA CEAF, MEMBRE DE LA FÉDÉRATION PROTESTANTE DE FRANCE

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 11:43

FrancophonieDiscours à l’occasion de l'ouverture du XVème Sommet de la Francophonie à Dakar

 

Monsieur le Président, cher Macky SALL,

Je veux vous féliciter pour l’organisation de ce Sommet et pour la qualité de l’accueil que vous nous avez réservé, ici, dans ce centre remarquable Abdou DIOUF, qui est un symbole de l’Afrique en développement.

Mesdames, Messieurs, les chefs d’Etats et de Gouvernements,

Monsieur le Secrétaire Général de l’organisation de la Francophonie, mon cher Abdou DIOUF,

Mesdames, Messieurs,

Nous formons une communauté exceptionnelle nous les francophones. 57 Etats membres, 20 observateurs, près de 280 millions de locuteurs. Une communauté dont nous ne mesurons pas toujours et la force et l’attractivité. Une communauté qui porte des ambitions, des ambitions politiques, économiques, planétaires. Une communauté qui résout aussi des crises, qui fait en sorte que les valeurs que nous portons puissent être défendues, dans l’espace francophone et au-delà.

Enfin, une organisation qui fait de la diversité culturelle, de la pluralité linguistique une oeuvre au service du monde entier.

Avec la famille francophone, ici, à Dakar, nous voulons dire au Président Abdou DIOUF non seulement notre amitié et notre reconnaissance, mais nous pouvons lui dire, grâce à lui ce qu’est un homme d’Etat. Un homme ou une femme d’Etat sert d’abord son pays, c’est son devoir. Mais un homme, une femme d’Etat, sert aussi des valeurs universelles et est capable à un moment de s’élever au-delà même de sa condition nationale pour devenir un acteur de la vie internationale et c’est ce que vous avez fait, cher Abdou DIOUF.

Vous avez été un exemple d’abord, d’accepter que l’alternance puisse exister dans votre pays. Laisser la place lorsque les électeurs l’ont décidé, mais prendre votre place dans l’organisation de la francophonie. Vous avez de la sagesse, elle vous est reconnue, elle n’a rien à voir avec l’âge. Vous avez de l’expérience, cela n’a rien à voir avec le nombre d’années passées à la tête d’un mandat. Vous avez de la culture et il ne suffit pas de parler français pour avoir de la culture. Et, vous avez fait beaucoup pour la cause qui est la nôtre, la langue française. Beaucoup pour la démocratie, beaucoup pour la paix et c’est pourquoi ce centre international à Dakar porte votre nom, votre nom qui partout dans le monde, au-delà de l’espace francophone fait raisonner la démocratie et la paix. Merci.

Albert CAMUS disait qu’il n’avait qu’une seule patrie, la langue française. Et pour nous tous ici, le français est notre pays natal, il est la matière avec laquelle nous composons nos souvenirs, nous retrouvons nos émotions, nous évoquons nos rencontres. Mais la langue française c’est aussi un trait d’union, un trait d’union entre des peuples, entre des continents.

Notre langue, elle s’exprime partout, partout dans le monde. Et l’amour de la langue française parfois vient de celles et de ceux qui voudraient parler le français et qui n’y parviennent pas. C’est un amour irraisonné, parce que pour beaucoup de peuples, parler français c’est parler la langue de la liberté. SENGHOR disait que cette langue, que cette langue française c’était la langue de la lutte, de l’émancipation, qu’elle avait tantôt la « douceur des alizés », tantôt la « fulgurance de la foudre ». Et c’est en français que les peuples se sont décolonisés, en français qu’ils ont accédé à l’indépendance et à la liberté et qu’ils ont gardé le plus souvent le souvenir de cette langue-là. Non pas comme d’un héritage, mais au contraire comme d’une exigence pour le monde entier.

Défendre le français, c’est protéger la diversité culturelle. Défendre le français, c’est faire en sorte que ce patrimoine-là ne soit jamais entamé. Défendre le français, c’est considérer que la culture est un bien public universel. La conception selon laquelle les biens culturels puissent être considérés comme des marchandises comme les autres, n’a pas sa place dans des négociations commerciales entre des continents ou entre des pays. Jamais nous n’accepterons que la culture puisse être objet de négociation.

Défendre le français, c’est promouvoir le pluralisme linguistique. Car mal nommer les choses, c’est ajouter encore du désordre au monde. La francophonie doit être le fer de lance de cette lutte, notamment dans les organisations internationales. Si nous demandons que le français soit parlé, ce n’est pas pour simplement défendre un privilège, mais parce qu’en parlant français dans les organisations internationales, nous permettons qu’il y ait là le pluralisme, la multiplicité et même la défense de toutes les langues, parce que nous, nous défendons toutes les langues, les langues nationales, les langues locales à travers le français.

Le français n’est pas en bataille contre d’autres langues. Le français n’a peur d’aucune langue, peut-être par prétention, peut-être parce que nous savons que notre langue quand elle est parlé, ce n’est pas par commodité, par facilité, mais par adhésion.

Nous avons aussi la volonté de défendre le français pour favoriser les échanges. Et c’est pourquoi notre francophonie doit accueillir plus d’étudiants, permettre plus de circulation, plus de mobilité pour les jeunes, pour les entrepreneurs, pour les chercheurs. La France doit d’abord montrer l’exemple et c’est ce qu’elle a commencé de faire à travers la délivrance des visas de circulation et l’accueil de nombreux étudiants étrangers.

Défendre le français, c’est également faire le choix de l’avenir. Il y aura en 2050, c’est ce que les démographes nous annoncent, 750 millions de locuteurs en français. La jeunesse du monde sera pour une grande partie francophone, elle sera africaine cette jeunesse. A nous, à nous tous ici rassemblés, de permettre à ces jeunes, non pas simplement de parler français, mais d’être éduqués en français, d’être accompagnés en d’être formés en français. De pouvoir trouver des emplois pour pouvoir accéder aux technologies, pour pouvoir bénéficier de la meilleure capacité à réussir leur vie.

Défendre le français, c’est aussi affirmer des valeurs. Et la première d’entre elle, c’est la démocratie. Certains pays, au sein même de notre organisation ont traversé des crises politiques graves et ce fut l’honneur du Secrétaire Général et de l’ensemble des membres de notre organisation de réussir à surmonter ces crises grâce à des médiations. Et aujourd’hui, je suis particulièrement heureux que le Président de Madagascar soit parmi nous, parce que Madagascar a été longtemps écarté, justement parce que les conditions de la démocratie et du pluralisme n’étaient pas réunies.

La francophonie, elle est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres. C’est ce qui vient de s’accomplir en Tunisie. C’est une belle illustration, que ce soit dans un pays francophone, qu’il y ait eu la réussite d’un Printemps Arabe.

Cet accomplissement, cette transition doivent également servir de leçon. Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie.

Il y a quelques semaines, le peuple burkinabè a fait une belle démonstration. A lui aussi de maitriser ce processus, de faire en sorte que les règles puissent être posées et encore une fois respectées, que la réconciliation vienne et que l’on évite tout règlement de compte inutile. Mais aussi ce qu’a fait le peuple burkinabè, doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce sont les peuples qui décident. Ce sont les élections qui permettent de savoir qui est légitime et qui ne l’est pas.

Notre solidarité dans l’espace francophone doit, hélas, également se situer sur le terrain sécuritaire. Nous devons nous unir, nous l’avons fait d’ailleurs, contre la barbarie, contre les risques présentés par le fondamentalisme et notamment au Sahel et au-delà de nous, en Afrique et pas seulement en Afrique, quand nous regardons la situation au Moyen-Orient. Au Mali, le Président KEÏTA l’a rappelé. Nous avons montré que nous pouvions vaincre, vaincre le terrorisme, vaincre le fondamentalisme, vaincre la barbarie qui s’en prend d’abord toujours aux femmes, puis ensuite fait régner son ordre qui est en fait le plus grand des désordres.

Nous avons montré que nous pouvions lutter pour que la réconciliation vienne après la guerre. Nous avons aussi montré que la France pouvait être au service de la sécurité de l’Afrique. La France et ses soldats, a pris sa part dans la libération du Nord du Mali. Des sacrifices ont été consentis. Dix militaires sont morts et je veux saluer leur mémoire. Des militaires tchadiens aussi sont morts, des militaires maliens, bref, il y a eu de lourds sacrifices. Mais comme je l’avais dit à Bamako, la France a aussi en intervenant au Mali, avec les Africains, payé sa dette, la dette que nous avions contractée à l’égard des tirailleurs sénégalais qui étaient venus lors de la Première guerre puis, dans d’autres conditions, lors de la Seconde guerre mondiale, pour libérer la France.

Nous n’avons pas fini avec le terrorisme. Au Nigéria, un attentat a fait plus de 120 morts, à la sortie d’une mosquée, je dis bien, à la sortie d’une mosquée. Voilà ce qu’est capable de faire une secte comme Boko Haram. Voilà pourquoi nous devons encore, ensemble lutter, lutter toujours contre le terrorisme. Secte qui avait enlevé des jeunes filles qui n’ont pas été, malgré tous les efforts de médiation, retrouvées.

La francophonie c’est un espace de solidarité, nous l’avons montré aussi en Centrafrique, quand il y avait des risques d’affrontement entre des catégories religieuses, entre des communautés. Là encore, l’Afrique a pris le relais et maintenant c’est l’ONU. C’est une grande satisfaction de voir que nous pouvons réussir aussi en Centrafrique et ailleurs. A permettre à l’ONU, à l’UA, de jouer tout leur rôle.

La solidarité, c’est également celle que nous devons montrer face à des fléaux sanitaires. Je reviens de Guinée, où je m’étais rendu à l’invitation du Président Alpha CONDE. Je voulais venir dans ce pays, ce pays frappé avec la Sierra Leone, avec le Libéria. Je voulais venir pour dire aux Guinéens : nous sommes là, nous n’avons pas peur d’être là. Nous sommes à vos côtés et nous venons apporter avec l’ensemble des francophones le soutien indispensable. Nous avons créé des centres de traitement. A Conakry, la maladie commence seulement à être vaincue. Nous allons créer d’autres centres de traitement en Guinée forestière. Je veux saluer les soignants, les soignants africains, les soignants européens, les soignants qui viennent du monde entier, les soignants français qui prennent des risques. Et c’est pourquoi, nous allons créer un centre dédié aux soignants pour qu’ils puissent être traités sur place lorsqu’ils sont contaminés.

Je veux aussi confirmer que nous allons former les soignants pour qu’ils puissent être les plus utiles possible, informer la population pour qu’elle puisse prendre les mesures de précaution indispensables. Et ce qu’a dit le Président du Mali est très important. La vigilance. La vigilance oui, mais pas l’enfermement, pas la discrimination. Les pays touchés par Ebola doivent vivre, doivent commercer, doivent pourvoir assurer l’accueil des investisseurs et permettre le développement.

J’ai rencontré hier une jeune femme à Conakry, qui venait d’être guérie d’Ebola, car on guéri d’Ebola. Et elle avait un message simple et je veux être son porte-parole. La vie est plus forte, la vie peut gagner contre l’épidémie. Elle-même voulait être aux côtés des malades aujourd’hui, alors qu’elle est sortie d’Ebola, pour leur dire : Ayez espoir. Et bien oui, ayons espoir, faisons en sorte que l’espoir soit possible. Son courage, c’est un exemple pour nous tous. Parce qu’il y a une vie aussi après Ebola et qu’il conviendra de mettre en place toutes les structures sanitaires, toutes les vigilances indispensables, tous les vaccins pour qu’il n’y ait plus d’Ebola en Afrique, pour qu’il n’y ait plus d’Ebola nulle part au monde. Et c’est là que nous devons aussi réfléchir aux liens entre les maladies et les changements climatiques. C’est aussi à cause de la déforestation que la maladie a pu trouver les capacités pour se développer. Lutter contre le changement climatique, j’y reviendrai, c’est parfois lutter aussi contre les maladies.

La francophonie, c’est un programme, ce n’est pas simplement une organisation. Ce programme doit être celui de l’éducation, de la formation des jeunes et notamment des jeunes filles puisque c’est aujourd’hui la priorité que se donne notre organisation.

Les femmes sont les leviers du développement, elles doivent donc pleinement accéder au processus productif, à l’emploi. Les femmes, elles ne doivent plus être soumises à des pratiques qui sont contraires à leur dignité et j’allais dire aussi, à la nôtre. Les mariages forcés, les retraits de l’école, les mutilations sexuelles. Tout cela n’a pas sa place dans l’espace francophone, ni nulle part ailleurs dans le monde.

L’Afrique, c’est un continent d’avenir, chacun en convient. Mais elle n’attend pas uniquement de l’aide. L’Afrique, elle attend des investissements, elle attend des entrepreneurs, elle attend aussi de la technologie. L’Afrique, elle a plein de talents en son sein, elle a plein de jeunes qui ne demandent qu’à participer à la mondialisation. L’Afrique, c’est le grand enjeu de la croissance, non pas simplement pour le continent lui-même, mais pour le monde entier.

Tous les francophones, ici, doivent être pleinement engagés dans la mutation de ce continent, c’est une chance pour nous tous. La France y prend encore sa part. Mais la France ne demande aucun privilège en Afrique. Elle ne demande qu’à être mise en concurrence chaque fois qu’il est possible, lorsque ses entreprises sont disponibles pour accéder à un certain nombre de marchés.

Et je dis aux entreprises françaises : venez en Afrique, vous y êtes, mais soyez les meilleures pour servir les intérêts de l’Afrique et les intérêts de ceux qui travaillent pour l’Afrique.

La France considère que la francophonie peut avoir une « nouvelle frontière », la frontière économique. Que nous pouvons ensemble partager la culture, faire venir davantage de créateurs partout dans l’espace francophone, qu’il s’agisse de cinéma, de théâtre, de tous les arts, de toute la création partout dans l’espace francophone. Nouvelles frontières aussi pour le tourisme, pour le numérique, pour la santé, pour la recherche et même pour la finance. Il n’y a aucune raison que nous ne soyons pas aussi dans l’espace francophone, capables de développer de nouveaux instruments financiers au service du développement.

Le développement, j’y reviens. Le développement, pour les francophones doit être un développement durable qui préserve la planète.

En décembre 2015, Paris va accueillir la Conférence sur le climat. Le monde a rendez-vous avec lui-même. Et ce n’est pas toujours un rendez-vous facile à honorer. Parce qu’il met en cause la responsabilité de notre génération. Nous devons trouver à Paris, l’année prochaine, un accord global pour lutter contre le réchauffement climatique et pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Cet accord global doit être contraignant, pays par pays, en tenant compte des niveaux de développement.

Pour permettre à des pays fragiles, à des pays émergents de pouvoir eux-mêmes assurer la transition énergétique, il a été décidé, et j’en remercie le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon, de créer un fonds, le « Fonds Vert ». Et moi, je jugerai les Etats à la mesure de la contribution qu’ils feront à ce Fonds Vert. J’ai commencé par prendre la décision que la France allait attribuer un milliard de dollars au Fonds Vert. L’Allemagne en a fait tout autant. Les Etats-Unis, la Chine, le Japon, d’autres pays se sont engagés et à l’heure actuelle, le Fonds est doté de 10 milliards de dollars, mais nous devons aller encore plus loin. Je lance un appel, ici, à tous les chefs de Gouvernement, tous les chefs d’Etat et notamment les plus riches d’entre eux. Au titre de leur pays, je veux qu’ils puissent eux aussi contribuer au développement de ce Fonds Vert.

L’aventure humaine nous a été rappelée, elle a commencé ici en Afrique, il y a plus de sept millions d’années.

Avec TOUMAÏ qui est un symbole, c’est « l’espoir de vie » en langue gorane, a commencé à briller une lumière, celle de l’humanité. Et puis il y a eu ce long développement, cette longue marche, ce long chemin que l’humanité a emprunté, jusqu’à aujourd’hui.

Nous n’avons pas le droit, par indifférence, par aveuglement, par égoïsme, de laisser éteindre cette lumière. Les francophones, toujours eux, ont une responsabilité. Pourquoi nous ? Parce que nous sommes dépositaires d’une langue qui nous a appris tout le sens d’un mot, un beau mot de la langue française du dictionnaire qui s’appelle « transmission ». Parce que nous sommes des héritiers, des héritiers d’une tradition qui est celle de la culture et de l’humanisme. Parce que nous avons une conscience, nous qui portons une langue qui est celle des droits, des droits de l’être humain et donc de l’humanité.

Nous sommes plus conscients que d’autres de la fragilité de la planète et des risques pour l’unité du monde que serait le réchauffement climatique en termes de catastrophes, de crises et de guerres. Parce que nous avons choisi la jeunesse comme première priorité et c’est notre devoir de faire en sorte que les générations suivantes puissent vivre mieux que nous dans un espace que nous aurons pu protéger.

La francophonie doit ouvrir, écrire même une plate-forme pour la lutte contre le réchauffement climatique. Ici à Dakar, nous rassembler, chefs d’Etats, chefs de Gouvernements, ministres de la francophonie. Nous devons commencer la mobilisation vers la Conférence de Paris. Nous avons un an pour convaincre le monde entier, un an pour vaincre le scepticisme, le fatalisme, la résignation. La francophonie doit toujours être en avance sur le reste du monde. D’abord parce que nous l’avons en héritage de ce monde, parce que nous avons l’ambition, nous les francophones, plus que d’autres, nous avons l’ambition de changer le monde en français. Changeons le monde ensemble.

Merci.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:23

Entreprise et Développement Economique

Par : Ange Marie MALANDA

compta.jpgDans le cadre du progrès économique et social au Congo Brazzaville, nous devons mettre au cœur de notre stratégie économique l’entreprise, qui est au cœur du développement économique.

Nous devons mener une réflexion approfondie sur l’entreprise qui doit être considérée comme une institution à part entière susceptible de contribuer à la résorption du chômage des jeunes, au bien être individuel et collectif grâce à la redistribution équitable des revenus, et de répondre en dehors de la puissance publique à l’intérêt général.

Etant donné, que notre pays évolue dans un système capitaliste de libre échange, nous devons reconnaître que l’entreprise est le cœur du système capitaliste, parce qu’elle constitue le lieu de la création de la richesse.

L’entreprise régule le partage entre la valeur ajoutée, le travail, le capital et les prélèvements socio fiscaux qui financent les services publics. Le Congo Brazzaville étant une économie de rente méconnait le rôle de l’entreprise, en tant vecteur de développement économique.

Dans les pays qui veulent réussir ; on est conscient que l’entreprise est au cœur de la modernisation de l’appareil productif. L’histoire économique nous enseigne, que l’entreprise est associée à la révolution industrielle, à la montée du salariat, à la consommation et la production de masse en favorisant l’avènement de l’Etat providentiel.

De nos jours, on sait que ce sont les groupes multinationaux opérant sur plusieurs plateformes à travers le monde qui structurent la mondialisation. Il n’est de secret pour personne, que l’entreprise sert de laboratoire aux innovations technologiques, mais avant tout à l’organisation du travail, des normes sociales, des modes de gouvernance. L’entreprise est aussi ce signal d’alerte des crises, à travers les faillites mais aussi d’ajustement brutal de l’investissement et de l’emploi, comme des changements ou adaptation du système capitalisme.

Les grands courants de la pensée économiques n’accordent pas à l’entreprise, la place qu’elle mérite en tant qu’outil de développement économique. Pour les marxistes, elle se résume à l’exploitation de l’Homme par l’Homme, exploitation du travail de l’ouvrier par le capitaliste qui s’accapare de la plus value. Chez les keynésiens, elle se confond avec l’équilibre du sous emploi, et pour les libéraux, c’est une machine à maximiser le profit.

Il est juste temps de réguler les marchés et de reconnaître l’entreprise en tant qu’institution à part entière. C’est donc une institution qui détermine la création et la répartition de la richesse et participe au bien être collectif. Ainsi, celle-ci doit être protégée par des mesures réglementaires avec une stratégie de long terme et soumise à la responsabilité qui s’applique à elle-même mais aussi à ses partenaires.

Dans le système capitaliste, l’entreprise est la clé de la croissance, de l’emploi et de l’innovation, et donc de la puissance de l’Etat. Nous devons conduire notre pays à un système économiquement, socialement, écologiquement juste et responsable.

C’est dans cette optique, que la puissance publique doit intervenir efficacement en tant que responsable du bien être national. On ferait en sorte d’atténuer la concentration des pouvoirs entre les mains des dirigeants, la dilution des responsabilités et des fluctuations.

Ainsi la gouvernance d’entreprise intégrerait des mécanismes de contre-pouvoirs internes et une représentativité des parties prenantes dans le processus de décision. Les administrateurs de ces structures doivent être indépendants et compétents, en prenant en compte l’éthique, l’intérêt social de l’entreprise et les enjeux de développement à long terme.

L’entreprise est destinée à jouer un rôle central dans la stratégie d’insertion dans l’international en faisant en sortes, que nous puissions conquérir les parts de marché. Elle est le paramètre de l’ouverture de notre pays vers l’extérieur.

La mondialisation doit être considérée comme une compétition visant d’accéder aux ressources rares à la conquête des marchés, à l’attraction des capitaux, des savants et talents. Le travail est donc au cœur des gains de productivité dans une économie de la connaissance et services à haute valeur ajoutée. 

L’innovation, la qualité du capital humain, et la conquête des marchés sont des préalables pour gagner les nouvelles classes moyennes, qui sont pour notre pays l’essence même de la croissance et de l’emploi.

La revitalisation du secteur productif national pour notre insertion dans l’arène internationale dans le respect d’une structure diversifiée, avec la maîtrise des couts de production, les infrastructures fiables et des règles claires et transparentes constitue l’unique alternative pour arrimer définitivement notre pays au progrès.

Notre pays doit reprendre en main son secteur productif, en mettant le paquet dans l’agriculture, l’industrie et les services, tout en développant nos sources d’énergie, en construisant des voies de communications modernes et des industries tournées vers le futur.

N’oublions jamais, que la compétitivité d’un pays ne dépend pas du meilleur code d’investissement, mais elle vient de la qualité des équipements physique, la qualité de la main d’œuvre ; et surtout les couts de revient (production) faibles. 

Ainsi nous avons la pressante obligation de transformer la rente pétrolière en force productive. L’entreprise et la puissance publique travailleront la main dans la main pour faire de notre pays un succès en matière économique et sociale.

L’objectif est de revitaliser le secteur productif, et de conquérir sans cesse des parts de marché à l’exportation en misant sur nos points forts. Cependant, il nous faut agir pour créer les capacités d’innovation, exploiter méthodiquement nos ressources énergétiques, matérielles, humaines, et nos matières premières.

Dans la rédemption économique sous fond de mondialisation, nous devons comprendre, que la compétitivité est globale. Elle suppose des efforts de productivité dans tous les secteurs de l’économie, y compris les services de l’Etat. Elle signifie que toutes les forces vives se mobilisent pour faire réussir l’entrepreneuriat dans notre pays.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 16:44

Lettre du Continent

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 12:42

« J’ai été victime d’abus de pouvoir »

luvuentendu.jpgInternaute s’étant rendu célèbre dans les milieux congolais de la diaspora et du pays, Patrick Eric Mampouya a subi une perquisition et une garde à vue, jeudi 16 octobre 2014, dans une affaire l’opposant à Guy-Milex Mbonzi, éditeur de presse. Réagissant à l’information publiée dans La Semaine Africaine, dans l’édition du mardi 16 octobre dernier, dans la rubrique « coup d’œil en biais », il a fait savoir à la rédaction qu’il a été « victime d’un abus de pouvoir et ne reconnaît pas avoir détourné un quelconque bien appartenant à Guy-Milex Mbonzi ». Interview !


*Monsieur Mampouya, qu’est-ce qui vous amène à la rédaction de La Semaine Africaine ?

  **J’ai tenu à rencontrer le directeur de publication, à la suite de l’information publiée dans La Semaine Africaine concernant la mésaventure que j’ai vécue jeudi 16 octobre 2014. J’ai tenu, en effet, à rétablir les faits, car ce qui a été dit dans le journal n’est qu’une manipulation.

 

*Que s’est-il passé alors ?

** Tout d’abord, je tiens à souligner que j’étais, pour Guy-Milex Mbondzi, un grand soutien financier et il me doit encore de l’argent malgré ses dénégations.

Quand j’ai constaté qu’il se mettait à publier dans son journal, «La Voix du Peuple», puis «La Trompette», des articles diffamatoires et insultants contre des personnalités dont je suis proche et que je respecte, j’ai décidé de couper toutes relations avec lui.

Un vrai journaliste mène des enquêtes, un vrai journaliste fait des analyses, un vrai journaliste fait des recoupements avant de livrer les informations à ses lecteurs, je déteste les journalistes alimentaires.

Bien avant mon départ pour la France j’avais donc coupé toutes relations avec ce dernier au point de ne plus lui serrer la main.

Après un séjour de deux mois en France, le jeune Arold Gatien Samba, qui anime le site Brazza-News, m’a confié un colis contenant un costume d’une valeur de 29 euros dont la veste a même des trous, et un appareil de mise en forme sexuelle pour les hommes d’une valeur de 15 euros, à remettre à un ami à Brazzaville.

Il s’avère que l’ami dont il parlait est une personnalité politique qui est aussi un grand ami à moi. Je n’avais pas du tout accepté que cet ami s’abaisse à ce niveau (se faire offrir des objets ignobles).

Quand je suis arrivé à Brazzaville, j’ai découvert que le colis était plutôt destiné à Guy-Milex Mbonzi, qui est le collaborateur de Arold Gatien Samba, et là, je n’ai pas du tout apprécié d’avoir été manipulé.

J’ai alors décidé de ramener le colis à Paris dans deux mois pour le remettre à son expéditeur afin qu’il trouve un autre moyen de l’expédier.

Malgré les nombreux envoyés de Guy-Milex Mbonzi qui me demandaient de remettre le colis, j’avais décidé de le ramener en France. C’est alors qu’il s’est décidé d’en faire un problème d’honneur et de me faire mordre la poussière pour me montrer qu’il a des relations au sein de la police.

 

* Qu’a-t-il fait alors ?

** Il a demandé à un officier de police, un commandant, de me régler mon compte. Après que Guy-Milex Mbonzi ait désigné l’emplacement de mon domicile et de mon bureau aux agents de la police, le commandant a envoyé quatre policiers lourdement armés perquisitionner mon domicile et mon bureau à 5h du matin, puis m’interpeller.

Pendant la perquisition, ils ont pris toutes mes cartes de visite et des documents. Ils m’ont pris dans leur Toyota B.J, dans la cabine, jusqu’à mon bureau où ils m’ont demandé d’ouvrir mon ordinateur.

Je croyais franchement que j’étais interpellé pour une histoire politique. Ensuite, j’ai été abandonné au commissariat central de police, assis à l’entrée de la cellule de garde à vue. C’est vers 11h qu’on m’a emmené chez un inspecteur qui s’est mis à m’interroger après avoir scruté avec une attention particulière tous mes documents et toutes les cartes de visites en ma possession.

Jusque-là, je ne savais pas pourquoi j’avais été interpellé. Après, on m’a conduit chez le commandant, qui m’a demandé de restituer le colis contenant le vieux costume fatigué d’une valeur de 29 euros et l’élargisseur de pénis d’une valeur de 15 euros à Guy-Milex Mbondzi.

"Je suis tombé des nues! C’est pour ça qu’on m’a interpellé, qu’on a perquisitionné mon domicile et mon bureau à 5H00 du matin" ? Me suis-je exclamé.

J’ai répondu au commandant que j’avais décidé de ne pas remettre le colis, mais de le ramener à son expéditeur quand je serais de retour en France.

Le commandant qui visiblement voulait faire plaisir à son indicateur Guy-Milex Mbonzi s’est énervé et m’a fait placé dans la cellule de détention. Je suis resté près de 4 heures assis sur le sol dans la salle commune des prisonniers du commissariat central de Brazzaville.

Je suis triste et malheureux de m’être fait avoir par un minable assoiffé d’argent que j’ai soutenu financièrement dans le passé au nom de la cause.

Pendant que j’étais dans la geôle du commissariat central de Brazzaville, Guy-Milex Mbonzi jouait l’intéressant en se pavanant dans les bureaux des inspecteurs et du commissaire tout en distribuant ça et là des billets d’argent pour encourager et remercier les inspecteur de police.

C’était son heure de gloire, le torse bombé, la tête haute, il buvait du petit lait en répétant à qui voulait l’entendre qu’il avait pu terrassé Patrick Eric Mampouya. Finalement, à la suite des pressions sur mon frère-cadet pendant que j’étais en cellule, celui-ci a remis le colis au commissaire pendant que Guy-Milex Mbonzi se pavanait d’orgueil dans le bureau du commandant.

C'est incroyable c'est une histoire triste. Dans notre pays n'importe quel niama-niama peut tuer ou faire du mal à quelqu'un par les services de police.

On m’a libéré vers 17h30.

 

* Vous avez parlé d’abus de pouvoir, pourquoi ?

** Toute cette affaire a été manigancée par Guy-Milex Mbondzi, qui était dans le bureau du commandant, puisqu’il s’est mis à remercier les inspecteurs de police avec des billets de banque, après mon interpellation.

On est en droit de se demander comment et pourquoi un individu, fut-il indicateur de police, peut se permettre d’instrumentaliser un officier de police, son équipe et toute une institution comme la Police Nationale, sommes-nous dans une République ? Y-a-t-il un Etat au Congo ?

Les policiers qui sont venus perquisitionner chez moi n’avaient pas de mandat de perquisition délivré par un juge. J’ai été arrêté et séquestré arbitrairement alors qu’une simple convocation aurait suffit pour m’entendre sur les faits.

L’officier traitant de notre indicateur de police qui se fait passer pour le meilleur journaliste du Congo à ordonner une perquisition à mon domicile et à mon bureau, il a mené l’enquête, il a décidé de mon incarcération donc de ma condamnation sans aucun respect des procédures pour ce genre d’affaire et tout cela pour faire plaisir à son indicateur.

La police congolaise a vraiment des problèmes avec les règles et les lois, il ne suffit pas de numéroter les tenues des agents de la police routière. Comment un corps de métier qui est censé faire appliquer et faire respecter les lois et les règles de la République se met en position d’illégalité.

C’est toujours bien de respecter les règles et les lois surtout en République. Ce qui m’est arrivé est inacceptable dans un pays de droit. Si l’institution policière et tous ses agents veulent être respecté, alors ils doivent montrer l’exemple et respecté les règles et les lois de notre pays.

Tout ça, c’est illégal.

C’est pourquoi j’ai voulu rétablir les faits, dans votre journal.

Patrick Eric Mampouya

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 17:08

POUVOIR D’ACHAT ET INSTRUCTION AU CONGO BRAZZAVILLE.

Par Ange Marie MALANDA

03Dans un pays où plus de 75% des habitants n’ont pas de pouvoir d’achat, payer la formation des jeunes pour construire le développement est une aberration. Les dirigeants Congolais sont tous dans la plupart des cas filles ou fils de paysans en commençant par le premier magistrat lui-même.

Si le colon avait imposé la marchandisation de l’école, c’est sur et certain, que ces grandes dames et grands messieurs qui font ployer les populations congolaises dans la misère continueraient à vivre sans formation dans la luxuriante forêt comme l’étaient nos grands parents.

La gratitude, l’éthique et le sens du devoir exigent que l’on garantisse la gratuité de l’enseignement au Congo Brazzaville, tout en renforçant l’enseignement technique et professionnel capable de faire coïncider l’adéquation entre formation et emploi. Penser en amont pour insérer nos jeunes ; parce que les populations ont soit un pouvoir d’achat trop faible ou ils n’en ont pas carrément.

Ceux qui sont propriétaires de ces écoles privées ont été bien nourris, entretenus, comblés gâtés, et choyés par l’Etat, depuis l’époque coloniale jusqu’à ce qu’au moment où ils se maintiennent au pouvoir par la terreur des armes sophistiquées acquises dans les pays du bloc soviétique pour mater toute opposition interne, au lieu d’investir dans l’instruction des nos enfants, l’alphabétisation en milieu rural et la formation de nos cadres et scientifique.

Ce sont les mêmes qui maintenant s’accrochent au pouvoir ; d’ailleurs de nos jours, ils ont monopolisé, caporalisé et confisqué l’Etat pour assouvir leur avidité, cupidité. Quand un pays veut s’en sortir, il doit mettre le paquet sur la formation des ressources humaines qui devront être capable de relever les nombreux défis en matière de développement, en commençant préalablement par évaluer, mesurer, sonder, cibler et répondre aux besoins réels de notre processus de développement grâce à la qualité exceptionnelle de la formation de nos jeunes.

D’ailleurs au lieu de créer les grandes écoles d’ingénieurs à même de promouvoir le savoir faire dans l’agriculture, en électricité, la charpente, la construction mécanique, l’électronique, l’eau, le transport, la santé, les biotechnologies, la sylviculture et la pharmacopées ainsi que dans les sciences et techniques avancées qui sont susceptibles d’accroître la compétence, l’excellence, et l’efficience de nos cadres, les médiocres autorités de notre pays ont choisi d’investir dans les industries qui détruisent, tuent et annihilent la vie, notamment dans les armes.

Le développement de notre beau, fier et dynamique Congo Brazzaville n’a pas besoin de militarisme, il exige une large dose d’humanisme, qui impacterait positivement les secteurs de l’hygiène, de la santé, de la nutrition, de la formation, du logement, d’adduction d’eau potable, d’électricité et surtout de l’épanouissement de l’humain en mettant l’accent dans les valeurs d’amour de la patrie, la joie de bâtir le Congo Brazzaville dans l’honnêteté, la bonté, la bienveillance, la foi de réussir en vue de faire de notre pays un paradis par le travail, maîtriser nos processus en sachant être soi même sans se laisser aller à la corruption.

Telles sont les valeurs que l’humanisme prône en voyant dans le prochain soi même. Le Congo Brazzaville doit arrêter d’investir les sommes gigantesques dans l’achat des armes de destruction massives, pour réorienter les investissements vers les secteurs d’activités qui prorogent, amplifient et perpétuent la vie.

Voilà pourquoi, notre pays a la pressante obligation d’investir dans le capital humain qui exige l’accumulation des connaissances, qui viendrait consolider et soutenir notre secteur productif permettant chaque jour à notre cher beau pays de sortir de la trappe à pauvreté.

Les savants et inventeurs noirs que nous connaissons ont souvent eu une formation minimale efficace de savoir pour mettre en œuvre toutes les inventions, que nous devons à nos imminents inventeurs qui contredisent les thèses fallacieuses et fantaisistes qui disent que l’Homme noir n’a rien apporté à la civilisation.

Nous rendons un vibrant hommage à Yves Antoine pour son ouvrage intitulé inventeurs et savants noirs, que l’on doit d’ailleurs distribuer gratuitement à tout élève Congolais afin qu’il sache que c’est Edmond ALBIUS, qui a permis la pollinisation de la vanille (noir réunionnais), Morgan est inventeur du système de feu sur les artères de toutes les grandes avenues du monde ainsi que du masque à gaz (inventeurs Afro Américains) etc...

Ce qui est vrai, de nos jours, les inventions sont l’œuvre des équipes de chercheurs qui travaillent dans les grands laboratoires ayant une compétence scientifique efficiente ; c’est à la puissance publique d’encourager, de soutenir, de stimuler et d’amplifier la recherche scientifique en lui apportant les moyens qu’il faut, en vue d’apporter les solutions innovantes à nos problèmes de développement, d’environnement et même de santé.

En attendant, on se doit de soutenir la recherche agronomique, le développement des produits agricoles plus productifs et hyper résistants aux maladies. En outre, on organiserait alors des salons des inventeurs, des journées d’innovation technologiques et des forums scientifiques permettant de promouvoir, d’encourager et de valoriser l’inventivité, la créativité et l’innovation.

Dans un pays qui nous fascine, et qui nous inspire, nous avons dit la France ; celle-ci consacre au moins 3% de son Produit Intérieur Brut à la recherche scientifique en apportant son concours à travers les subventions, aides et crédits impôts aux grandes institutions de la recherche.

On voit que les chercheurs Français ont des trouvailles en médecine grâce à l’Institut National de Sciences et de recherches médicales (INSERM), avec des progrès notoire sur le génome humain, le Centre National de Recherches Scientifique (CNRS), et l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA). Sans compter les autres instituts parapublics qui font aussi des prouesses en matière pharmaceutique, médicinales et même génétique.

Les résultats de la recherche scientifique fait le bonheur de tous. Les pouvoirs publics doivent protéger les inventeurs et stimuler ceux-ci en leur accordant certaines rentes de monopoles limités dans le temps.

Pour notre pays, qui est dirigé par les filles et fils de paysans qui ont joui par le bon sens des colonisateurs des mesures de justice sociale, la gratitude doit pousser nos ainés à promouvoir plus de justice sociale au cœur de la politique éducative en finançant les infrastructures scolaires (salles de classe, laboratoires, approvisionnement régulière des centres d’informations et de documentations), en améliorant la qualité de vie des enseignants ainsi que leurs traitements, ainsi que l’octroi des bourses aux jeunes les plus démunis, tout en instituant les bourses de mérites pour les élèves qui excellent, sans oublier que quiconque effectue ses études à l’étranger doit bénéficier de la bourse de l’Etat.

On ne comprend pas pourquoi nos aînés, qui dirigent le pays, sinon qui font parti de la classe politique depuis les premières lueurs de l’indépendance politique qui se limite au drapeau, à l’hymne national et aux équipes nationales, qui sont dans la plupart des cas, fils de paysans, ont choisi de détruire le concept de l’égalité des chances qui a fait d’eux des chefs d’Etats, Ministres, anciens Ministres, députés, sénateurs ou administrateurs, en promouvant la marchandisation de l’école.

Comment voulez vous qu’un fils du paysan de la cuvette ouest, de la cuvette centrale, de la Lékoumou, du Niari, ou du fin fonds de la Likouala devienne demain médecin ? Ingénieurs ? Ou experts comptables ? Si ses parents n’ont pas de revenus pour supporter ses études en occident ou à Brazzaville ?

Hier, ce problème ne se posait point, puisque l’Etat hérité de la période coloniale octroyait la bourse pour tous, il n y avait que des écoles publiques ou confessionnelles qui recevaient tout le monde. Aujourd’hui avec le droit de cuissage, la corruption et le trafic d’influence, il est difficile avec cette marchandisation que le fils du paysan de la Sangha réussisse, surtout si les parents sont dépourvus des moyens.

Ces gens qui ont toujours été à la charge du budget de l’Etat Congolais, qui sont devenus, ce qu’ils sont grâce à l’égalité de chance, puissent-ils opter de maintenir la majorité des congolais dans l’ignorance parce qu’ils vivent dans l’arrière pays relève de la méchanceté, l’égoïsme et la mauvaise foi.

Promouvoir le développement personnel et collectif, la croissance, l’employabilité, l’égalité des chances et la cohésion sociale sont des enjeux qui doivent guider la politique éducative pour un pays qui souhaite parvenir à l’émergence économique. Il est donc nécessaire d’intégrer les modes contemporains d’acquisition de connaissances, plus rapides et efficaces capables d’opérer sur les transformations structurelles visant à améliorer la performance de notre appareil productif.

L’écrivain et penseur Français Victor Hugo disait « ouvrir une école, c’est fermer une prison », ceci veut dire que l’école est un investissement, mais jamais un coût.

C’est ainsi que nous devons anticiper les avenirs possibles que de sanctuariser des formations dépassées, raisonner l’éducation tout au long de la vie, plutôt que de la cantonner dans une tranche d’âge, l’objectif est de former les enseignants afin qu’ils ne soient pas seulement le donneur des référentiels mais qu’ils soient surtout des pédagogues, c'est-à-dire, qu’ils conduisent, accompagnent et relient l’élève au réel.

La politique éducative doit être élaborée à partir de la demande en besoin de formation. Une manière d’assumer et d’assurer en toute connaissance de cause après évaluation la corrélation formation emploi.

Nous pensons que dans un pays rentier comme le Congo Brazzaville, où plus de 68% des sujets n’ont pas un pouvoir d’achat digne de ce nom, instituer l’enseignement privé, marchand et lucratif est une erreur, du simple fait, qu’il va amplifier la corruption, le droit de cuissage et toute sorte de trafic d’influence sans prendre en compte une forme de pédocriminalité qui ne dit pas son nom. D’où nous sommes favorables que partout au Congo Brazzaville fasse place à l’enseignement confessionnel et public, en faisant en sorte de fermer toutes les écoles privées qui sont au cœur même de la marchandisation du système éducatif Congolais. Il faut dans le même temps sanctionner avec toute vigueur tout comportement déviant allant vers le droit de cuissage, la corruption et les trafics d’influence.

Voilà pourquoi, il serait nécessaire que soit revu à la hausse le traitement des enseignants tant dans le primaire, le secondaire et l’enseignement professionnel. On fera rimer carotte et fouet. Tous les enseignants qui se laisseront entrainer par toutes sortes de déviances seront châtiés sans pitié, cela nous éviterait la pédocriminalité, la corruption et le droit de cuissage.

Ayant évoqué le système éducatif qui est caractérisé par l’égoïsme de nos aînés, avec des professeurs démotivés parce que mal rémunéré, se voyant de la sorte obligé de se laisser séduire par la corruption et prendre une revanche sur le droit de cuissage d’une part, et nos responsables politico administratives, officiers généraux, supérieurs et subalternes ayant habitués les enfants au parasitisme et à la facilité usent du trafic d’influence pour que leurs enfants obtiennent ou s’admettent sans savoir maîtriser les pré requis pour accéder au niveau supérieur.

Nous nous engagerons à faire des propositions susceptibles de favoriser non pas seulement l’égalité des chances, mais nous intégrerons les possibilités qui permettront de former les femmes et les hommes aptes de relever les défis technologiques et économiques qui se posent à nous de manière à léguer à nos petits enfants un pays dignes, dynamique, unis et prospère, où chacun puisse s’épanouir et ne soit pas intimider face au lendemain parce que nous souhaitons réhabiliter la méritocratie, le goût de l’effort et surtout l’excellence à tous les niveaux.

Il s’agit avant tout de fermer toutes ces écoles privées qui ne répondent pas aux normes requises, de favoriser l’enseignement techniques et professionnelles en adéquation avec nos besoins économiques, l’insertion des jeunes, la révision des programmes et enfin le système universitaire.

Il s’agit avant tout de refonder la carte scolaire et universitaire, lancer la recherche scientifique et technique sur l’ensemble du territoire national en intégrant les avantages comparatifs de chaque région du pays de manière à hisser le niveau de vie d’instruction de nos populations, tout en améliorant leur qualité de vie.

Cette carte scolaire doit aller dans le sens de la décentralisation en dotant chaque chef lieu d’un grand lycée technique, une grande école forestière ou agricole, des centres de formation continue, des centres formation professionnels basés sur l’apprentissage avec moins de théorie mais un meilleur enseignement du Français, de l’arithmétique, du droit de travail, de l’anglais et de la bureautique de manière à ce qu’ils soient aptes pour s’adapter aux mutations technologiques qu’imposent cette mondialisation.

Autrement, on mettrait l’accent sur l’enseignement des disciplines spécialisées et de pointe. Un futur carreleur n’a pas besoin de biologie, d’histoire ou de philosophie, mais pour ses devis, il doit savoir calculer, rédiger un rapport, ou converser avec un investisseur étranger probablement en anglais. Donc l’utilité oblige que l’on enseigne à ce jeune apprenant ou apprentis, ce qui lui sera vraiment nécessaire dans le cadre de sa future profession. 

Pour un pays qui a excellé dans la scolarisation de ses enfants, l’alphabétisation des ruraux, et la formation des cadres et scientifiques, il n’est pas sérieux que nous n’ayons qu’une seule université dans le pays. Notre pays sans effort d’assainissement des financements publics a vu ses recettes publiques s’accroître grâce à la flambée des cours du baril. Donc nous disposons des moyens pour construire des universités, des grands instituts professionnalisés, des grandes écoles et centres de recherches scientifiques et technologiques sur l’ensemble du territoire national.

Au lieu de prêter des centaines de milliards de CFA, à certains Etats Africains, on aurait mieux fait d’investir dans l’accumulation du capital humain, en construisant donc des infrastructures scolaires, en octroyant les bourses aux enfants des familles vraiment démunis. Du point de vue des infrastructures scolaires, nous sommes favorables aux complexes scolaires qui engloberaient maternelle, primaire, et secondaire dans le même espace pour les besoins de proximités et de pouvoir d’achat.

Le pouvoir d’achat étant très mal diffusé au Congo Brazzaville, avec 85 % de la population vivant avec moins d’un euro cinquante par jours, continuer avec les écoles privées qui se sont toutes lancées dans la marchandisation de la formation des cadres, à notre niveau est aberrant.

Nous sommes favorable à l’enseignement confessionnel avec toutes ces valeurs dispensées par les églises comme les catholiques, les salutistes, protestants ou même Kibanguistes, mais le reste de écoles privées qui pour gagner et capter une rente vis-à-vis de la concurrence favorisent les fuites de matières en enfermant les élèves de manières à obtenir des résultats alléchants doivent être simplement et carrément fermés, surtout, qu’elles ne répondent pas aux normes structurelles pour l’épanouissement des jeunes.

Dans la cour de l’école pilote du 31 décembre 1969, où il n y a qu’un bâtiment, on peut construire encore 5 grands édifices avec les classes allant du CP à la terminale, en faisant en sorte que les élèves vivant à l’OCH, dans les quartiers 43, 44 et 45 aillent à l’école non loin de chez eux, tout simplement, parce que cela permettrait aux parents d’économiser les frais de transports qui grèvent les budgets des parents qui eux même sont sous payés et finissent par se patouiller contre leur gré au-delà de l’honnêteté dans la magouille, la sinécure, la concussion et la corruption, parfois jusqu’en détruisant leur outil de travail.

Les écoles plateaux de 15ans, les écoles de Filles, Jean D’arc près de la Cathédrale sacré cœur, Lycée du drapeau rouge (Chaminade) et le Lycée Patrick Emery LUMUMBA chez les sœurs de JAVOUEH, une fois agrandit peuvent recevoir les élèves venant de Poto-Poto, Moungali et une partie de Bacongo, tout comme le collège Angola libre, L’école de l’amitié et le Lycée de Pierre SAVORGNAN de BRAZZA, les jeunes venant de Bacongo, une partie de Makélékelé.

Entre Kintsana, Madibou et le secteur du djoué, on peut trouver un grand espace pour ériger un grand complexe scolaire qui recevrait les jeunes élèves venant de Ganga Lingolo, Mashisha, M’bono et tous ces quartiers de l’arrondissement 8.

Dans chaque arrondissement de Brazzaville, Pointe Noire, Ouesso, Nkayi et Dolisie, on doit avoir un collège agricole, un centre de formation professionnel englobant (collèges techniques, lycées techniques, centres de formation agricoles, et sections BTS). L’objectif étant de dégrever le pouvoir d’achat des parents en ce sens que nous réduirons les dépenses de transports scolaires, du simple fait que les enfants prendront les cours tout près de chez eux. Force est de constater, que nous ne serons terminer ce travail sans prendre en compte la sphère des études post secondaires.

Il s’agit d’essaimer à travers tout le territoire national des universités, des instituts de professionnalisation, tout comme les grandes écoles supérieurs et autres centres d’études spécialisées en tenant compte des spécificités, dynamiques et potentialités de chacune de nos régions. Il est nécessaire de développer la professionnalisation des enseignements et l’ouverture des nouvelles filières de formations qui répondent aux besoins présents et futurs de notre économie. L’université a pour mission l’enseignement, la recherche et l’appui au processus de développement.

On créerait au sein de grandes agglomérations des centres d’études supérieurs, des instituts et grandes écoles spécialisées qui contribueraient à désenclaver nos terroirs en fournissant à nos branches économiques compétences requises dans le perfectionnement, l’expansion et la consolidation de notre appareil productif.

Le système éducatif doit promouvoir le développement personnel et collectif, la croissance, l’employabilité, l’égalité des chances et la cohésion sociale dans nos localités. Ainsi à titre d’exemple, on pourrait ériger une grande université à pointe noire, tout comme un centre de formation et de perfectionnement aux métiers de la mer (pêche, biologie marine, et transport maritime...), à Ouesso impfondo, un institut de recherches forestières et sylvicoles, dans la Cuvette Plateau une université spécialisés dans la recherche aquatique, halieutique et des activités fluviales, dans le pool, un centre de recherche piscicole et d’élevage, dans la Bouenza (Mfouati Madingou), centre de recherches sur les poly métaux et à Dolisie une grande école agronomique et sylvicole etc...

La justice sociale doit influencer notre politique éducative en intégrant le pouvoir d’achat des parents, donc favoriser les écoles de proximités, tenir compte des potentialités, spécificités et dynamiques locales en créant les grands centres de formation avec le souci de consolider, de rendre performant et de conduire notre pays en s’appuyant sur toutes lés régions du pays vers le succès. Force est de constater, que tout est possible, si nous avons la foi en nous, nous ferons de notre pays un pays prospère, sécurisé et dynamique.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 10:57

La conscience d’un peuple : un outil primordial pour assurer le développement économique et social en Afrique !

Par José MASANGI

famille-africaineLes africains sont en général d'un naturel aimable et courtois. Le respect des amis, de la famille et de la communauté leur parait primordial. Les formules de politesse comme « S'il vous plaît » ou « Merci » sont peu utilisées au cours de leur conversation. Ils les estiment inutiles et préfèrent privilégier les actes à la parole. Comme disait l’auteur-compositeur-interprète français Daniel Balavoine : « Mettre du concret dans une action ».

Mais par contre, la notion de temps est particulièrement souple au congo comme sur le reste du continent et ne revêt pas la même importance que dans les sociétés occidentales. Ainsi, en lingala, il n'y a qu'un seul mot pour dire à la fois « hier et demain » : « lobi »; c'est le contexte qui explique clairement si l'on parle de la veille ou du lendemain.

En afrique où perdure une longue tradition d'hospitalité, rendre visite revêt une certaine importance ; la famille ou les amis ne fixent pas toujours un rendez-vous pour aller rendre visite à leurs proches. Ils peuvent débarquer à l’improviste, cela parait tout à fait normal et acceptable.

L'individualisme ne serait toléré que dans la mesure où il ne s'oppose pas aux besoins de cette communauté. Inspirés par un sentiment de solidarité naturelle, certains leaders africains pour attirer les investisseurs nationaux et internationaux affirment: « Nous savons mieux que quiconque qu'il y a place dans ce continent riche pour une rémunération honnête et justifiée du capital privé, mais à la condition que ce capital contribue effectivement au développement économique, à la promotion sociale de la population, et ne devienne pas une entrave dans la direction de l'Etat et à la réalisation de notre vocation à la liberté et à l'indépendance. ».

Voilà une pensée positive qui devrait interpeller tout le monde, aussi bien la population et les politiques africains que les partenaires étrangers. C’est comme si ces leaders politiques donnaient une leçon de morale à tous ceux qui spéculent et ne misent pas sur des véritables projets de développement. C’est comme s’ils disaient qu'ils devraient montrer l'exemple en mettant leur argent au service des entreprises plutôt que de le placer dans des paradis fiscaux. C’est comme s’ils avaient finalement une crainte que les capitaux étrangers n'entravent le fonctionnement de nos institutions publiques.

L'absence d’une meilleure alternance du pouvoir, d’une bonne organisation administrative, judiciaire et d’un code des investissements ne pourraient rassurer ni les investisseurs, ni les politiques eux-mêmes.

Au-delà de la solidarité naturelle africaine et de son hospitalité, malgré les bonnes intentions de vouloir changer de mentalité pour développer l'Afrique, il faut des actes concrets. Les autorités africaines doivent mettre sur pied une véritable politique de gestion des ressources humaines. Elles doivent pour cela, mettre en place des outils susceptibles de stimuler la croissance.

Les premiers outils, ce sont les hommes et les femmes. Quels que soient leurs domaines et compétences, ils doivent être placés au bon endroit et soutenus par des structures étatiques (l'administration publique et tout le système judiciaire).

Ce sont eux qui rapportent de l'argent sous forme d'impôts à l'état, et créent les emplois pour permettre à la population d'avoir des revenus.

Ce sont eux qui, grâce aux impôts qu'ils paient, permettent à l'état de garantir un minimum de bien-être à la population et financent les entreprises sous forme d'aide à l'investissement.

Ce sont eux qui transforment les richesses naturelles en produits finis. Ils jouent ainsi deux rôles majeures favorables à la croissance économique: - producteurs et consommateurs des biens et services.

Le second outil, c’est l'argent que l'état met à la disposition de tout entrepreneur, opérateur économique sous forme de crédit. Comment voulez-vous que les banques ne tombent pas en faillite, quand elles ne prêtent pas de l'argent à ceux ou celles qui en ont besoin pour stimuler la croissance.

Il est vrai que la plupart des gens ne disposent pas suffisamment de garantie pour mériter la confiance des banquiers. Mais l'état est-il prêt à se porter garant, dans certaines conditions, dans le cadre des structures d’aide à l’emploi qu'il pourrait mettre en place ?

Le troisième outil est la confiance réciproque que tout citoyen peut donner à l'autre. Il n'y a pas de mixité sociale relative en Afrique.

La distance qui sépare l'élite intellectuelle du reste de la population est double. Par sa position sociale et connaissance scientifique, l'élite se sent investi d'un pouvoir suprême que l'autre n'a pas. Elle a droit à une rémunération exorbitante et être craint ; l’appeler monsieur ou madame serait un manque de respect à son égard, il faut l’appeler « Excellence, Honorable, Professeur, Pasteur…).

Comment voulez-vous qu'il y ait une complicité entre le dirigeant et le dirigé ? Deux complexes de supériorité et d'infériorité s’affrontent et prennent des ramifications dans toute la société, avec comme conséquence majeure : le manque de confiance à nos institutions et aux dirigeants. La confiance est un élément fondamental dans les relations interhumaines et interentreprises.

Depuis les années 60 qui nous rappellent encore beaucoup de souvenirs (la colonisation, les indépendances, le temps où les routes étaient en bon état, le temps où il y avait des bonnes écoles, où l'administration publique assurait des services de qualité à la population), la communauté africaine attend de ceux qui ont pris la gestion de la chose publique, de le faire en bon père de famille.

La parole donnée est un autre outil qui implique les parties dans une relation de confiance et de sécurité, dans le respect des engagements. Très souvent, cet outil nous échappe. C'est facile de changer d'avis. On vit comme un caméléon, en épousant la couleur de l'environnement qui lui est proche : sa région d'origine. Et quand sa région d'origine devient hostile, on se rabat sur sa tribu, son clan et finalement sa famille, jusqu'au plus petit commun numérateur (soi-même).

La parole donnée est la règle d'or pour mériter le crédit du monde des affaires, politique ou du commun des mortels qui nous regarde.

La conscience d'un peuple est un outil primordial pour assurer son développement. Quand on détruit tout un hôpital qui hébergeait les malades, quand on saccage les magasins qui permettaient à la population de trouver à manger ou un emploi, quand on démolit toutes les infrastructures de l'état comme si demain on n'en aura plus besoin (…), on ne pourra jamais aspirer au développement.

Il est temps que les Africains prennent leur destin en main; les partenaires étrangers ne pourront qu'accompagner le processus déjà entamé, s'il y a des signes manifestes de changement réel de mentalité.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 15:17

luvuentendu.jpgQuelqu’un avait dit que chaque homme à deux pays, le sien propre et la France ; concernant le Congo Brazzaville il aurait dû dire : "chaque congolais à deux pays, la France et le Congo".

Jugez en vous même, la langue officielle du Congo Brazzaville est le français comme d’ailleurs dans la plupart des pays d’Afrique noir colonisés par la France. Ce choix avait été nécessaire pour contourner nous dit-on la difficulté des nombreux dialectes (plus de 200 dialectes dans certains pays), néanmoins, les autres pays donnent la part belle aux langues locales (le ouolof au Sénégal, le lingala en RDC, le swahili ailleurs etc.) ; au Congo Brazzaville il en ait tout autre.

Les congolais pensent et rêvent en français, les congolais éduquent leurs enfants en français, il n’est pas rare de rencontrer des enfants de 3 ans qui vous parlent un français impeccable alors qu’ils ne comprennent rien des dialectes de leurs parents. Au Congo Brazzaville même les analphabètes qui ne savent ni lire ni écrire et les villageois qui n’ont jamais été à l’école comprennent et parlent la langue de Molière. Etonnant non ?

La langue française est ici plus qu’ailleurs la langue de l’élite, alors il faut à tous prix donner sa chance aux enfants pour qu’ils entrent dans le triptyque congolais et ses symboles de réussites sociales (grosse maison, grosse voiture et grosse femme) même si par ailleurs des nombreuses études démontrent que les enfants apprennent mieux dans la langue de leurs parents.

Au Congo Brazzaville, bien parler la langue française même quand on ne sait pas l’écrire rime avec intelligence, ne souriez pas vous êtes dans le pays des paradoxes assumés. Ici on pousse le mimétisme jusqu’à parler français comme le français sinon mieux que le français lui-même ; c’est à dire sans accent.

Au Congo Brazzaville même les intellectuels qui détestent la France qu’ils accusent à tors de tous les maux pour masquer leurs irresponsabilités ont un rapport particulier, presque incestueux avec la langue française.

Il est bon de rappeler à tous ces intellectuels en mal de boucs émissaires, que selon l’OMC et la Banque Mondiale, le Congo Brazzaville participe à hauteur de 0,01% dans les échanges mondiaux alors que la Belgique toute seule participe à hauteur de 5% dans les échanges commerciaux de la planète ; ce qui met à mal la théorie des richesses congolaises qui seraient primordiaux pour la France car si le Congo Brazzaville arrivait à disparaître, la France trouverait certainement les moyens de prospérer encore et encore. La France n’a pas de pétrole mais elle a des idées.

Chaque congolais a deux pays, la France et le Congo. Le congolais connaît toutes les subtilités de la politique française, grâce à la radio mondiale (Rfi) et à la télévision par satellite, rien mais vraiment rien de la politique et des mouvements sociaux en France n’échappe aux congolais alors qu’ils ne sont même pas au courant de ce qui se passe chez eux.

Ils ont quelques excuses : la politique au Congo Brazzaville est faite par des roublards, la politique au congo est terne et violente ; il faut attendre plusieurs semaines pour que se tiennent un conseil des ministres, quand au parlement, aucun congolais n’est capable de vous dire sur quel projet de loi travaillent les députés.

Depuis que j’y suis installé, il n’y a aucun débat de société, aucune manifestation d’envergure, l’opposition n’est pas audible parce que muselé, les médias sont aux ordres etc., alors, les congolais se rabattent sur la politique française (là bas au moins il y a du mouvement presque toutes les semaines).

Les congolais ont développé au fil des années un complexe d'infériorité par rapport à la peau blanche en particulier. Complexe d’infériorité assumé qui paralyse les hauts cadres, tétanise les ministres et émascule le plus haut sommet de l’Etat.

Ceux qui dans d’autres pays s’offusquent de la sélection au faciès ne pourraient pas vivre au Congo Brazzaville. Ici avoir une femme blanche ou un compagnon blanc est synonyme de réussite sociale. Ici la peau clair est attractive, synonyme d’intelligence, de sérieux et de beauté, alors, pour conjurer le sort, beaucoup de congolais se décapent la peau pour avoir "le teint commercial" ; métis, arabe ou blanc se font ouvrir toutes les portes ; pour les appels d’offres des marchés publics par exemple, priorité est donner aux sociétés étrangères dans tous les ministères.

Les permis de recherche pétrolière ou miniers par exemple sont exclusivement donner aux jeunes blancs plutôt qu’aux jeunes congolais or, tout le monde sait que le détenteur d’un simple permis de recherche est courtisé par toutes les grandes banques du monde pour lever les fonds. Les dirigeants congolais se complaisent à enrichir les étrangers. Encore mieux, dans une file d’attente, le petit commerçant se précipite pour servir en priorité le blanc. Aliénation mentale quand tu nous tiens...

J’entend dire par ci par là que le congolais est pacifique dans l’âme, effectivement les congolais ne se sont jamais battu ni pour leurs droits et encore moins pour leur liberté. L’indépendance leur avait été donnée par le Général De Gaulle, le multipartisme leur avait été servi sur un plat d’argent par le Président François Mitterrand et la pérestroïka, aujourd’hui, le regard larmoyant tourné vers cette France qu’ils détestent par moment et qu’ils aiment tant, ils espèrent en silence qu’elle leur donnera encore cette fois-ci ce qu’ils espèrent : l’alternance politique démocratique. Quand les congolais se battent quand même c’est pour des prééminences ethniques du genre : notre ethnie est le meilleur.

Dans leur médiocrité les congolais espèrent que Dieu viendra les sauvé. Alors, ils organisent des journées de prière pour la paix, des grandes messes publiques pour la stabilité et des campagnes géantes d’évangélisations contre la guerre alors que le Congo Brazzaville n’est menacé par aucun pays au monde. Ils oublient que l’ennemi du congolais c’est le congolais lui même ; ci, le méchant ce n’est pas l’autre mais soi-même.

Ce pays est vraiment drôle, c’est le moins qu’on puisse dire pour ne pas dire que ce pays ferait rigoler un âne. Pendant que dans tous les pays du monde les populations grondent contre la crise, manifestent pour leurs droits et se battent pour leur liberté, ici on prie, on croit encore aux miracles, et on espère que Dieu ne laissera pas faire cette fois-ci. Personne n’a encore compris ici que les libertés ou les droits qu’on gagne à la sueur de son front n’ont pas la même saveur que ceux qu’on vous octroie ou qu’on vous donne par humanisme ou encore par intérêts.

La jeunesse, fer de lance de tous les mouvements sociaux et politiques dans tous les pays monde est ici très conservatrice et ne veut surtout pas prendre de risque, même le risque d’un lendemain meilleur. Les vieux quand à eux ont pour seule ambition de conserver leurs acquis. Quand aux intellectuels, donneurs de leçons, ils se perdent en conjectures et en stratégies sans lendemains.

Alors rien ne se passe. Un pays de conservateur pensez-vous ? Non, plutôt un pays de médiocre qui attend que tout lui vienne d’ailleurs à commencer par la nourriture de tous les jours. C’est vraiment un drôle de pays avec des drôles d’habitants qui aiment se raconter des histoires à dormir debout alors que le monde avance.

Personne n’a encore compris ici que les autres ne travaillent pas nuit et jour sous des températures dès fois excessives par plaisir ; les congolais sont des paresseux, des fainéants qui n’ont pas encore compris que les gens qui se battent et meurent dès fois en silence pour les droits et les libertés ont besoin de soutien, certains qu’ils sont que Dieu viendra les sauvé. Ça ira répètent-ils en cœur en baissant les yeux, comme pour conjurer le sort.

Les peuples médiocres ne méritent que des dirigeants médiocres. Quelques chiffres pour vous convaincre que ce pays est très particulier :

Population de moins de 15 ans en 2012 : 45,3 %

Population de plus de 64 ans en2012 : 2,8 %

Espérance de vie à la naissance en 2013 : 55,60 %

Taux de mortalité des moins de 5 ans en 2010 : 93,0 %

Taux de chômage en 2012 : 53,0 %

Nombre de médecins pour 1000 habitants en 2007 : 0,2

Pourcentage d’habitants de bidonvilles dans la population urbaines : 53,4 %

Dépenses d’éducation en % du PIB (2010) : 6,2 %.

Source : http://www.statistiques-mondiales.com/congo_brazzaville.htm

Ce drôle de pays est sans contestation possible dirigé par des médiocres irresponsables. On pourrait en dire tout autant de tous les natifs d’origine congolaise qui le leur ont permis par manque de courage. Les congolais ont bien les dirigeants qu’ils méritent.

On peut sans se tromper affirmer que le Congo Brazzaville est du mauvais coté de la marche de l’histoire. Le Congo Brazzaville n’est pas dirigé car dans dirigé il y a le mot direction, et encore moins gouverné ; le Congo est géré au quotidien par une classe politique médiocre et dépassé par les enjeux sociétaux.

Ici il n’y a rien de consistant, personne ne sait vraiment comment va se passer sa journée, quand au lendemain, c’est une autre histoire...

Ce jour-là, j’étais déterminé à donner le meilleur de moi à mon travail, j’avais tout planifié pendant le week end, mon emploi du temps était blindé et je m’étais mis en condition pour que tout se passe bien. Malheureusement rien n’allait se passé comme je l’avais prévu. 

Dès 6h00 du matin j’étais sur pied, prêt à affronter ma journée ; après m’être débarrassé des tracasseries liées au transport, je me retrouve au bureau à 7h00 comme prévu. Et là, les problèmes commencent. L’électricité venait de partir, or, une partie de mon travail se trouvait dans les ordinateurs.

A Brazzaville les coupures d’électricité sont récurrentes, c’est même la règle, tout le monde le dit et se plaint tous les jours et pourtant rien ne change année après année, quand on travaille sur des machines qui ont besoin d’énergie il faut toujours avoir à l’esprit que la coupure d’électricité peut survenir la seconde d’après sans avertir, cela rajoute à l’angoisse dans un environnement où l’insécurité est plutôt ma règle. L’électricité se nomme en anglais power qui signifie aussi pouvoir dans tous les sens...

Qu’à cela ne tiennent je me rabats sur mon ordinateur portable jusqu’à l’épuisement complet de la charge de la batterie. Déterminé, je me persuade d’avancer mon travail sans énergie et de travailler à la main. Sauf que ce jour là, la secrétaire qui travaille avec moi depuis un an me téléphone pour me dire qu’elle ne pouvait pas venir au travail parce que son cousin était souffrant ; étonné comme un extraterrestre, je lui rétorque que je ne voyais pas le rapport entre son cousin souffrant et le travail d’autant plus qu’elle n’était pas médecin. Peine perdue, non seulement elle ne comprend pas que je puisse donner la priorité au travail mais en plus elle me prend vraiment pour un extraterrestre sans coeur. Vivement que je me tropicalise...

Au Congo Brazzaville vos économies peuvent disparaître de votre compte bancaire du jour au lendemain, votre société peut fermer ses portes du jour au lendemain, vos contrats peuvent être annuler etc., sans que cela n'offusque personne.

Si quelqu’un vous avertit plusieurs jours à l’avance de son intention de vous boxer, alors c’est que cette personne veut vous donner un avertissement sans aucune intention d’exécuter sa menace car dès lors qu’il vous avertit de vous boxer, il est certain que vous prendrez les précautions nécessaires.

Il en ait de même des grandes gueules congolaises qui brandissent le point et menacent que le moment venu, on verra ce qu’on verra. Dans la réalité, on peut être certain que tous ces défroqués iront se planqués dès les premiers signes d’escarmouche. Ne faites jamais confiance à un congolais même s’il vous paraît brillant en vous déballant une valise de diplôme ; je l’ai fait plusieurs fois à mes dépens.

Il n’y a rien de spontané, en politique comme ailleurs, il y a des processus qui ne trompent pas, une population qui subit depuis des années sans bronchés risque de subir encore pendant des années sans bronché, autrement dit : "quand on est con on reste con".

Un espoir pourtant : le pire n’est jamais certain, le réveil peut être lent, car même les grands dormeurs finissent toujours pas se réveillé...

2016 est proche, chaque congolais est conscient des enjeux de cette charnière qui sonnera ou bien la renaissance du pays ou alors la continuité dans la médiocrité.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 19:11

Une calebasse percée, tel est l'état financier du congo de Denis Sassou Nguesso

« Le Congo subit une véritable hémorragie financière »

ikiemiL’auteur de ces propos est un spécialiste des banques et de la finance. Contrairement à nombre de ses congénères qui évoluent dans l’administration publique, cet universitaire de 45 ans exerce, depuis une année, dans sa propre structure spécialisée dans le change, le transfert et le microcrédit. Dans cet entretien exclusif avec Les Dépêches de Brazzaville, Serge Ikiémi, auteur de plusieurs essais, se livre à une analyse du secteur bancaire congolais

Quelle lecture faites-vous aujourd’hui de la situation des banques au Congo ?

Le Congo compte actuellement une dizaine de banques chapeautées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC). La première coordonne et la seconde s’occupe des questions de développement.

Au sortir de la guerre (1997), vu le niveau de délabrement du secteur, l’État a dû procéder à la libéralisation et à la privatisation. Aujourd’hui, le secteur est assaini au point que les banques sont même en surliquidités.

Comment expliquez-vous cette surliquidité ? Est-ce un atout ou une menace ?

Elle est la conséquence du système en amont. Après que le secteur a été assaini et repris par les étrangers, on a constaté un regain de confiance avec des particuliers qui sont revenus épargner en masse. S’ajoute à cela la frilosité des banquiers à accorder des crédits au regard des premières expériences de non-remboursements. Cette peur des banquiers à libérer les crédits explique donc la surliquidité.

L’autre explication repose sur le fait que les usagers n’arrivent pas à présenter des projets bancables, techniquement bien ficelés, avec un business plan, etc.

Quels sont selon vous les défis pour les banques installées au Congo ?

Il y a surtout l’inculture des usagers qui ne comprennent pas l’outil bancaire. Ce qui nécessite un travail de pédagogie sur les produits bancaires en commençant par la monétique, les cartes bancaires, car les clients ne sont pas encore habitués à ce type de produits. Il va falloir aussi éduquer les populations et les opérateurs économiques dans la conception des projets.

Est-ce ce qui explique le faible taux (5%) de bancarisation dans notre pays ?

Le taux de bancarisation est encore très faible au Congo et cela est dû à l’infrastructure qui n’est pas encore réellement en place. Je fais allusion à l’Internet, à l’électrification, à la téléphonie et à l’agglomération qui reste concentrée entre Brazzaville et Pointe-Noire (deux grandes villes du pays). Ailleurs, l’infrastructure demeure un luxe. C’est ce défi qu’il faut relever.

Seule une urbanisation équilibrée pourrait renverser la tendance en créant un déclic chez les banquiers qui suivraient alors le mouvement. Or au Congo, l’activité économique n’est visible que dans les trois grandes villes du pays avec des exceptions pour Nkayi (la Bouenza), où on compte des industries sucrières et de cimenterie, et à Ouesso (la Sangha) grâce à la présence des sociétés forestières comme CIB et IF0.

On retient donc que le développement des banques est lié à celui du pays en général. Plus il y aura déconcentration des populations, plus les banques vont élargir leurs activités.

En lisant vos nombreux ouvrages, vous évoquez la fuite des capitaux…

C’est une réalité au Congo. Et nous parlons même d’hémorragie financière, car il y a plus de transferts financiers en direction de l’étranger que d’entrées. Nous sommes à 90% d’envois contre 10% de réceptions.

À moyen ou long terme, le phénomène peut constituer une menace parce que cela suppose que l’économie congolaise est extravertie et que le pays vit essentiellement des exportations. Il faut inverser la pyramide en poussant les Congolais à produire de la valeur ajoutée. Je pense aux produits manufacturés pour augmenter nos exportations afin de faire entrer des devises.

Un autre problème, c’est la sécurité financière à cause du secret bancaire qui laisse à désirer au point de générer des craintes chez ceux qui ont amassé des « fortunes honteuses ». Pour ces gens qui ont gagné leur argent de manière impropre, il est honteux d’exhiber cette fortune. Ils sont obligés de le garder à l’étranger, craignant d’investir localement.

C’est un manque à gagner pour l’économie alors que l’idéal serait que ces personnes se sentent en sécurité en épargnant sur place. En majorité, il s’agit d’opérateurs politiques. Si on peut créer des conditions de sécurité pour ces « fortunés honteux », l’économie en tirerait profit. Il est aussi vrai que certains individus manifestent une crainte de l’inconnu. Les lendemains étant incertains en Afrique, chacun reste plus ou moins prudent.

« Le franc CFA : d’où vient-il, où va-t-il ? » est le titre d’un de vos ouvrages. Avez-vous des réponses aux questions que vous soulevez ?

Le CFA va dans les difficultés. Un avenir qui annonce des hauts et des bas du fait que, pour l’heure, son arrimage à l’euro occulte l’indépendance financière de nos pays, dont la santé financière dépendra de l’Europe.

Du point de vue de la stabilité, nous en tirons profit, car le franc CFA, soutenu par la Banque française hier, est aujourd’hui soutenu par la Banque européenne. Mais sous l’angle de la souveraineté, nous perdons.

La souveraineté suppose un pays, un territoire, une monnaie. Or, nous avons les deux premiers, mais nous n’avons pas de monnaie. Nous sommes dans ce cas soumis à l’épreuve de dévaluation à moyen ou long terme. Il nous faut des plans A, B et C pour faire face, un jour, à l’imprévu.

Je suis pour la monnaie africaine. Je vis comme une révolte le fait que le CFA de l’Afrique de l’Ouest soit d’abord évalué en euro pour une consommation en CFA d’Afrique centrale. Cette perte des changes d’une zone à une autre doit nous interpeller.

Propos recueillis par Jocelyn Francis Wabout

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 09:17

Elites et pauvres, tous victimes des carences du système de santé en vigueur

Par Sadio Kanté

Jean Martin Mbemba600 lits dans le futur centre hospitalier d’Oyo (digne d'une station balnéaire de Miami), petite bourgade d’un millier d’habitants qui devient de fait le centre dans un sens ou l’autre du Congo.

600 lits là-bas parce que le chef de l’état, natif de ce lieu, le veut ainsi tandis que la demande la plus forte se trouve naturellement à Brazzaville ou à Pointe Noire.

Le conseiller spécial sur les questions de santé du Président Denis Sassou Nguesso, le Professeur Claude Maylin qui a été l’invité de l’émission « La Grande Interview » du 3 janvier 2014 d’Elie Smith déclare avoir été incapable de convaincre le Président de façon que ce grand hôpital de 600 lits soit construit non à Oyo mais à Brazzaville.

Ce dernier dit n’avoir jamais compris les raisons de ce choix : « Honnêtement, cet hôpital devait être construit à Brazzaville » a t-il dit et a poursuivi : « Vu les manquements cruels qu’il y a au CHU, construire un hôpital de cet envergure à Oyo n’était pas une urgence ».

En temps normal cette question devrait faire l’objet d’un débat en conseil des ministres mais le natif d’Oyo régente tout, tout seul tel un homme-orchestre, comme si les ministres en charge de tel ou tel domaine ne comptent que pour du beurre.

Ainsi chaque année et plusieurs fois par an pour certains, des cadres supérieurs, des fonctionnaires, des ministres lesquelles bénéficient d’une couverture légale de soins, mais sans budget spécial y afférent, comme aussi des parents et amis, sont évacués à cout de plusieurs millions de francs CFA pour des soins de santé ou visites médicales en France. C’est le Trésor Public qui paye, donc le peuple qui en pâtit.

Le Président lui-même se rend régulièrement en Espagne, à Marbella aux mêmes fins. Où est donc passée la dynamique de 1989 lorsque Mr Sassou disait dans le discours d’inauguration du CHU rénové et entièrement équipé : « plus aucun congolais n’ira se faire soigner à l’étranger ». Le budget national de l’an 89 ne valait pas les plus de 4000 milliards actuels !

Qu’est ce qui a changé en 25 ans pour entraîner un tel recul ? La guerre de 1997 et autres crises sociopolitiques ? Oui ! Ici on ne manque pas de justifier tout ce qui ne fonctionne pas par cela….

On s’accroche à cette sombre partie de notre histoire comme une ombre indispensable à justifier les tares préfabriquées….

Des dizaines de millions de FCFA par personne et par trimestre quittent le pays pour l’autre pays, la France, qui a pourtant un système de prise en charge qui met ses habitants, riches ou pauvres, à l’abri des déboires de cette question que connaissent et subissent  nos concitoyens.

Le Congo aurait pu pourtant égaler l’hexagone en matière de prise en charge de la santé grâce au petro-CFA qui coule à flot. Pourquoi ne structure-t-on pas le CHU de Brazzaville comme on a pu le faire avec moins en 1989 ?

A ce propos, le Professeur Maylin a également reconnu que le nombre de médecins formés par an estimé à 20 est insuffisant.

Ce nombre devrait être revu à la hausse pour avoisiner les 100 ou 150 médecins ; il a maintes fois soulevé le problème sans suite, tout en faisant constater que « ce n’est pas une affaire d’argent, mais de volonté politique (…).D’ailleurs, c’est sans doute l’une des premières décisions que j’aurais pu prendre si on me nommait Ministre de la santé ».

L’un des derniers évacués sanitaires congolais en date est Me Jean-Martin MBEMBA, ancien ministre et actuel Président de la Commission des Droits de l’Homme, assigné à résidence de fait depuis plus d’1 an jusqu’à fin juin 2014 pour une supposée affaire de « trafic d’armes aux fins de déstabiliser les institutions de la République ».

Jusque là aucune preuve de cette affaire n’a été apportée ; aucune arme du lot de « 300 à 400 armes » prétendument « saisies » chez lui, n’a été brandie par la police de Mr NDENGUET.

Le prétendu financier de l’opération a été mis définitivement en liberté il y a belle lurette, faute de preuves. Pour la première fois, on est présence d’un « coup d’état » sans armes, ni finances et avec simplement 6 citoyens atrocement torturés selon les témoignages de certains et toujours détenus, dont l’un, Eric SOUAMI, y a trouvé la mort.

Convoqué, Jean-Martin MBEMBA a refusé de se présenter aux services de la DST, étant donné les violations flagrantes des règles cardinales du code de procédure pénale en pareilles matières. La police s’est autosaisie sans un seul acte de procédure émanant ni du parquet, ni d’un juge d’instruction.

Depuis mai 2013, Jean-Martin MBEMBA est donc assigné à résidence de fait, sans aucun acte de poursuite encore moins d’un jugement, comme beaucoup d’autres, tels Guy MAFIMBA ou Mathias DZON.

Entre temps, Jean-Martin MBEMBA n’a pu accomplir aucun déplacement, ni professionnel, ni comme Président de la CNDH. Malgré une hospitalisation de 10 jours programmée à l’hôpital d’instruction des armées du Val de Grâce à PARIS, Jean-Martin MBEMBA n’a même pas été autorisé de s’y rendre.

On a soutenu que c’est l’implication majeure de Me MBEMBA lors de l’introduction dans la Constitution de 2002 des dispositions intangibles  dont l’interdiction d’un 3ème mandat présidentiel qui serait le fondement du courroux à son encontre de ceux qui nous gouvernent.

D’autres avancent le fait que Jean-Martin MBEMBA a été celui qui a préparé, étant Ministre de la Justice en mi- mai 1999, le dossier des disparus du Beach.

En effet, saisi par un autre membre du gouvernement de la situation de désarroi dans laquelle se trouvaient les parents des disparus, Jean-Martin MBEMBA avait alors chargé sa directrice des droits de l’homme de recevoir et entendre tous les jours ouvrables et pendant plus de 2 mois tous les parents concernés, en grande majorité des mères et des sœurs des disparus.

358 dossiers de disparus furent constitués et remis personnellement au Procureur de la République et au Doyen des juges d’instruction aux fins d’ouvrir une information, car il y avait disparitions.

Ce sont sur ces bases que fut organisé en mai le procès de 2005, retransmis en direct à la radio et à la télé ; certains de ceux qui ont comparu des semaines durant dans ces circonstances, bien que malheureusement acquittés, n’ont peut-être pas oublié ce qu’ils ont qualifié d’affront personnel.

Sans le dossier constitué au Ministère de la Justice, il y a à penser que l’affaire des disparus du Beach aurait été étouffée comme bien d’autres.

Conséquence directe aux dires des praticiens de l’immobilisation forcée pendant plus d’un an de Jean-Martin MBEMBA, sans contrôle médical – d’autant que ce qui lui est reproché a éloigné bien de praticiens - Me MBEMBA a fait une crise aigüe cette mi-juin : principalement une fièvre élevée, mais surtout qui ne baissait pas.

Jean-Martin MBEMBA a été alors conduit par sa famille au centre le plus proche de sa résidence, au centre médico-social de l’Ambassade de France où il est traité en urgence. Il fut hospitalisé par la suite dans une clinique de Moungali, puis ré-hospitalisé dans la même semaine sous le contrôle d’un médecin franco-béninois qui ne voyait d’autre issue au maintien à la vie de l’avocat que d’être évacué à l’étranger.

En effet, avant que le médecin franco-béninois de Brazzaville ne fasse réadmette Me MBEMBA dans cette clinique, ce dernier était presque inscrit à l’article de la mort.

Un communiqué a attiré l’attention des autorités, mais elles n’ont pas bougé, jugeant que c’est monsieur Jean-Martin MBEMBA qui est malade et non le Président de la CNDH et on lui dénie l'assignation à résidence.

Les proches de l’avocat obtiennent difficilement de lui son accord afin que les autorités soient saisies de façon officielle par le bureau de la CNDH, principalement pour qu’on le laisse sortir comme l’exigent les médecins.

Dit-on qu’après quelques « réunions familiales » et au bout de 2 jours, les autorités « autorisent » enfin l’évacuation du « pestiféré » et sa prise en charge légale, puisqu’il en a droit comme Président de la CNDH.

Pour s’enquérir de la situation, le Ministre d’Etat et directeur de cabinet du chef de l’Etat Firmin AYESSA rend visite à Jean-Martin MBEMBA, Président de la CNDH, dans la clinique mentionnée ci-dessus située dans un quartier populaire de la ville.

C’était un lundi et le vendredi qui suit, l’avocat s’envole avec son médecin traitant, un accompagnateur et son épouse pour être hospitalisé à Paris où il sera admis en réanimation. Trois jours où  il pouvait enfin respirer sans assistance médicale.

Coût total de l’évacuation : soins en urgence dans le centre médico-social français, hospitalisation et ré-hospitalisation dans la clinique de Brazzaville,4 billets d’avion, oxygène dans l’avion, frais de mission du malade, du médecin ainsi que de l’accompagnateur, ambulance au départ et à l’arrivée, hospitalisation à Paris pendant plus d’une quinzaine de jours, examens et contrôles externes qui vont suivre pendant une durée plus ou moins égale : 63 millions de francs CFA soit un peu moins de 100 mille euros.

Son évacuation en juin 2014 a suscité beaucoup de bruit dans le paysage politique congolais, d’abord parce que l’orgueil de l’homme ne lui permettait pas de faire une deuxième demande de sortie de territoire pour raison de santé à ceux la même qui le lui ont refusé l’année dernière.

Par rapport à d’autres évacuations sanitaires, celle du Président de la Cour Suprême par exemple qui est de nouveau reparti en France, ou d’autres citoyens encore qui ne bénéficient pas d’un statut officiel comme Me MBEMBA ou le Président de la Cour Suprême, le coût de l’évacuation de Me MBEMBA ne semble pas être le plus élevé.

On peut citer l’exemple du Président de l’OCDH (Organisation de la Commission des Droits de l’Homme), Roger BOUKA, ou du Président d’un parti comme le MSD, Blanchard OBA, tous deux évacués par avion médicalisé, alors qu’ils n’ont  pas de statut spécial. Il est vrai qu’ils ont eux aussi le droit d’être soignés à n’importe quel prix, parce qu’il s’agit de citoyens congolais.

Les autorités ont une épine de moins dans les pieds, car avec la tension de la question du changement ou non de la constitution qui règne, pour eux, il valait mieux ne pas avoir affaire au cadavre et funérailles de Jean-Martin MBEMBA à l’instar d’autres prédécédés de la République qui n’ont pas manqué d’attirer l’attention de notre confrère dans le magazine « Afrique Education », au point qu’il a tiré dans cette parution : http/www.afriqueeducation.com/index.php?option=com  content&view=article&id=325, « sassou aime ses opposants mais une fois morts ».

Maître MBEMBA et d’autres élites et fonctionnaires, par centaines, peuvent avoir des avantages-pièges d’aller se faire soigner dans un contexte où la très grande majorité des congolais ne peut pas rêver  de soins tellement la défaillance de structures et de prise en charge de santé à Brazzaville est criante.

En ce moment même, Aurélie 13 ans, vient de rendre l’âme au CHU de Brazzaville après 2 ans d’agonie pour un cancer facial. Ses parents frappent aux portes pour tenter d’avoir de l’aide et pouvoir enterrer la pauvre fille.  C’est dire si Aurélie est issue d’une famille totalement démunie….

La fondation EBINA dit avoir fait de son mieux, en vain, par manque de gros moyens, Aurélie s’en est allée sans qu’aucune autorité n’ait eu connaissance ou feint de n’avoir eu connaissance de sa maladie malgré les appels à l’aide lancé par ladite fondation.

Aurélie méritait elle aussi d’être évacuée, au besoin par avion médicalisé : congolaise elle a les mêmes droits et les mêmes égards que monsieur Blanchard OBA ou les parents de hauts fonctionnaires bénéficiant des mêmes avantages.

Mais est-ce la solution de fond ?

Dans tous les cas, Me MBEMBA, les fonctionnaires et autres élites qui bénéficient d’un statut de prise en charge des soins et Aurélie ou ses semblables ne sont-ils pas toutes des victimes de la machine du système ou plus précisément du clan familial qui n’a pas encore décidé de structurer la chose sanitaire pour le bien être de tous les congolais ?

Alors, les ministres de ces différents gouvernements ne sont ils pas responsables dans les différents manquements, dans les différentes structures de l’Etat ?

Se posent éternellement comme questions des congolais médusés… Pourquoi ces ministres ne démissionnent-ils pas pour souligner qu’ils ne cautionnent pas les actes de leur leader ? QUESTION PERTINENTE ET IMPERTINENTE A LAQUELLE UNE TENTATIVE de réponse pourrait entraîner une autre question : Que changera la démission de quelques ministres si rien ne change ? Car une démission de ministre doit bien servir à quelque chose !

Ici, ceux qui ont démissionné se comptent sur les bouts de deux doigts, des anciens ministres sont soit en exil, soit clochardisés en raison de robinets coupés… Alors, l’objectif d’une démission si elle doit servir à améliorer ce pourquoi elle a eu lieu n’a jamais été ici atteint.

Non, une démission sous les cieux congolais n’est en rien palliative d’une situation.

Que faut-il pour que les congolais d’en haut et d’en bas puissent au même titre être logés à la même enseigne pour les soins dans leur pays et dans leurs hôpitaux ?

Pauvres congolais, élites et pauvres… Vous êtes à plaindre. C’est en substance les propos du conseiller à la santé du Président SASSOU qui dit encore : « Il est encore plus difficile de gérer un centre hospitalier au Congo, que de le gérer en France.

Et l’une des raisons de cette difficulté réside dans le fait qu’au Congo, des agents sont recrutés sur des bases régionales plutôt que pour leurs compétences »,  http :// blogs.mediapart.fr/blog/jecmaus/190114/ congo-brazzaville-professeur-claude-maylin-ce-conseiller-de-sassou-qui-pu-dire-un-mot-propos-du-debat-s

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 13:33

chu-1-.jpgUne ville est un milieu physique où se concentre une forte population humaine, et dont l'espace est aménagé pour faciliter et concentrer ses activités : transport, habitat, sport, commerce, industrie, loisirs, éducation, politique, art, culture, etc. 

Ville tentaculaire aux limites incertaines, sans banlieues ni villes voisines (Kinshasa étant de l’autre coté de la rive), Brazzaville ne répond pas aux critères d’une ville moderne. La ville de Brazzaville reste un grand village colonial peu attrayant qui à mal vieilli. Le colon n’avait hélas pas prévu que le comptoir commercial dont il avait besoin pour exporter les esclaves (matières premières de l’époque) deviendrait la ville capitale d’un pays gérer par des dirigeants médiocres et sans envergures.

54 ans après l’indépendance, la capitale du Congo Brazzaville est toujours dépendante des infrastructures construites par le colon, pour preuve, la majorité des ministères et des organismes publics sont hébergés dans les bâtiments coloniaux, certaines bâtisses n’ont même jamais été modernisées depuis l’indépendance.

Brazzaville est surpeuplé, ici la promiscuité est telle qu’on compte en moyenne deux à trois familles par parcelle de quatre cent mètre carré avec tout ce que cela comporte de désagrément, de nuisance et de manque d’hygiène. Les quartiers de Brazzaville sont disposés de telle sorte que les habitants ne se mélangent pas, il faut une bonne dose de volonté pour rendre visite à un ami qui habite à l’autre bout de la ville. D’ailleurs beaucoup de personnes m’ont assurées qu’elles ne mettent jamais les pieds dans les autres quartiers ou arrondissements parce qu’elles n’ont simplement rien à aller y faire.

Quel ne fut mon étonnement de constater que les trois personnes nées et grandit à Brazzaville qui m’accompagnaient ce jour là pour aller rendre visite à un ami au quartier Mfilou, se comportaient comme des touristes ; elles n’avaient jamais mis les pieds dans ce quartier depuis leur naissance ; elles avaient la trentaine passé, n’avaient jamais quitter la ville et pourtant elles découvraient ce jour là que leur misère était plus supportable que celle des habitants de Mfilou. Au fait, qui avait dit qu’il y a toujours pire que soit et qu’on se rassure en se comparant ?

Cette disposition des quartiers qui divise et "tribalise" la ville à l’extrême et arrange bien les autorités ainsi, les nordistes habitent les quartiers nord et on y parle le lingala ; les sudistes habitent les quartiers sud et on y parle le lari. Il en est de même dans les administrations ou dans les ministères selon que le chef soit natif du nord du pays ou du sud du pays ; le français étant juste la langue qui sert à officialiser les notes de services et les discours officiels.

Chaque quartier de Brazzaville vit en quasi autarcie ce qui ne favorise pas la mixité, on se mari entre soit, on vit les bonheurs et les malheurs entre soit et quand les habitants de certains quartiers sont atteints par quoi que ce soit, ceux des autres quartiers sont indifférents semblant dire : "c’est bien fait pour eux".

Le seul quartier où les populations peuvent se rencontrer et se brasser est ce qu’on nomme ici pompeusement le centre-ville, un minuscule petit îlot sans esthétique ni charme dans lequel le colon avait rassemblé un maximum de constructions fonctionnelles pour ses besoins propres.

Ailleurs dans le monde, il y a les quartiers des pauvres et les quartiers de riches ce qui n’empêche pas les pauvres d’aller se promener dans les quartiers des riches et vice versa. Ce n’est pas du tout le cas à Brazzaville, ici le pauvre et le riche sont voisins, la très belle villa est voisine de la bicoque en tôle ondulée, le modernisme insolent côtoie le moyen âge et cela crée des frustrations et des inimitiés ; la seule chose qui compte ici est l’appartenance ethnique, entre soit on se sent en sécurité ; qui se ressemble s’assemble disait si bien l’autre.

Les vestiges de l’ancien colonisateur sont très présents à Brazzaville et paradoxalement, tout ce qui fonctionne encore à peu prêt correctement a été laissé par le colon, c’est le cas du Chemin de Fer Congo Océan (CFCO) jamais moderniser, jamais électrifié toujours rafistoler.

Mieux, les habitants d’un certain âge vous décrivent avec des trémolos dans la voix l’époque où on pouvait être fier d’être congolais, de là à penser qu’on n’aurait pas dû accorder l’indépendance au Congo il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent plus à franchir (le congolais n’était pas prêt à accéder à l’indépendance). Il est vrai qu’en 2014 les animaux domestiques dans certains pays vivent mieux que beaucoup de congolais à Brazzaville ; ne souriez surtout pas, c’est un triste constat.

La ville de Brazzaville ne répondra jamais aux normes internationales d’une ville moderne à moins de la détruire complètement pour la reconstruire avec un plan cadastral précis et surtout des architectes bien formés qui pourront débarrassés la ville de ces plaies béantes et purulentes qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde et qui semblent être la particularité de cette ville : les caniveaux profonds ouverts et qu’on ne cure jamais, disposés de part et d’autre de la chaussée ; des caniveaux sorti tout droit de l’esprit du Hausmann des tropiques local.

Dans l'Antiquité, la création de villes était principalement liée à l’extension territoriale des civilisations. On construisait des villes (des colonies) pour s’implanter sur de nouveaux territoires. Au moyen âge et à l’époque féodale la création d’une ville sur son domaine était le moyen, pour un seigneur, de sédentariser une population migrante ou nomade de journaliers, d’artisans et de marchands.

À partir des années 1960, l’urbanisation rapide dans certains pays incite les autorités à planifier le développement des plus grandes agglomérations par la création de villes nouvelles à leur périphérie, pour limiter la centralisation des plus grandes villes et essayer d’en faire des agglomérations multipolaires et surtout fonctionnelles.

On retrouve cette politique volontariste de création de nouvelle ville dans plusieurs pays. Certains pays ont créé une nouvelle capitale pour éviter la concentration de trop de pouvoirs (à la fois économiques et politiques) dans une seule ville, pour promouvoir une meilleure répartition de la population sur le territoire, pour placer la capitale au centre du pays, ou simplement pour mettre fin aux convoitises entre villes.

En octobre 1980 le Général Denis SASSOU NGUESSO, alors Président du Comité Central du PCT (il l’est toujours), Chef de l’Etat (il l’est encore), avait fait adopter au cours d’une réunion du Bureau Politique élargi au Gouvernement, le Schéma directeur d’urbanisme de la ville de Brazzaville qui prévoyait entre autres tenez vous bien et surtout ne rigolez pas : Le déplacement à partir de l’an 2000 de l’aéroport de Pointe-Noire et en 2010 de l’aéroport international de Maya-Maya, dont les sites entourés de quartiers résidentiels ne répondraient plus à ce moment là aux normes de sécurité des populations.

34 ans après, le même Général, toujours Président, inaugure à tours de bras, tronçon par tronçon, ces mêmes aéroports accidentogènes qui n’ont pas bougé d’un seul centimètre, ripolinés à la va vite avec des matériaux à bas coût.

On peut se souvenir que le Gouvernement du Président Pascal LISSOUBA avait entrepris plusieurs actions pour délocaliser l’aéroport international de Maya-Maya et avait déjà choisi un site qui devait abriter le nouvel aéroport. Malheureusement dans ce cas comme dans d’autres, le principe de la continuité de l’Etat n’a jamais été respecté ; le bâtisseur fatigué et son baron Haussmann des tropiques voulant toujours faire mieux que le reste du monde…

Actuellement il est évident, urgent et nécessaire d’arrêter les travaux effectués à l’aéroport de Maya-Maya, et de prendre dès à présent des dispositions pour déplacer cet aéroport qui ne répondra jamais aux normes internationales ; si on ne le fait pas maintenant, on le fera plus tard de toute façon.

Il est bon de souligner avec force que gouverner c’est prévoir. Malheureusement, le constat fait 54 ans après l’indépendance est très amer, car il faudra bien un jour détruire la ville de Brazzaville et la reconstruire en commençant par y construire des égouts souterrains pour l’évacuation des eaux usées, élargir les chaussées pour y faire circuler des autobus et des tramways, enfouir les lignes électriques les canalisations d’eau, de gaz de ville, de fibre optique etc…  afin qu’elle devienne fonctionnelle pour les générations futures.

L’autre option serait de construire des villes nouvelles autour de Brazzaville avec toutes les commodités du modernisme pour désengorger la ville capitale ; avis aux architectes aguerris ou en herbe. Nos frères chinois font sortir de terre comme des champignons une ville nouvelle tous les 5 ans.

Que de retard accumulé depuis l’indépendance par manque de vision politique. Aucune autoroute dans tout le pays, pas de transport urbain, pas de ramassage d’ordure, l’arrière pays est toujours enclavé, ect.

Brazzaville est une ville pas comme les autres dans un pays pas comme les autres…

Pendant la saison des pluies au Congo et il pleut pratiquement tous les jours. Tous les cours d’eau débordent, tout le monde a les pieds dans l’eau et l’humidité est partout ; paradoxalement, plus il pleut, moins il y a de l’eau qui coule dans les robinets. Certains quartiers de Brazzaville n’ont même jamais vu l’eau du robinet. Le manque d’eau dans les robinets est devenu une véritable obsession pour moi à tel point que j’en ai fait le premier geste de la journée ; dès que je me lève je vérifie s’il y a de l’eau qui coule du robinet.

J’aimerais que les experts en hydraulique de la compagnie nationale nous expliquent ce phénomène de pénurie d’eau dans un pays qui a une pluviométrie extrême et pourquoi dans les pays sahéliens comme le Burkina Faso ou la Maroc par exemple il n’y a quasiment jamais de pénurie d’eau potable. 

Tous les jours ou presque, ce liquide saumâtre qui coule des robinets congolais et qui est la cause de beaucoup de décès disparaît. Autre phénomène quasi mystérieux pour un profane comme moi est que dès qu’il commence à pleuvoir, l’électricité disparaît et ce n’est pas à cause des délestages. L’eau et l’électricité disparaissent et réapparaissent au moment où on s’y attend le moins sans que personne ne s’explique sur le pourquoi, c’est au petit bonheur la chance ; je vous laisse imaginer le tableau.

Les jours de pluie à Brazzaville sont décrétés "jour férié" par manque de transport car les routes sont impraticables ;

Les jours de pluie il n’y a pas d’élèves ni de professeurs dans les classes ;

Les jours de pluie les administrations sont vides ;

Les jours de pluies la plupart des rendez-vous sont reportés ou tout simplement annulés ;

Les jours de pluie il n’y a pas d’électricité et pas d’eau dans les robinets ;

Les jours de pluie le liquide visqueux et saumâtre qu’on nomme ici EAU POTABLE disparaît.

Depuis que je suis installé à Brazzaville et il n’y a aucune amélioration dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, pas une seule semaine sans coupure ou délestage. Or, ces deux denrées concourent à l’éclosion de toute industrialisation basique. Sans eau et sans électricité il n’y a pas de développement possible, c’est pourtant simple à comprendre.

Autre curiosité ! Pour ceux comme moi qui se demandent pourquoi il n’y a pas d’autoroutes ni d’échangeurs dans tout le pays pour désengorger les embouteillages récurrents, notre Hausmann des tropiques local a répondu lors d’une réunion avec ses collaborateurs qu’il avait peur des autoroutes et qu’il n’aimait pas les échangeurs. Allez donc savoir quel est le rapport entre les angoisses existentielles d’un individu et le développement du pays ; sauf qu’ici, cet individu décide de tout.

Comme quoi on peut se dire pilote d’avion et avoir le vertige sur une autoroute ou au dessus d’un échangeur. Cette peur est certainement l’une des raisons principales pour laquelle la route de Pointe-Noire - Brazzaville qui au départ devait être une autoroute à 4 voies a été transformée en piste à 2 voies sans ère de repos ni voies de dégagements. Dans d’autres pays cette piste pour personnes en mal de sensation forte, ce mouroir ne mériterait même pas l’appellation de route nationale.

Ce drôle de pays est vraiment dirigé par des individus bizarres qui n’ont que faire de l’intérêt général ni même des générations futures. A peine construite avec des matériaux de moindre qualité, les quelques voies bitumées qui serpentent la ville de Brazzaville se désagrègent, tout s’effrite comme du sucre dans l’eau, des nids de poule partout, des crevasses par endroits et même des ravins au milieu de la chaussée.

Il faut détruire Brazzaville pour mieux la reconstruire, j’en suis convaincu.

Hier j’ai refais en taxi le parcours qu’avait emprunté le président chinois lors de sa dernière visite à Brazzaville. C’était le branle bas de combat avant la visite de l’illustre invité, même les arbres avaient été repeints, les vendeurs de bric à broc qui bordaient les rues et les avenues du circuit avaient disparus, plus de crevasse ni de nids de poule.

Aujourd’hui, le naturel à vite repris le dessus ; de la saleté et des vendeurs ambulants partout, des crevasses et des nids de poule sur la chaussée, un paysage apocalyptique qui n’a rien à envier à une zone de guerre comme l’est d’ailleurs toute la ville de Brazzaville. Même la fameuse bibliothèque qu’on était venu inaugurer a pris un coup de vieux, la peinture des murs n’a pas supporté les intempéries de Brazzaville.

La ville de Brazzaville est comparable à une zone de guerre surtout quand le monarque local ose sortir de sa tanière. J’avais cru comprendre que ce pays était en paix ; là encore les mots ne supportent pas la confrontation avec la réalité. Tout est factice.

Les membres du gouvernement de ce pays, sont des narcissiques pervers pathologiques qui se complaisent dans leur médiocrité, ils sont dépourvus d’humilité, ne savent pas communiquer et ne supportent pas la critique qui est perçu par eux comme un crime de lèse majesté. C’est d’ailleurs pour cela que toutes ces autorités, instruites ou pas se satisfont de la suspension et de l’interdiction par leur chef de certains journaux jugés par eux insolents ou subversifs ; ils ont beaucoup de mal à présenter un bilan ou à justifier l’évaporation de leur budget et d’ailleurs personne ne le leur demande.

La peur du gendarme est le début de la sagesse, disait mon grand père, enlevez toutes sanctions et l’homme le plus gentil devient une brute féroce. Enlevez tout contrôle et le meilleur des gestionnaires devient un grand voleur, le méchant ou le diable a toujours le visage d’un humain ; nous devenons humain grâce ou à cause de la peur du gendarme donc de la sanction.

Dans ce pays il y a des personnes qui ne sont ni contrôlées et encore moins sanctionnées ; des petits seigneurs à la longue queue, en fait des véritables petits monstres au sourire angélique qui disent vouloir du bien à leurs prochains.

Rendez vous compte que la délégation des grands travaux, une administration et sont ministère qui engloutissement à eux seul 85% du budget de l’état n’a jamais été contrôlé ni même auditionner par un cabinet indépendant depuis sa création. Ce mastodonte dont tout dépend est devenu une véritable usine à dissimulation, les pseudos experts qui y travaillent sont quasiment tous devenus des millionnaires spontanés. Le Congo Brazzaville régresse c’est certain, un jour il faudra tout reprendre à zéro en commençant par le tracé de la ville ; il faut vraiment détruire Brazzaville.

A Brazzaville tout est terne, tout est triste, rien ne change en bien, le malheur, le désespoir et surtout la fatigue se lit sur les visages des gens qui cachent à peine leur misère avec des sourires crispés, "ça va aller" répondent-ils sans croire eux même que ça ira un jour, même les jeunes et les très jeunes sont usés, personne ne veut se projeter dans l’avenir, seul compte le quotidien et le très court terme.

C’est pathétique. Le mois de juillet à Brazzaville sonne le début des campagnes d’évangélisations qui drainent des milliers de personnes, perdus, chaque congolais voudrait avoir un tête à tête avec Dieu pour lui confier ses besoins, ses envies et l’espoir d’une vie meilleure pour lui et pour les siens. C’est pathétique de voir ces réunions de masses ou chacun psalmodie en bougeant à peine les lèvres toutes ses peines.

Même les images de synthèse qui projettent la ville vers les 25ième siècle, tout droit sortie de l’imagination fertile du Haussmann des tropiques local ne font plus rêver les congolais.

Chaque congolais devrait arborer une montre ou une pendule qui tourne à l’envers pour être en phase avec la singularité ou l’exception qui caractérise ce drôle de pays, histoire de montrer que quand on stagne, cela veut dire qu’on recule car le reste du monde avance toujours plus vite.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 13:10

pauvreté au congo"Le Congo Brazzaville est une démocratie fragile en construction". C'est ce que clament les autorités en charge de ce pays. Le Congo n'est pas la Corée du Nord certes, mais le Congo est loin, très loin du Sénégal, du Ghana et des satandars des libertés publiques de démocratie et même de bonne gouvernance.

Dans ce petit pays d’Afrique centrale signataire des traités internationaux, de presque toutes les conventions des Nations Unies et de l’Union Africaine sur les droits humains, il ne faut surtout pas dire publiquement ce qu’on pense sous peine d’être qualifié d’opposant, ce qui représente ici l'insulte suprême et vous ferme beaucoup de portes.

Quand le ciel est bleu, on a le droit de le penser et pas de le dire, (j’exagère à peine), quand on constate qu’on construit une route sans prévoir l’évacuation des eaux de pluies, on a le droit de le constater mais il ne faut surtout pas le dire (là je n’exagère pas). Et si vous le dites quand même, alors là on vous répond que "vous critiquez tout le temps". Le seul endroit où l’on peut se permettre de tout dire, c’est dans l’intimité de la chambre à coucher, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes.

Bien que ça ne soit pas mon rôle de parler des trains qui arrivent à l’heure, (d’autres le font mieux que moi), par moment je me fais vraiment violence pour essayer de trouver ce qui fonctionne bien dans cette démocratie fragile, et là, vous ne me croirez pas, je ne trouve vraiment rien.

Il y a comme des murs de verre dans cette ville, les quartiers sont comme cloisonnés, les habitants ne se mélangent pas, les gens restent dans leur quartier et ne veulent rien savoir de ce qui se passe dans les autres quartiers à tel point que, quand d’aventure ils sont hors de leur quartier, ils se comportent comme des touristes, s’étonnant de presque tout. Il n’y a qu’au centre-ville que tout le monde se mélange et pour cause, presque personne n’y habite ; hasardez-vous un samedi ou un dimanche après-midi au centre-ville de Brazzaville, les rues y sont vide et il n’y a aucune activité humaine.

Certains quartiers ont même leur langue nationale propre, leurs codes et leurs usages. Et pourtant dans tous les quartiers c’est la même misère, la même saleté et le même désoeuvrement. Pourtant dans tous ces quartiers, tout le monde s’adonne à ce qu’on peut nommé par la beuverie nationale.

Partir loin, très loin

Mieux vaut être mal employé dans les pays des autres que de ne pas être employé du tout dans son propre pays. Dans l’avion qui me conduisait vers Johannesburg, étaient assises derrière moi deux jeunes femmes qui n’arrêtaient pas de parler au téléphone avant le décollage. Par devers moi, mon attention fut attirer par leurs conversations. Elles semblaient partir pour un long voyage, un voyage sans retour à la recherche d’une vie meilleure ; curieux, je tendis l’oreille.
Pendant que l’une donnait des conseils à tour de rôle à chaque membre de sa famille puis à chacun des habitants de son quartier pour finir par toutes ses amies dispersées dans tout le Congo Bazzar-ville, l’autre n’arrêtait pas de faire des recommandations à celles et à ceux qui allaient s’occuper des deux jeunes enfants qu’elle avait laissé. C’était pathétique, je sentais à leurs conversations qu’elles ne voulaient vraiment pas partir et que ce voyage était une sorte d’obligation. 
Tous ceux qui partent ou sont parti un jour le savent, il ne faut pas condamner et surtout ne jamais juger quand bien même il n’y aurait aucune raison objective de partir, chacun ressent cette irrésistible envi ou ce besoin à sa manière, même s’il y a beaucoup de candidats au départ et très peu de réussite. Ce voyage était pour elles un choix cornélien entre la vie ou la mort.
Ces jeunes femmes me faisaient penser à un de ces chauffeurs de taxi bardé de diplômes qui se languissent de ne jamais trouver un travail à la hauteur de leurs compétences et qui rêvent de partir eux-aussi vers d’autres cieux pour aller vivre dignement, car c’est bien de la dignité qu’il s’agit quand on est obligé de partir loin de son pays, loin de ceux qu’on aime. 
Personne ne s’exile par plaisir parcequ’on est toujours mieux chez soi. L’exil volontaire ou involontaire, c’est très souvent l’histoire de ce jeune homme qui, parce qu’il n’était pas bien née, veut partir loin vers les verts pâturage où tout lui semble possible… (Jean Jacques Goldman : "Là bas").
D’après leurs conversations ou plutôt leurs lamentations, ces deux jeunes femmes avaient pratiquement tout essayé au Congo Bazzar-ville pour se construire une vie meilleure, elles étaient belles, autour de la trentaine, plutôt instruite et en bonne santé mais à entendre leurs conversations, elles étaient usées, dépitées, épuisées par les difficultés de la vie quotidienne. 
Ce voyage, elles l’avaient d’abord rêver, projeter, puis elles l’avaient préparer minutieusement jour après jour, maintenant qu’elles étaient dans l’avion, elles étaient tristes. Combien sont-ils, combien sont-elles chaque jour à prendre cette décision sans appel.
Accablé, je lança un regard par dessus mon fauteuil, pour les regarder et tenter un sourire en leur direction comme pour les encourager, leurs yeux mouillés semblaient vide, le regard perdu elles étaient accrochées à leur téléphone comme si leurs vies en dépendaient, elles ne remarquèrent même pas que je les regardais, elles semblaient perdues, seules au monde avec à l’autre bout du téléphone ceux ou celles pour qui elles étaient prêtes à donner ce qu’elles avaient de plus précieux au monde.
A mon tour je fut rempli de tristesse et de désespoir, j’avais envi de pleurer, j’avais envie de dire à ces deux jeunes femmes que je venais moi même de revenir au pays après avoir passé 33 ans à l’extérieur à la recherche d’un mieux être. Que moi aussi j’étais parti à la recherche d’une vie meilleure sans jamais l’avoir trouvée, que l’herbe n’était pas plus verte ailleurs, qu’elles ne savaient pas ce qui les attendait, les difficultés et surtout les humiliations qu’elles seraient obligées de subir…
Etait ce bien nécessaire, étais-je le mieux placé pour leur dire quoi que ce soit, je me ravisa et m’enfonça plus profondément dans mon fauteuil comme pour me cacher ou plutôt pour disparaitre.
Malgré la voix de l’hôtesse qui nous rappelait que le décollage était imminent et qu’il fallait éteindre tous les appareils, elles parlaient sans arrêt, les mots se bousculaient, les phrases s’enchainaient, elles semblaient nerveuses, de plus en plus nerveuses et ce fut ainsi jusqu’à ce que les roues de l’avion quittent le sol, personne n’aurait pu les détacher de leurs appareils de téléphone sauf le manque de réseau et c’est d’ailleurs ce qui les fit taire.
Ce fut alors un long silence, même le bourdonnement de l’avion était devenu inaudible, chacune semblait penser à ce qu’elle n’avait pas pu dire, aux dernières recommandations qu’elle n’avait pas pu donner, c’était triste comme la fin d’une belle histoire.
Le Congo Bazzar-ville est un pays plein de paradoxe, des histoires comme celle de ces deux jeunes femmes il y en a hélas tous les jours, des parents font des sacrifices pour que leurs enfants partent, qu’ils partent pour ne pas vivre une vie entière de désoeuvrement, d’oisiveté, de misère ou de mendicité. L’enfant qui était naguère une sorte d’assurance-retraite est devenu un fardeau dont il faut se débarrasser au plus vite ; des jeunes enfants de 45 ans et plus qui n’ont jamais travailler et qui vivent de bricole accrochés à leurs parent qui eux-mêmes sont usés jusqu’à l’os par le manque d’activité.

Dans certains pays les gens ne savent plus où donner de la tête et dépriment à cause du trop plein de travail (les japonais par exemple ont une semaine de vacance par an), au Congo Bazzar-ville c’est tout le contraire, les gens se tuent pas manque d’activité en s’empiffrant d’alcool dès les premières heures du matin jusqu’à la nuit tombé car c’est leur seule activité.  

D’un coté cette hémorragie, cette saignée des jeunes qui s’enfuient ou sombrent dans l’alcoolisme, de l’autre des autorités qui clament que tout va de mieux en mieux, que le bonheur et le bien être sont à la portée de tous les congolais, certains lancent même des appels pathétiques à ceux qui vivent à l’extérieur du pays, pour revenir construire le pays qui auraient besoin de leurs compétences. 
Non seulement personne n’entend ces mensonges, mais ceux comme moi qui ont pris la décision de rentrer au pays, trainent la savate et galèrent dans les rues de Bazzar-ville sans rencontrer une main secourable malgré leurs compétences, sans savoir où se trouve la bonne porte.

Que du gâchis dans un sens comme dans l’autre.
Rompus au mensonge, experts dans la manipulation des données et des chiffres, ceux qui sont en charge des grands dossiers de la nation semblent vivre sur une autre planète, dans le Congo Bazzar-ville de leurs rêves ; ils ne pensent qu’à protéger leurs privilèges acquis non pas grâce leurs compétences mais à leurs couardises, on prend des cancres et on en fait des petits dieux donneurs de leçons qui ne supportent pas la contradiction, quand aux érudits, on ne cherche qu’à les briser tant qu’ils n’ont pas fait allégeance.
Le Congo Bazzar-ville régresse de jour en jour, on vous fait comprendre que vous pouvez aller vous torcher avec votre CV et vos compétences, c’est le seul pays au monde où on a pas besoin de votre intelligence car il vous faut d’abord et avant tout vous soumettre aux exigences du système politique mafieux. 
Depuis que j’avais pris la décision de me réinstaller dans mon pays, je n’ai remarqué aucun changement positif dans quelques domaines que ce soit, que des discours creux, du verbiage sans intérêt, des promesses et des projets ambitieux à n’en plus finir. Certains me diront que je vois tout en noir, mais je vous assure qu’aucun domaine, aucun projet ne peux supporté une évaluation sans concession dans ce pays.
Quand les jeunes s’en vont, c’est l’avenir même de la nation qui est compromis car ceux qui partent ne reviennent jamais de sitôt, que leur vie se construisent ailleurs ou pas. L’évidente priorité serait donc de créer des emplois pour les jeunes et de créer réellement les conditions pour que ceux qui vivent hors du pays puissent rentrer au lieu d’aller les moqués et de s’éreinter sans résultats aucun dans des voyages fastueux à aller chercher des investisseurs autour du monde.

Personne ne viendra développer le Congo Bazzar-ville à la place des congolais, même pas nos frères chinois car personne ne leur demande le transfert de technologie ou de former les jeunes, cela les autorités actuelles semblent l'ignorées en donnant la priorité aux étrangers dans tous les domaines.
Les différents excédents budgétaires et fonds dit souverains ou d’investissements qui devraient servir à développer réellement le pays ou à soulager les difficultés des congolais sont devenus des zones grises qui servent à voler, à camoufler les tiroirs caisses du trésor public.
Au Congo, le Bazzar n’est pas prêt d’être éradiqué, bienvenu quand même au Congo Bazzar-ville

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 17:47

cultivateurL'homme pense à son environnement depuis la nuit des temps, comme en témoignent les fresques préhistoriques ; sur ces fresques l’agriculture occupe une place centrale. Aujourd’hui encore, l’agriculture est essentielle au développement d’un pays, aucun pays au monde ne s'est développé sans avoir d'abord développé son agriculture qui induit l’approvisionnement de l’industrie en matière première.

L'agriculture est née avec la mise en terre des premières semences et de la domestication des animaux par l’homme, lors de la révolution néolithique, il y a plus de dix mille ans. Cela a débuté par une agriculture de subsistance puis, peu à peu, s'est créée une agriculture de production et de négoce.

Aujourd’hui, l'organisation des marchés, la démographie galopante, les techniques, le savoir faire et l’application de hautes technologies sont à la disposition de l'agriculteur pour obtenir des niveaux de production jamais atteints dans l'histoire de l’Homme. Point n’est besoin d’être intelligent ou de réinventer le tracteur, il suffit d’utiliser les techniques existantes qui fonctionnent si bien ailleurs pour nourrir les populations même dans les zones arides.

On peut sans se tromper affirmer avec force que l’agriculture a RÉVOLUTIONNÉ la vie sur terre car le développement de l'agriculture et de l'élevage ne sont pas sans rapport avec l'émergence de certaines sciences, le calcul et l'astronomie en particulier. Il faut par exemple compter les animaux, mesurer les quantités de grains, ce qui implique un certain art mathématique, et aussi se préoccuper de l'ordre des saisons pour les semailles et les récoltes ; ainsi, la naissance de l’astronomie n'est peut-être pas étrangère à ces impératifs.

Au Congo Brazzaville, l’agriculture est le parent pauvre des investissements à tel point que l’alimentation y est devenu très pauvre, la nourriture au Congo est constitué essentiellement des produits provenant de la pêche, de la chasse et de la cueillette comme à l’époque de l’homme de Neandertal. Au gré des saisons, il peut y avoir abondance ou pénurie de tels au tels autres produits. Dans les restaurants huppés ou dans les lupanars sans hygiène des quartiers reculés de Brazzaville, on trouve quasiment le même menu agrémenté de quelques spécialités étrangères. Au centre-ville de Brazzaville il est quasiment impossible de trouver un restaurant qui vous sert des mets locaux. Bizarre, vous avez dit bizarre ?

En effet, préalable à tout développement, la révolution agraire tarde à venir au Congo Brazzaville. L’une des rares usines de production qui transforme les produits agricoles au Congo Brazzaville se nomme SARIS-Congo.

La société SARIS-Congo a été créée en 1991, après la privatisation de la SIAN dont la première campagne sucrière date de 1966. La SARIS Congo est propriétaire d’une concession de 19 794 ha sur laquelle sont plantés 12 000 ha de cannes à sucre.

SARIS-Congo produit du sucre à partir de la canne à sucre, on pourrait penser que le sucre est abondant et bon marché au Congo, eh bien non, c’est tout le contraire. La production de l’usine SARIS-CONGO est essentiellement destinée à l’exportation résultat, les congolais consomment les résidus de sucre moins onéreux importé de la RDC ou d’autres pays (le sucre roux). Je vous le dis, ce pays est bizarre.  

La première pierre pour la construction de la Congolaises des Raffinerie avait été posée par le Président Marien NGOUABI le 07 juillet 1972. La raffinerie avait été inaugurée 11 décembre 1982 et la mise en production avait débuté le 26 août 1982.

Depuis, la production de la congolaise des raffineries (CORAF), la seule raffinerie du Congo Brazzaville ne répond plus aux besoins locaux ; le Congo Brazzaville pourtant quatrième producteur de pétrole sur le continent à fait le choix délibéré de vendre son brut sur les marchés internationaux au détriment de la satisfaction des besoins locaux en produits pétroliers.

Résultat, pour pallier aux pénuries chroniques des produits pétroliers, le Congo Brazzaville importe de l’essence de la RDC (qui n’a pourtant pas de pétrole) ainsi que d’autres pays africains qui à défaut d’avoir du pétrole ont des raffineries qui fonctionnent.

Il en ait de même de l’électricité que le Congo Brazzaville continue d’importer de la RDC depuis plusieurs décennies. Le barrage d’Imboulou récemment inauguré a ses turbines régulièrement en panne quand ils ne sont pas ensablés.

Le poisson, très consommé par les congolais faute de viande (trop onéreux) arrive de la Norvège et depuis peu d’Asie alors que dans les cours d’eau qui sillonnent le pays le poisson meurt de vieillesse comme disait l’autre.

Les villages agricoles (une curiosité locale mise en place par le gouvernement) dont le premier objectif était de fabriquer du poulet de chair pour nourrir les congolais ne répond pas à la demande, le poulet importé d’Europe et des pays lointains est désormais le deuxième aliment des congolais après le poisson. Le poulet est vendu au détail pour coller au pouvoir d’achat (1000 CFA la cuisse de poulet).

Les rares congolais qui se battent pour investir dans l’agriculture ne sont pas aidés alors que chacun sait que tous les pays du monde subventionnent leur agriculture pour atteindre des rendements acceptables.

J’ai personnellement visité une ferme d’élevage à Ngamakosso dans un quartier de Brazzaville, en dépit du prix élevé des aliments importés pour bétails je peux affirmer qu’il y a des congolais qui se battent et qui ont la ferme détermination de nourrir les congolais, malheureusement ils ne sont ni aidés et encore moins subventionnés. Pour l’élevage par exemple, l’importation des aliments pour bétails (maïs, blé, sorgho ect…) fragilise les éleveurs locaux du fait qu’ils sont soumis au prix des cours mondiaux.

La disponibilité et la fertilité des terres au Congo Brazzaville ne sont plus à démontrer, chacun sait qu’on peut faire germer n’importe quelle graine sans engrain au Congo et pourtant presque tout est importé des pays lointains ou des pays limitrophes qui ont le même climat.

C’est vraiment désespérant de constater que le foufou, aliment de base des congolais nous vient du Rwanda voisin, le safou du Cameroun, l’oignon et le poisson salé du Sénégal, la viande de bœuf du Tchad, etc…

Les étalages des marchés et les menus des restaurateurs démontrent très bien la pauvreté des produits congolais ou made in Congo. Le Congo Brazzaville est devenu incapable de produire une simple aiguille à coudre et encore moins une boîte d’allumette et pourtant, les compétences existent, la main d’œuvre abondante, et les moyens financiers débordent dans les banques locales qui sont toutes en surliquidités.

Comme quoi il ne suffit pas de réunir tous les paramètres pour développer un pays, encore faut il une réelle volonté de le faire, et surtout un leadership éclairé.  Tout le reste n’est que blablabla…

Pays béni par les Dieux, le Congo Brazzaville n’a hélas jamais su comment tirer profit de la fertilité de ses terres et de la clémence de son climat, toutes les tentatives pour augmenter la production agricole au Congo ont lamentablement échouées à cause de ses dirigeants médiocres sans vision aucune, dirigeants qui ne  pensent qu’à se remplir les poches, à se construire des villas grandioses au détriment du bien être des populations.

Il n’y a rien à manger au Congo Brazzaville, le déficit chronique en énergie (pas d’électricité) accentue cette pénurie car on ne peut quasiment rien conserver. Tout ici ou presque est importé, il est presque impossible de composer un plat typiquement congolais sans aucun ingrédient qui vienne d’ailleurs car même la production locale de sel (produit de base) ne suffit pas à répondre à la demande. 

Au Congo Brazzaville on mange beaucoup de poisson, frais, fumé, salé, séché, grillé, braisé… Les congolais ne savent pas pécher, là encore on essaye péniblement d’attraper le poisson comme dans les temps très anciens de la guerre du feu.

Le poisson qu’on consomme au Congo Brazzaville est importé des contrées lointaines comme la Norvège, la Russie, la RDC, ect…, le poisson produit localement est excessivement onéreux, c’est aussi le cas pour le poulet. D’ailleurs un des dirigeants du pays s’enorgueillissait de claironner qu’au Congo le poisson mourrait de vieillesse dans l’eau. Bêtise-bêtise quand tu nous tiens…

La demande alimentaire est tellement forte et la pénurie tellement chronique que les fournisseurs et les importateurs ne savent plus où donner de la tête. Au lieu de mettre en place des politiques pour encourager la production locale, le gouvernement médiocre n’a pas trouvé mieux que d’augmenter les importations, ainsi, le Rwanda, petit pays sans terre qui n’arrive plus à contenir sa population à cause de sa démographie exponentielle et de ses frontières étroites s’est rajouté depuis peu sur la longue liste des pays qui nourrissent les congolais. Le premier cargo de marchandises made in Rwanda avait quitté Kigali le 6 mai 2013 en direction de Brazzaville.

La compagnie rwandaise aérienne, la Rwandair Express a dernièrement ouvert une ligne Kigali-Brazzaville-Libreville et la clientèle est abondante. Après ce succès, une délégation rwandaise s’était rendue a Brazzaville et à Libreville pour tester la demande sur le marché local, le constat avait été que les produits rwandais sont très appréciés par les congolais d’où la décision d’exporter les produits agricoles du Rwanda vers le Congo Brazzaville car le Rwanda, pays essentiellement agricole a des excédents alimentaires.

Ce petit pays que beaucoup ont découvert à la faveur de l’atrocité du génocide et qui déstabilise depuis des années le grand Congo va maintenant nourrir le petit Congo à cause ou grâce à son dictateur éclairé et visionnaire, paradoxal vous ne trouvez pas ?

Les farines de manioc et de mais, les graines de haricot, la viande, les fruits, les légumes rwandais vont trouver des consommateurs à Brazzaville. Ne souriez pas, vous avez bien compris. Le Congo Brazzaville a commencé à importer son aliment de base (le manioc) du Rwanda. Chaque semaine, un cargo de 30 à 60 tonnes quittera désormais l’aéroport international de Kigali pour l’aéroport de Maya-maya afin de nourrir les congolais. C’est comme si on vous disait que la Suisse allait nourrir les français.

La viande de bœuf du Rwanda va permettre aux Brazzavillois d’avoir une autre alternative à la viande de brousse, au poisson fumé ou salé (les maboké et les makayabu), la très rare et onéreuse viande de bœuf au Congo Brazzaville provenait essentiellement du Tchad, les produits agricoles comme le haricot, l’oignon et les légumes proviennent du Cameroun, le riz est importé d’Indochine car la République du Congo qui est incapable de fabriqué un minuscule cure-dent fonde sa pseudo-économie essentiellement sur l’exploitation de ses ressources naturelles notamment le pétrole, le bois et les minerais dont les revenus constituent l’essentiel de son PIB.

Le Rwanda dispose de 1,5 million d’hectares de terres cultivables (6 % de sa superficie), et 90 % de la population vit de l’agriculture, le premier secteur pourvoyeur d’emplois et le deuxième pour sa contribution au produit intérieur brut (37 %), après les services (42 %).

Outre le thé et le café (auxquels il faut ajouter le pyrèthre (variété de camomille utilisée comme insecticide bio), ses principaux produits à l’export, les agriculteurs rwandais cultivent le manioc, le maïs, la banane, le haricot, le sorgho, la patate douce… et se sont également lancés dans l’horticulture, une filière prometteuse.

Malgré un climat favorable, qui permet une double récolte, et une altitude qui autorise une large variété de cultures, l’agriculture rwandaise est freinée par la diminution continue de la taille des exploitations et par des contraintes topographiques. Elle n’est pas mécanisée et recourt insuffisamment à l’irrigation, à l’engrais et aux animaux de trait – alors même que l’élevage bovin est l’une des filières maîtresses du secteur. Enfin, le financement du secteur par les banques est dérisoire : 1 %.

"Nous ne misons pas sur l’augmentation des surfaces cultivées, explique un responsable de la Fédération rwandaise du secteur privé, mais sur la productivité par unité. C’est pourquoi nous insistons sur la recherche et la vulgarisation de techniques nouvelles, afin d’obtenir des variétés plus productives et plus résistantes".

Pour renforcer les performances du secteur, les autorités comptent, d’ici à 2020, dégager une enveloppe de plus de 1 milliard de dollars, dont 109 millions pour le développement de l’irrigation, 538 millions pour la réhabilitation des grands périmètres irrigués et 388 millions pour l’énergie.

De l’autre côté de la rive du second grand fleuve du monde, dans le Mayombe, à l’extrême sud-ouest de Kinshasa, les feuilles de manioc son traitées et ensachées, avant d’être écoulées sur le marché local ou exportées vers l’Europe. Une aubaine qui change la vie des agriculteurs et les incite à produire davantage…

Sur le marché local (Kinshasa, Matadi, Boma), un sachet de 500 gr de ces feuilles de manioc est vendu 400 Fc (0,50 $). Exporté dans des containers frigorifiques en Belgique et en France où vit une importante communauté congolaise souvent en manque d'aliments du pays, la même quantité s’écoule autour de un euro (1,5 $).

Les changements apportés dans la vie des agriculteurs du Mayombe suscitent d’autres projets. "Après les feuilles de manioc, nous allons prochainement tenter la même expérience avec d’autres légumes notamment pour encourager les maraîchers", promettent les responsables de Matsu-Délice. Fermer toutes les frontières de la RDC et le petit Congo est complètement asphyxié en moins d’une semaine ; il en ait ainsi depuis l’indépendance.

Plus des trois quarts des produits vivriers frais qu'on consomme à Brazzaville proviennent d’une seule région, le Pool, qui n'a pourtant guère été gâté par la nature, côté sols comme côté temps.

De tout point de vue, et surtout au vue de ses ressources naturelles et humaines, le Congo Brazzaville peut effectivement devenir un géant agricole au coeur de l'Afrique et rivalisé avec ses voisins.

Le sera t-il ou ne le sera t-il pas, tout dépend des politiques nationales, d’un volontarisme politique et du cadre institutionnel. Le développement des ressources humaines doit être cohérent, en équilibre pour le développement économique, avec les ressources propres engagées dans ce processus et les ambitions de chacun. Bienvenu au pays des paradoxes et des incongruités…

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 09:02

eauLa peur est une émotion ressentie généralement en présence d'un danger ou d'une menace. La peur est aussi la capacité de reconnaître le danger et de le fuir ou de le combattre.

Les congolais ont peur, peur de celui qui est censé les protégé et qui les maltraite comme cet enfant battu par son père et qui a pourtant besoin de ce même père pour le protéger. Le syndrome de Stockholm pensez-vous ? Non, ici la victime déteste cordialement son bourreau, et le bourreau le lui rend bien.

Les congolais transpirent la peur, ces grandes gueules qui ont des stratégies à revendre, ces théoriciens du dimanche qui ont réponse à tout, ne pensent qu’à se planquer dès que ça sent un peut le souffre. Les derniers évènements du 15 et 16 décembre 2013 l’ont encore démontrés.

Tous les Brazzavillois se souviennent de la capture du Colonel Marcel Ntsourou le 16 décembre 2013 en pleine journée avec des armes lourdes et des hélicoptères de combat en plein centre ville, un véritable délire d’une violence inouïe destinée à faire un carnage mais aussi à faire peur aux populations.

La peur commande "qu'il faut toujours se tenir du côté de celui qui tient le caillou...". Comprenez : "il faut toujours se tenir du coté de celui qui a les armes même quand celui-ci a l'odeur du cadavre et de la mort".

Les congolais ont l’odeur de la peur, il suffit de les regarder droit dans les yeux en leur posant les bonnes questions pour s’en rendre compte.

Tous les congolais veulent vivre, (effectivement l’instinct de conservation est génétique chez tous les mammifères), et pourtant il y a quand même régulièrement plus de 500 décès par mois rien qu'à Brazzaville et tous les cimetières sont quasiment pleins.

Cette peur indicible, quasi maladive les rend incapable de changer leurs conditions et, cette incapabilité les fait tournés vers Dieu, en croyant que celui-ci est encore capable de faire des miracles pour eux.

Fait curieux, ceux qui disent croire le plus en Dieu et qui ne ratent jamais une occasion pour se référer à lui sont ceux là même qui ne respectent pas ses préceptes ou ses commandements puisqu’ici au Congo Brazzaville le mensonge, le vol, l’arnaque, les détournements, la corruption, la concussion, les abus des biens sociaux et autres crimes et délits ont été baptisé par un mot anachronique qui ne figure dans aucun code pénal et qui ne veut rien dire : "Antivaleurs".

Antivaleur signifie : (…), qui s’oppose aux valeurs. Qu’est ce qu’une valeur ? Les valeurs représentent des principes moraux auxquels doivent se conformer les manières d'être et d'agir, ces principes sont ceux qu'une personne ou qu'une collectivité reconnait comme idéales et qui rendent désirables et estimables les êtres ou les conduites auxquelles elles sont attribuées. Les valeurs sont des principes moraux qui se classent différemment en fonction des particularités de l’individu ou de la société.

L’abolition de la peine de mort par exemple est devenu à la faveur de l’élection d’un Président la République une valeur admise par toute la société française, de même pour l’homosexualité ou le mariage pour tous jadis rejeter.

Tous les cadres et les politiciens congolais qui se respectent n’ont plus que ce barbarisme "d’antivaleurs" (comprenez mauvaises valeurs) dans la bouche depuis que les conseillers du chef de l’Etat avaient fait cette trouvaille en 2009. Cette trouvaille permet de ne pas punir les coupables de mensonge, de vol, d’arnaque, de détournement, de corruption, de concussion, d’abus des biens sociaux et autres crimes et délits. Le français est une belle langue fantastique qui permet beaucoup de fantaisie et surtout de la belle poésie ; d’un mot et d’un seul on a réussit à transformer des actes délictueux en déviations mineures.

C’est ici l’occasion de rappeler à ces conseillers et à ces politiciens qu’il n’y a pas "d’antivaleurs" (de mauvaises valeurs) puisque les valeurs changent selon les lieux, le temps et les sociétés ; que chaque société ou chaque individu a le droit d’adopter les valeurs qu’elle croit bonne pour elle. Les crimes et les délits ne sont pas des "antivaleurs", les crimes et les délits sont sanctionnés par le code civil ou pénal ce qui n’est pas le cas des "antivaleurs".

Le monde appartient à ceux qui osent disait l’autre, et de renchérir, la peur de l’échec est paralysante à tel point qu’elle devient pathologique. Il faut donc oser, oser toujours et oser encore quelque soit les difficultés de la tâche.

Je m’amuse souvent dans les rues à regarder ces grands garçons et ces grandes filles qu’on fait vivre comme des animaux toute l’année et qui pourtant n’osent même pas tout simplement dire qu’ils ont mal.

Si ! ils le disent, mais à l’abri des oreilles indiscrètes dans leurs cercles fermés seulement après s’être assurés qu’il n’y a pas d’espions parmi eux. Dans l’intimité de leurs chambres à coucher ils se révèlent comme étant des grands combattants révolutionnaires qui bombent le torse en reconstruisant le monde.

A les regarder vaquer à leurs occupations, on pourrait penser que les congolais sont heureux, derrière leurs chaussures biens cirés, leurs cravates et leurs costumes, en dessous du vernis de leurs ongles, de leurs coiffures il y a encore et toujours la peur et donc l’impuissance. Même la diaspora a peur ; et ce n’est pas ma copine Aurelle Aimée A. de la diaspora qui me dira le contraire, elle qui n’ose plus passé ne fut ce que 3 jours à Brazzaville quand elle vient en vacance au Congo.

Ici, le port du costume et de la cravate est obligatoire pour tout agent de la fonction publique, le premier employeur du pays ; il faut toujours PARAÎTRE BIEN, quels que soient ses difficultés, ne surtout pas exposé sa misère.

Ces accoutrements et ces individus bien habillés font de la peine à regarder car non seulement il y a des formes (des corpulences) qui ne sied pas dans certains vêtements mais aussi et surtout on se rend bien compte que même en voulant à tout prix paraître beaucoup ne paraissent pas ce qu’il veulent.

Drôle de pays n’est ce pas ? Drôle de peuple, vous avez dit peuple ? Les congolais ne sont pas un peuple sauf peut-être sur le papier car le fait de vivre dans une même république délimité par des frontières ne fait pas forcément un peuple. Bizarre ! Vous avez dit bizarre ?

Les incongruités à Brazzaville, ce n’est pas ce qui manque mais, à bien y regarder, ces bizarreries sont des signes qui décrivent l’état d’esprit des populations. Tenez.

Une clôture est une construction qui est faite pour délimiter et protéger une frontière, un terrain, une parcelle ou une maison, à Brazzaville il en ait tout autre. Ces derniers jours j’étais surpris par une bizarrerie qui démontre que la peur à atteint son paroxysme dans les couches les plus aisées de la société congolaise.

Au quartier plateau ville près de la présidence, à quelques encablures du marché, des ouvriers étaient entrain de rehausser la clôture déjà très haute d’une maison. Je n’y comprenais rien, le mur qui protégeait cette maison faisait déjà  plus de 3 mètres, sur le haut du mur on avait disposer des épines et du fils barbelé, de la rue il était impossible de voir la toiture de la maison, la porte d’entrée de cette demeure (équipée de vidéo surveillance) était blindée et pourtant, ça ne semblait pas suffire au propriétaire des lieux qui avait engagé un entrepreneur de BTP pour rehausser la clôture de sa maison.

Les ouvriers étaient entrain de rehausser le mur d’au moins 1 mètre pour bien protéger cette demeure, après réflexion cette réfection du mur qui me semblait anodine et incongrue eu toute sa raison d’être au regard du dernier événement qu’avait connu la ville ; le quartier Plateau-ville est mitoyen du camp militaire 15 aout qui était l’épicentre de l’attaque au bazooka du domicile du Colonel Marcel Ntsourou.

En effet, à Brazzaville il n’est pas rare de commencer la construction d’une maison par la clôture du terrain, en fait ces clôtures en béton armé s’il vous plait, sont devenues des véritables remparts de protection contre toutes les agressions possibles.

Les gens se bunkérisent à Brazzaville. C’est cela le mot, les maisons cossues de Brazzaville sont devenues des véritables bunkers imprenables sans bazookas et chars d’assaut, avec des murs en béton armé haut d’au moins 4 mètres, gardés nuit et jour par les sociétés de gardiennage ou des maîtres chiens quand ce ne sont pas des militaires déterminés, près à tout avec des mitraillettes et des lances flamme pour vous dissuader de troubler la quiétude du chef (la tranquillité n’a pas de prix disait l’autre).

Interdiction formelle de voir ou de savoir ce qui se passe à l’intérieur de ces bunkers, à peine ouverte pour faire passer les maîtres des lieux engoncés dans des gros véhicules aux vitres fumées, le portail blindé doit se refermer aussitôt.

C’est à croire que tout le monde est exposé à Brazzaville car même le citoyen qui n’a rien à se reprocher adopte le même style de construction (maison cossue noyée sous une clôture d’au moins 4 mètres surmonté par du fil barbelé).

Le tableau décrit ici n’est pas loin de celui d’un pays en guerre. Brazzaville est un pays en guerre permanente, une guerre larvée contre un ennemi intérieur invisible qu’on ne saurait nommé, "il ne faut pas dérangé le pouvoir", disent certains. Sécurisé une zone, une fête, un mariage ou une réunion à Brazzaville veut dire neutraliser toutes les voies d’accès même si pour cela il faut coupé complètement la principale piste (boulevard) qui serpente le centre ville avec des chars d’assaut.

Le taux de criminalité à Brazzaville est marginal, pour preuve, il n’y a pas beaucoup de vol de véhicule ni de crime ou de cambriolage à main armé, la ville est tellement quadrillée par les forces de sécurité qu’il est vraiment difficile de se cacher à Brazzaville ce qui, d’une certaine manière tempère les velléité des délinquants. La grande délinquance est souvent le fait des étrangers en bande organisé facilement identifiable donc maitrisable.

Mais alors de quoi ont peur les Brazzavillois ?

Généralement quand ils sortent de leurs demeures bunkérisées, hyper sécurisées avec vidéo surveillance et gardiens munis de chiens méchants, comme des personnes qui ont quelque chose à se reproché, ceux ou celles qui se croient éternels sont dans des grosses véhicules aux vitres fumées avec leur chauffeur qui fait office de body guard. Il est rare de les voir trainer dans les rues, on les aperçoit à peine dans des clubs très sélects où il faut montrer patte blanche ; ils chuchotent plus qu’ils ne parlent, l’œil alerte comme si on pouvait les entendre (les murs semblent avoir des oreilles à Brazzaville).

Tout le monde se méfie de tout le monde et surtout du téléphone, même ceux qui travaillent dans le secteur de la téléphonie vous conseillent de ne pas trop parler au téléphone sans vous donnez la moindre preuve qu’il y a des écoutes téléphoniques au Congo. C’est le pays de la rumeur et de la suspicion, d’ailleurs certains médias de la presse écrite (suspendu ou interdit depuis) en ont fait leur fond de commerce.

Une ambiance de suspicion généralisée règne à Brazzaville. Alors on est mieux chez soit, on se bunkérise avec les siens. Du voisin, on ne veut surtout rien savoir en rehaussant les murs s’il le faut, d’ailleurs on ne le connaît pas, on ne le voit pas puisque lui aussi s’est bunkérisé.

Mais pourquoi et de quoi ont-ils peur ?

Les réponses à cette peur diffuse sont à rechercher dans le passé récent de cette ville et aussi dans le quotidien des Brazzavillois. Le sang a déjà coulé à Brazzaville, la ville a déjà connu des violences terribles et chacun s’en souvient encore comme si c’était hier, les coupables de ces crimes et les victimes se croisent dans les rues (chacun sait qui est qui et qui a fait quoi), les vainqueurs de la guerre avec leur mitraillette en bandoulière entretiennent d’une certaine manière ces souvenirs douloureux (pas un discours politique sans entendre des sornettes du genre "la paix durement acquises"), un pneu qui éclate et voilà que chacun cherche un abri, mieux vaut mourir chez soi avec les siens que dans la rue comme un animal. L’ennemi c’est l’autre, celui qu’on ne connaît pas et qu’on ne veut pas connaître.

Vivre aujourd’hui à tout prix, vivre maintenant coûte que coûte, telle est la préoccupation des Brazzavillois, "hier n’est pas mort, demain ne sera peut-être jamais, aujourd’hui je suis".

En effet, les congolais ont un passé douloureux et ils en parlent avec une certaine véhémence, aucun d’eux ne veux évoquer l’avenir (Dieu pourvoira), l’avenir des congolais est très noir parce qu’incertain, aucun projet fédérateur, aucune ambition nationale ne semble les concernés, une seule certitude : il faudra tout reprendre à zéro, absolument TOUT, en commençant par l’éducation.

Les mines et le pétrole sur lesquelles les autorités ont tout misé ne créent pas d’emploi, l’Etat ne crée pas d’emploi non plus (ce n’est d’ailleurs pas son rôle), l’école, haut lieu de l’éducation et de la formation est en ruine et personne ne semble prêt à commencer le travail de sa réhabilitation sauf dans les slogans. Année après année, budget après budget, plan après plan, le quotidien des congolais se durcit de plus en plus. Oui les congolais souffrent, ils sont tous sur la corde raide, ils n’ont plus d’épargne : "ça ira un jour", c’est le nouveau slogan à la mode au Congo.

Tous les troubles sociaux, les violences et les guerres dans le monde ont pour origine les mêmes causes : le chômage, la paupérisation, la misère, l’injustice, la corruption, les violences politiques etc. La ville de Brazzaville concentre tous ces maux depuis des décennies sans qu’aucun début de remède ne soit apporté. Tous les projets gouvernementaux dérapent ou n’arrivent jamais à terme ; les éléphants blancs (ces projets couteux qui ne servent à rien) se comptent par dizaine de millier au Congo.   

Personne ne croit à la paix chantée à toutes les sauces par ceux là même qui ont des mitraillettes dans leur attaché case, chacun est convaincu que le cycle des violences politiques n’est pas terminé et pourtant tout le monde prône la paix dans les églises, les partis politiques et les associations tout en usant des stratagèmes plus ou moins compliqués afin de ne pas être victime des prochaines violences.

C’est tellement facile et chic de parler de la paix, c’est plus difficile de la faire. La paix ne se décrète pas, la paix se négocie toujours avec l’adversaire ou l’ennemi, la paix c’est du donnant-donnant, les Européens l’ont démontré après la seconde guerre mondiale. Au Congo Brazzaville, villes des intellectuels pervers narcissiques personne ne semble avoir compris la leçon.

Ça va péter à Brazzaville, c’est une certitude, il ne peut pas en être autrement, tout le monde le sait et chacun se prémunie déjà, il ne peut en être autrement quand un petit nombre se goinfre et que la majorité crève la gueule ouverte. La seule question à se poser c’est : QUAND ? Le temps qui passe inexorablement en repoussant le moment fatidique est un allier pour certain (pourvu que ça dure chuchotent-ils sans y croire eux-mêmes) mais, le temps est aussi le pire des ennemis pour les laissé pour compte qui rogne leur frein et fourbissent des rancœurs en attendant leur jour... 

Tout le monde à peur à Brazzaville, même les très rares mercenaires étrangers du business qui viennent investir au Congo adoptent ces incongruités locales pour se tropicaliser. Le Congo Brazzaville est une zone à haut risque dans la zone rouge des pays des grands lacs et ce n’est pas prêt de changer en 2014.

Bienvenu dans un pays bizarre pourtant drôle.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 13:33

horreur.jpgBrazzaville mérite bien le classement de la ville la plus sale du monde, malgré les alertes, les cris de détresse, les épidémies récurrentes, l’explosion de la mortalité etc.…, rien, mais vraiment rien ne perturbe les autorités en charge des questions de salubrité publique. La population s’est par la force habituée à vivre comme des animaux dans la crasse, sur les immondices que personne ne semble plus remarqué.

A Brazzaville même les billets de banque sont sales, ils dégagent une odeur pestilentielle et peuvent causés des maladies à force d’être manipulé ou s’ils restent trop longtemps en contact avec la peau.

A Brazzaville, si vous rendez visite aux gens, ne leur demandé surtout pas d’allez aux toilettes ; même dans les bâtisses les plus cossues les toilettes sentent mauvais et pour cause, chaque construction est connecté à une fosse sceptique qui produit des remontées pas toujours agréable à sentir.

A défaut de fosse sceptique, on creuse un trou jusqu’à la nappe phréatique dans la parcelle et tout le monde y défèque jusqu’à ce que le trou soit plein ; la nappe phréatique contamine l’eau qu’on recueille au robinet si ce n’est celui de l’autre trou qui sert à puiser l’eau pour tous les besoins (faites l’expérience de remplir un verre d’eau avec le robinet et laissé reposer une dizaine de minute).

Résultat, beaucoup de congolais se plaignent d’avoir des maux de ventre ou des coliques compliquées qu’on arrive pas soigner et qu’on attribut à la sorcellerie, ignorance quand tu nous tient…

Il sied de rappeler ici que le litre de bière alcoolisée vaut moins cher que le litre d’eau minérale. Un de mes amis, Dominique F. me rappelait hier encore que cela faisait au moins 6 mois qu’il n’y avait pas d’eau au robinet chez lui à Bacongo, il habite prêt des maisons des chinois de l’avenue des 3 francs, Dieu merci il ne souffre pas des maux de ventre. L'eau c'est la vie nous dit-on et il n'y pas de vie sans eau, les congolais auront-ils appris à ne pas vivre tout en vivant quand même ??

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux, c'est ce que disait Benjamin Franklin, mais apprement celui-ci ne connaissait pas les congolais... 

Je me suis risqué un jour d’aller rendre visite à un ami qui travaille à la mairie centrale de Brazzaville, juste à coté du mémorial de la honte situé dans l’avenue des banques. De l’extérieur la mairie est une majestueuse bâtisse coloniale qui impose le respect, dès le premier étage vous êtes envahit par des odeurs de pisse malgré l’acharnement des femmes de ménage qui curent et récurent tous les coins, même dans ces hauts lieux, la saleté et les odeurs font partie du décor ; étonnant non ?

Au CCF (Centre Culturel Français) les toilettes du rez de chaussée sont constamment fermées à clef, il faut montrer patte blanche avant d’y accéder, là aussi c’est la même désolation, les miasmes et les remontées de la fosse sceptique vous donne envie de faire demi-tour, mais effectivement quand on a un besoin urgent, on ne peut pas faire autrement que de le faire, alors personne ne dit rien et tout le monde s’habitue.

Des immondices partout, des odeurs insupportables par endroit, des routes défoncées dans toute la ville malgré trois municipalisations accélérées ; (une aberration qui consiste à mettre des moyens financiers colossaux pour développer une région par an).

Un centre-ville minuscule quasiment inhabité et inadapté à la vie moderne et qui concentre tous les bâtiments administratifs dans les anciennes bâtisses coloniales. Une artère de deux fois voies avec un terre plein central pompeusement nommée boulevard est l’objet de tous les soins sans que les efforts et les moyens déployés n’en fasse une belle avenue ; cette artère qui part de l’aéroport jusqu’au rond point du CCF (le parcours le plus utilisé par le Président de la République), coupe le centre ville en deux pour aller se perdre de l’autre coté de la ville au quartier Mpila ; c’est dit-on ici avec un sourire ironique, le plus beau boulevard du pays ; boulevard qui d’ailleurs porte le nom du Konducator bien aimé (culte de la personnalité oblige…).

Tous les murs de façades sont sales à cause de la poussière, au milieu de la journée, il y a comme un brouillard épais de poussière en suspension dans la ville. Pour maintenir les murs de façade propre, il faut les repeindre tous les 6 mois, d’ailleurs je mets quiconque au défit à Brazzaville de faire l’expérience de marcher pendant 30 minutes dans n’importe qu’elle quartier et de se moucher avec un mouchoir blanc.

Dans les deux derniers arrondissements fabriqués de toute pièce à Brazzaville (arrondissement 8 : Madibou, arrondissement 9 : Djiri) pour juguler l’extension sauvage du quartier Makélékélé et Mfilou, les populations vivent comme au village, aucune voie bitumée, pas de structure sanitaire adéquat ect...., bref aucune présence de l’Etat sauf des commissariats déglingués ; on m’a même laissé entendre que dans ces quartiers les femmes accouchent dans les bosquets comme des animaux.

En fait Brazzaville est un grand village comme l’avait conçu le colon, sauf que ce grand village est la capitale d’un pays important, producteur de pétrole de surcroit. C’est me diront certains, le modèle Bantou de développement...

Alors qu’ailleurs dans d’autres villes on construit des hôpitaux modernes, des temples du savoir avec des universités connectées, des périphériques et des échangeurs (au Nigéria on vient d’inauguré le plus long pont d’Afrique construit en 5ans), à Brazzaville on en ait encore à se poser des questions sur l’utilité des égouts car ici chaque bâtisse à sa fosse sceptique et son groupe électrogène.

Aucune avenue digne de ce nom, aucune route qui répondrait aux standards internationaux, d’ailleurs tout le pays ne possède même pas une seule autoroute, une seule université qui n’a d’université que le nom pour tout le pays, trois lycées techniques dans cette ville tentaculaire qui n’a ni banlieue ni faubourg.

J’ai dénombré moins d’une dizaine de librairie dans toute la ville, d’ailleurs à quoi bon puisque les congolais ne savent pas lire et ne lisent jamais alors que le pays est l’un de premier pourvoyeur d’écrivain en Afrique subsaharienne. Si vous voulez cacher quelque chose à un congolais, placer la dans un livre. Incroyable mais vrai...

17 ans après la guerre civile, la ville de Brazzaville offre une vision dantesque comme si le pays était encore en guerre ; même la ville de Gaza en Palestine est mieux entretenue, d’ailleurs la Palestine qui est en guerre depuis plus de 50 ans avec son voisin Israël est mieux classée dans le Doing Business que le Congo Bazzar-ville. 

Brazzaville est une ville tentaculaire où règne l’anarchie malgré la présence omniprésente des forces de sécurité. Brazzaville est sale, c’est le moins qu’on puisse dire, on comprend pourquoi les nombreuses opportunités d’affaires qu’offre le Congo Brazzaville n’attirent pas les investisseurs et cela, malgré les nombreux voyages des autorités autour du monde pour faire venir les investisseurs. Même la très nombreuse diaspora congolaise s’abstient.

Le Congo Brazzaville n’est pas un bon pays pour les touristes, le Congo Brazzaville n’est pas un pays sexy pour les affaires, le Congo Brazzaville n’attire que les mercenaires et les casse-cous du business, ceux qui cherchent une rentabilité maximale en très peu temps. Toutes les banques étrangères qui s’installent dans le pays l’ont compris, elles sont là pour exclusivement participer à la grande fiesta du siphonage financier, du détournement et de l’évasion fiscale ; avec eux, les nombreuses entreprises spécialisées dans le transfert d’argent.

Le Congo Brazzaville c’est 342 000 km2 avec moins de 40 habitants au km2 avec les deux tiers de la population qui se concentrent sur les deux grands villages du pays, Brazzaville et Pointe-Noire.

Dans ces deux villages la règle c’est la promiscuité, tout le monde se frotte contre tout le monde chez soi à la maison comme dans la rue. Tout le monde s’entasse dans ces deux grands villages conçus par les colons sans aucun plan d’urbanisation ni de viabilisation faisant ainsi explosé leurs limites comme dans les favelas de Rio ou les bidonvilles de Manille.

A Brazzaville, dans une parcelle de 400 mètre carré, il n’est pas rare de voir cohabiter trois familles et leurs enfants sinon plus. Les gens sont entassés les uns sur les autres avec souvent des toilettes communes et tout le manque d’hygiène qui s’ensuit ; rappelé vous qu’il n’y a pas de service de ramassage d’ordures à Brazzaville ; chacun se débrouille avec ses déchets. Cette saleté et ce manque d’intimité pousse les gens dans la rue et, dans la rue chacun peut tout se permettre ou presque.

A Brazzaville la rue appartient à celui qui est le plus fort, comme dans la jungle ; quelqu’un peut se lever un bon matin et occuper un bout de trottoir pour y faire absolument ce qu’il veut sans que cela ne choque personne. Ainsi, on voit des personnes entreposer dans la rue leurs matériaux de construction (sable, gravier, etc..), d’autres s’accaparer d’un bout de trottoir pour y faire leur commerce.

N’importe qui peut décréter de faire la cuisine dans la rue, réparer sa voiture sur le trottoir ou même abandonner son véhicule en panne sur la chaussée pendant des semaines ; c’est le bordel organisé ou plutôt l’anarchie et la jungle en ville. Faute de toilette publique, il n’est pas rare de voir les gens faire pipi n’importe où et même déféquer en plein jour dans la rue ; j’en vois toujours une quand je passe par la patte d’oie aux abords du Stade Alphonse Massamba Débat. Ouvrez l’œil si vous passer par là.

Encore mieux que ça, les veillées. Là encore, une sorte de règle non écrite donne à tout citoyen tous les droits dès lors qu’il est éprouvé : le droit de s’approprier la partie de la rue qu’il estime nécessaire pour accueillir tous ceux qui viendront le soutenir et surtout le droit de faire autant de bruit qu’il veut.

Naguère dans les veillés mortuaires on entendait des pleurs et des lamentations en souvenir du mort, aujourd’hui ce sont les Disc-Jockeys dûment payés, avec du matériel de sonorisation hyper puissant qui assurent le tintamarre non-stop jusqu’au petit matin lors des veillés pour semble t-il dire au revoir au défunt. Ces veillés mortuaires sont devenues les hauts lieux de la drague et de la beuverie qui est ici un sport national, d’ailleurs les excentriques en mal de popularité nommée "les sapeurs", font régulièrement le tour des veillées de leur quartier pour se faire remarquer. Bizarre, vous ne trouvez pas ?

Brazzaville peut être noyer sous les immondices, manquer d’eau potable pendant plusieurs semaines sans que ça n’émeuve personne mais, supprimer la bière pendant trois jours à Brazzaville peut conduire à des émeutes et peut-être à la révolution.

A Brazzaville la rue est un espace de liberté ou plutôt un espace d’anarchie, les habitants de Brazzaville crachent beaucoup dans la rue, on urine dans la rue sans gène ; même les femmes urinent debout sans se souiller, on mange dans la rue dès le matin, on boit dans la rue ect… c’est aussi dans la rue qu’on règle ses problèmes, qu’on donne rendez-vous, qu’on fait des rencontres et qu’on se distrait, rappelons qu’il n’ y a rien pour se distraire à Brazzaville sauf les débits de boissons dans lesquelles on vous sert jusqu’à plus soif et les églises de réveil qui vous promettent des lendemains qui chantent.

Les débits de boissons sont dans toutes les rues, ils sont pris d’assaut dès les premières heures de la matinée ; ici on appelle cela "se mouiller la gorge". Presque toutes les femmes et tous les hommes arborent un petit ventre rond de la taille d’un ballon de rugby, conséquence de cette course effrénée à la beuverie, si vous rajoutez à cela l’anatomie particulière du nègre qui a un fessier exubérant, vous avez des personnes complètement difforme avec un fessier rebondit et un ventre rond, voyez le tableau !!

Personne ici ne veut croire que la bière fait grossir et que l’excès de poids ou l’embonpoint est le symptôme d’une mauvaise alimentation ; c’est presque la course effrénée à "qui sera le plus gros et gras", d’ailleurs les couturiers locaux taillent des vêtements sur mesure aux femmes et aux hommes pour mettre en valeur ces formes rebondies qui sont la particularité de l’anatomie nègre.

C’est un pays étrange qui, à la faveur de la misère et de la paupérisation a basculé du marxisme pur et dur des années 70 à une religiosité agressive, tout le monde ou presque ici croit en Dieu et au fétichisme.

Par nécessité ou par obligation, la rue est prise d’assaut par tout le monde ; la rue est un véritable spectacle à Bazzar-ville la ville de toutes les nuisances : nuisances olfactives, nuisances sonores, nuisances visuels ect…, Bazzar-ville est sale comme une ville à peine sortie des bombardements ; partout des épaves de voitures qu’on laisse rouiller sur place, dans les quartiers les belles bâtisses côtoient les bicoques, les taudis et  les habitations défoncées ; même les nouveaux bâtiments en construction paraissent sales.

Binevenu quand même à Bazzar-ville.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 08:25

Corrompu.jpgDans presque toutes les métropoles européennes les congolais de Brazzaville sont perçus comme des personnes civilisées qui aiment les vêtements et qui s’habillent bien grâce ou à cause des Sapeurs.

A Brazzaville, les Sapeurs sont la principale attraction des populations analphabètes et de ceux qui n’existent que par le paraître (je parais donc je suis).

Dans certains quartiers les Sapeurs sont perçus comme des stars nationales, on s’arrache leurs vidéos pour les visionner en boucle, certaines autorités en mal de popularité et d’idées font des pieds et des mains pour les approchés en espérant récupérer ce phénomène qui draine des électeurs potentiels. Il y eût même dans un passé récent un ministre de la République qui s’était autoproclamé président des Sapeurs…

La seule ambition de ces pseudos stars en mal de reconnaissance est d’exister aux yeux des autres et de paraître à tous prix, coûte que coûte. A Brazzaville, rares sont les Sapeurs élégants qui s’habillent avec goût, pour la plupart, la règle c’est plutôt le mauvais, tout est bon pour se faire remarquer avec des vêtements aux couleurs les plus agressives possibles.

Naguère criminalisé par le régime marxiste des années 70 qui les prenait pour des délinquants et les pourchassait, ce phénomène avilissant, bêtifiant qui détournait les jeunes des "bonnes" valeurs et surtout de l’école est aujourd’hui élevé au rang de culture nationale puisque les Sapeurs (ceux qui s’adonnent à la Sape) ont une place de choix pendant le défilé de la fête nationale où ils sont acclamés par tout le gouvernement. (Pauvre Congo !).

Une chose est vraie, au Congo Brazzaville, personne n’est indifférent au phénomène de la Sape. On aime ou on n’aime pas ! Un phénomène qui intéresse autant de personne rapporterait beaucoup d’argent et même des devises dans d’autres pays, sauf dans ce pays c’est le contraire. Le Congolais déteste le made in Congo, d’ailleurs il n’y a presque rien de made in Congo dans ce pays où même le cure dent est importé.

Autour de ce phénomène, aurait pu se greffer un business ou une véritable industrie de la mode pour satisfaire tous les amoureux du vêtement or, au Congo Brazzaville il en est autrement. Aucun couturier congolais d’envergure national ou international, aucun mannequin congolais que la planète entière nous envierait malgré les sommes folles investi dans l’habillement par ces ratés sans talents et lobotomisés qui ne peuvent excellés que par le paraitre.

Chaque civilisation ou plutôt chaque peuple à sa notion du beau, ainsi, les chinois, les arabes, les européens, les sénégalais, les indiens ect…, mettent en valeurs leurs propres langues et construisent le beau à partir leurs cultures et de leurs fabrications locales.

Le Congo Brazzaville est l’un des rares pays où tout ce qui vient d’ailleurs est plus beau, mieux et plus important que tout ce qui est local. On mange des pommes et des raisins toute l’année au Congo Brazzaville alors que ces produits ne sont pas cultivés sur place (vive la mondialisation).

Le congolais de Brazzaville parle français dès le berceau à tel point qu’il en a fait sa première langue, même ceux qui ne savent ni lire ni écrire parlent couramment la langue de Molière, le congolais s’intéresse beaucoup au différent championnat européen, il sait tout de la politique française, il importe 85% de ce qu’il consomme et toute l’économie du pays est aux mains des étrangers. Ici on ne connaît pas le patriotisme économique ni même le protectionnisme alors que tous les pays du monde s’y adonnent ; allez y comprendre quelque chose.

L’industrie qu’aurait pu créer le phénomène de la Sape au Congo Brazzaville a été supplantée par le business de la friperie. Mes amis ouest africains de Paris ne me croiraient pas si je leur disais que 90% des congolais s’habillent avec des friperies importées d’Europe et d’ailleurs. Triste réalité…

Dans tous les pays du monde l’habit correspond aux saisons, quand il fait froid on s’habille chaudement et quand il fait chaud on s’habille léger, ici c’est pas le cas ! Presque tous les jours je me tors de rire en voyant des personnes habillées en manteau de fourrure dans les rues de Brazzaville alors qu’il fait 35° à l’ombre. Ici la cravate est un signe de reussite sociale, alors tout le monde en met quelque soit la saison pour paraitre.

Comme les voitures d’occasions que les européens ne veulent plus conduire et qui encombrent les routes de Brazzaville (9 voitures sur 10 qui circulent au Congo sont des occasions d’Europe), un phénomène nouveau qui était encore confidentiel dans les années 70 est en passe de devenir une véritable industrie.

Encore moins cher que le "made in china" désormais hors de porté des bourses congolaises, les friperies naguère appelé "sôla" (choisis en français), réservés au population démunies de l’intérieur du pays, sont devenus les premiers habilleurs des congolais. C’est l’un des meilleurs indicateurs de l’avancer de la paupérisation de la population congolaise dans ce pays qui n’a pas de service de statistique (ici les autorités cultivent le floue dans tous les agrégats pour des raisons biens connues).

Comme je le disais plus haut, presque tous les Congolais ont des friperies dans leur garde linge et on en vend partout, dans tous les marchés bien sûrs, sur les étalages de fortune, dans les rues et les avenues très fréquentés, accrochés à des échafaudages compliqués ou étendu à même le sol.

Il y en a pour tous les goûts : sandales, chaussures de ville et de sport, chaussettes, collants, vêtements de toutes sortes, sous-vêtements hommes et féminins, rideaux, serviettes de bain, gants de toilette ect…. Aucun domaine n’échappe à la friperie. Tout ce que la société de consommation occidentale ne veut plus utiliser et même les sous-vêtements, retrouve une seconde vie au Congo Brazzaville.

Ces friperies arrivent par container entier au port de Pointe-Noire où comme d’habitude, les grossistes sont des étrangers. Ces friperies font vivre beaucoup de personnes et rendent vraiment service aux populations qui sans cela seraient habillés avec des guenilles.

Quand ils prennent possession de leurs ballots de friperie achetée 120 000 CFA (prix de gros), les revendeurs ne savent pas sur quelles marchandises ils vont tombés. Dès l’ouverture d’un ballot de friperie c’est la bousculade, les clients cherchent la bonne affaire, le beau vêtement à un prix défiant toute concurrence, c’est au petit bonheur la chance…

D’autres détaillants font appel aux pressings spécialisés qui se sont crées autour de ce phénomène pour défroisser les friperies afin de les rendre plus présentables sur les rayons des magasins chics. Une amie de Pointe-Noire qui vie exclusivement de ce commerce depuis 2 ans m’a assurée qu’elle en a fait sa principale activité juste devant la porte de son habitation et qu’elle arrive à écouler au moins deux ballots de friperies par semaine. Un commerce rémunérateur donc où chacun trouve son compte, du client final au grossiste en passant par les revendeurs, les "défroisseurs" et surtout l’occidental qui ne sait pas quoi faire de ses déchets.

Le Congo Brazzaville est vraiment un drôle de pays, le Sapeur qui exhibe ses chaussures à 1 million CFA comme un trophée à du mal à faire vivre ses enfants qui s’habillent avec des friperies. Tous le temps qu’il passe à chercher le beau vêtement est du temps perdu pour ses enfants qu’il n’a pas le temps d’éduquer. Quelqu’un disait que la médiocrité est héréditaire, au Congo Brazzaville elle semble être congénitale…

Pendant que certains pays construisent des universités pour préparer le futur, organisent l’émulation des jeunes dans les écoles pour les inciter à être meilleurs et cherchent des solutions pour ne plus dépendre de l’extérieur dans tous les domaines, au Congo Brazzaville on encourage la médiocrité en sanctifiant le paraître ; résultat : nous en sommes à importer les déchets que d’autres ne veulent plus pour habiller nos populations et les rebuts sortis des casse-auto européennes pour avoir des moyens de locomotions modernes dans nos villes. 

 Les jeunes pourtant majoritaire dans la population sont réduits à la mendicité et à la débrouille avec pour seul modèle les Sapeurs et les corrompus ou corrupteurs qui exhibent leurs biens très mal acquis.

Le Congo Brazzaville victime des railleries quasi quotidiennes dans la presse étrangère est en passe d’être débaptisé par les médias étrangers ; le pays des Sapeurs se fait maintenant désigné par "le pays des biens mal acquis" pour le différencier de son grand voisin qu’est la RDC…

Il faut effectivement vivre au Congo pour se rendre compte que c'est vraiment un drôle de pays, d'ailleurs tous les étrangers qui y vivent et même nos amis et frères chinois ne comprennent pas que ce pays soit aussi drôle...

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 15:49

directions.jpgDans tous les pays du monde, dès les premières heures de l’aurore, des femmes et des hommes sillonnent les artères des villes pour faire fonctionner l’économie. L’hyper activité qui gagne la ville de Brazzaville dès les premières heures du matin pourrait faire croire que cette ville est créatrice de richesse, en fait, il n’en ait rien.

Aussi paradoxale que cela puisse paraître, au Congo Brazzaville il n’y a pas d’économie à faire fonctionner donc pas d’emploi à créer, mais il y a le pétrole dont tout dépend.

En effet, dès les premières heures du matin, la seule artère qui désenclave le quartier le plus peuplé de Brazzaville (l’avenue de l’OUA) est pris d’assaut. Tout le monde se discute les quelques kilomètres qui séparent le quartier de Makélékélé et de Bacongo au centre ville.

Taxi, bus, mobylette, engins roulants non identifiables de toutes sortes (brouettes, pousse-pousse, et autres) sont pare-chocs contre pare-chocs, ils se battent à coup de klaxon, d’insultes et de gestes obscènes pour se frayer un chemin ; un brouhaha énorme qui semble vous enveloppé. Ajoutez à cela le nuage de poussière que soulèvent les véhicules et les odeurs malodorantes et vous avez le tableau complet.

Les agents de la circulation tentent avec beaucoup de mal de fluidifier la circulation ; sur les trottoirs toujours recouverts d’immondices et de détritus, c’est la foire d’empoigne entre les piétons qui cherchent à se frayer un chemin en jouant des coudes et les vendeurs ambulants ou sédentaires qui y font tous leurs besoins. Ici le piéton n’est pas prioritaire même sur les trottoirs.

A Brazzaville en effet, chacun peu étaler sa marchandise ou même déféquer et pisser où bon lui semble, sauf sur les artères empruntés régulièrement par le président de la République.

A même le sol, sur le trottoir ou sur des établis de fortune, toutes sortes de "machins locaux ou des choses importés", mais aussi de l’alimentaire et des victuailles sont à vendre, dès l’aube les vendeurs s’affairent car c’est bientôt l’heure de pointe.

Dans les rues adjacentes tout le monde déborde d’activité, des sortes de lupanars pompeusement nommés restaurant ne savent déjà plus où donner de la tête. On y sert dès le matin toutes sortes de mets, du petit déjeuner, des grillades et surtout le bouillon (beaucoup d’eau salé dans laquelle on plonge quelques morceaux de poisson ou de viande) arroser de bière locale.

L’alimentation congolaise est devenue tellement pauvre qu’on retrouve les mêmes plats dans tous ces endroits sans hygiène à la propreté douteuse. Sur les grandes avenues, le passage des véhicules à toute allure soulève de la poussière qui recouvre les aliments crus ou cuits sans que personne ne soit choqué. C'est le charme du Congo et je dois me tropicalisé pour avoir un autre regard me dit-on...

La ville se réveille, il est 6H30.

Au milieu de cette avenue de l’OUA séparée par un terre plein central et délimitée par des profonds caniveaux, véritable bouillon de culture que personne ne prend la peine de nettoyer, se trouve le marché Total, le plus grand marché de la ville, tellement grand qu’il empiète largement sur l’avenue, personne ne peut savoir combien il y a de vendeurs dans ce marché ; d’ailleurs un marché moderne est en construction pour le remplacer mais personne ne connaît la date de la fin des travaux ni même si le nouveau marché pourra contenir tous les vendeurs.

Il faut donner du temps au temps, c’est vrai que ici le temps ne compte pas, le calendrier ne sert qu'à décorer et la montre un simple bijoux.

C’est un miracle si sur cette avenue de l’OUA on ne déplore pas plusieurs morts par jour, rien que sur la portion de l’avenue qui jouxte le marché Total, il n’y a pas moins de trois gares routières, des arrêts de bus, des parkings de stationnement pour taxi, des porteurs avec brouette et des vendeurs ambulants qui virevoltent entre les véhicules et les passants pour vendre leur marchandise.

Il est 7H00, c’est déjà l’heure de pointe, sur la chaussée plus rien ne semble bougé, les objets roulants sont comme immobilisés. Impossible de trouver une seule ruelle sans vendeurs dans toute la ville de Brazzaville, les congolais qui négligeaient le commerce semblent déterminés à investir ce secteur d’activité sauf que ce qu’ils vendent pour la plupart ne peut leur permettre d’avoir des revenus conséquents.

Le marché Total est le haut lieu de la grande et de la petite débrouille. Quelques échoppes pompeusement nommées galeries, souvent gérer par des mauritaniens, des chinois et autres ouest africains tirent quand même leurs épingles du jeux. Le jour, il ne faut surtout pas avoir besoin de faire pipi ou d'avoir la diarhée quand on est dans le marché ; seul les vendeurs savent où se diriger quand on a un besoin urgent.

Il est 7H30, les DJ et les vendeurs de CD piratés ont déjà tourné le volume de leurs sonorisations au maximum pour que leurs musiques frappent dans l’oreille du passant. Le bruit est insupportable entre les querelles des automobilistes qui se disputent le passage, les églises de réveil qui rendent grâce au nouveau jour qui commence et le marchandage des clients déterminés à acheter au prix qu’ils ont décider eux.

La seconde voie défoncée (actuellement en travaux pour permettre à l'ambassadeur de france d'accéder à son domicle de la case De Gaulle) pour sortir de ces deux quartiers surpeuplés est un détour impraticable dont les trous et les crevasses sont régulièrement recouvertes de tout et n’importe quoi. Par endroit, en saison de pluie, il faut quasiment un véhicule amphibi pour sortir des crevasses qui jalonnent la chaussée. Tous ceux qui veulent sortir de ces deux quartiers se retrouvent dans cette unique avenue, l'avenue de l'OUA. C’est vraiment un bordel organisé.

Le goulot d’étranglement entre la voie défoncée et l’avenue de l’OUA se situe au rond point du Centre Culturel Français (CCF). Bloqué cette avenue au niveau du CCF et c’est la moitié de la population de Brazzaville qui est bloquée. C’est d’ailleurs ce qui se passe à chacune des  sorties du maitre du pays, sécurité oblige.

Chaque fois que le Président de la République sort de sa tanière pour aller faire pipi, acheter du pain, ou rendre visite à un de ses amis c’est le branle bas de combat ; des hommes en arme munis de lance flamme, de missile sol-air, de mitralletes et de tout autres engins sortis des dernières guerres d'europe se mettent en place pour sécuriser le parcours du chef. Le rond point du CCF est verrouiller, c’est la guerre à chaque sortie du Président et tant pis pour ceux qui ont des rendez-vous, tant pis pour "l‘économie", tant pis pour les malades qui voudraient accéder aux hôpitaux. Incroyable mais vrai.

Ce jour-là j’étais déterminé à me rendre à l’ONEMO. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’ONEMO est le sigle de l’agence pour l’emploi au Congo Brazzaville. Comme dans tous les pays, tous les recruteurs sont obligés par la loi à transmettre leurs besoins en  recrutements à cette agence.

A Brazzaville, l’ONEMO est situé au quartier Mpila, quelques centaines de mètres après le port du beach, un endroit inaccessible, presque le  bout du monde pour beaucoup de chercheurs d’emploi comme moi. Pour m’y rendre depuis Makélékélé, il m’avait fallu payer deux courses de taxi soit 2000 FCFA, (une petite fortune dans ce pays et pour un chômeur comme moi).

Arrivée sur les lieux, l’endroit était presque désert mis à part des militaires en faction comme à l’entrée de tous les bâtiments administratif et les beaux véhicules des employés de l’administration.

Des chômeurs je n’en vis point ; je ne n’allais pas tarder à comprendre la raison de ce désert. Je hochais la tête en signe de bonjour pour chaque personne que je croisais en m’approchant timidement du panneau d’affichage. Là sur le panneau, les quelques offres d’emploi dataient du mois dernier ou même d’avant et n’étaient plus valables, on avait simplement oublié de les décrocher.

Pas content je demande à rencontrer la personne qui était chargée d’afficher les nouvelles offres d’emploi, on me montre son bureau et quelques minutes après j’étais devant l’employé chargé de collecter les offres d’emploi et de les afficher. Je lui dis ma surprise de ne rien trouver sur le panneau et il me répondit qu’il n’y avait effectivement aucune offre d'emploi depuis séjà plusieurs années.

Nous sommes à Brazzaville la ville la plus peuplée du Congo avec des milliers d’entreprises et vous me dites qu’il n’y a aucune offre d’emploi, même pas de manutentionnaire ? Non monsieur hélas, la seuledemande qu’on m’a transmis depuis deux semaines est cette demande de DRH avec 10 ans d’expérience ; si vous pensez remplir les conditions, laisser nous votre dossier.

Après avoir dit merci et au revoir, je repris un autre taxi à 1500 FCFA la course pour rentrer chez moi. La réalité est simple, officiellement il n’y a pas de job au job au Congo Brazzaville. Pour trouver un job ou faire des affaires au Congo Brazzaville il faut avoir un "Morabissi", (ça sera l’objet d’une autre chronique) ou connaitre les bonnes portes.

Brazzaville est en fait une ville de fonctionnaire qui sont payés exclusivement avec l’argent du pétrole, pétrole qui d’ailleurs ne crée pas d’emploi (avec le temps, même ma grand-mère qui ne sait ni lire ni écrire à fini par le comprendre). Des structures privées et des unités de productions il n’y en a pas beaucoup.

Brazzaville est infesté d’hôtels souvent vides toute l’année, le Congo Brazzaville n’étant pas une ville touristique puisqu’il n’y a quasiment rien à visiter, sauf les Nganda et les caves, ces lieux où on vous sert de la mauvaise bière qu’on boit au goulot dès 7H00 du matin. Là encore je me demand pourquoi dans ce pays on boit au goulot même dans les meilleurs restaurants, si vous avez la réponse, ça m'aiderait beaucoup pour comprendre ce drôle de pas.

Le pays est réputé dangereux et politiquement instable par les grands majors du tourisme mondial qui commencent le nommé par "le pays des biens mal acquis" ; les congolais sont en passe de devenir les champions de monde en techniques de dissimulation et en siphonage d’argent public qu’on nomme ici par les "antivaleurs" pour ne pas stigmatiser ceux qui s’y adonnent.

En fait c’est de vol et de corruption qu’il s’agit et, le vol et la corruption sont criminalisés alors que les antivaleurs ne figurent pas dans le code pénal. Je vous l’avais dit, c’est vraiment un drôle de pays.

Vous comprenez pourquoi l’hyper activité de la ville de Brazzaville ne crée aucune richesse ni emploi et pourquoi il n’y a pas d’économie au Congo.

Je vous l’avais dit, c’est un pays pas comme les autres, un drôle de pays qui ne sait pas quelle direction prendre, un pays qui tourne en rond, un pays même pas capable de faire comme les autres pays.

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 10:20

Pas un jour sans délestage ou coupure d’électricité

lemessie.jpgDepuis que je tente péniblement de m’installer à Brazzaville, les rares fois où j’ai pu bénéficier de l’électricité toute la journée au bureau ou à la maison sont à compter sur les doigts d’une main.

Les coupures d’électricité sont quotidiennes et d’ailleurs ce sont ces coupures d’électricité qui déterminent l’heure de mon départ du bureau. Pas d’énergie, pas de travail, pas de création de richesse donc pas de progrès ni de développement possible, tout le monde le sait et pourtant, en 54 ans d’indépendance, les problèmes fondamentaux d’énergie et de l’eau potable n’ont pas encore trouvé un début de commencement de réponse ; c’est le Bazzar total.

Conséquence fâcheux de ces coupures d’électricité que les autorités ne peuvent ni prévoir ni annoncer, deux ordinateurs grillés, un appareil radio qui a sauté au plafond et un réfrigérateur hors service qui heureusement était encore sous garantie, ce n’est qu’après ces désagréments que j’ai été informé que dans ce pays, chaque appareil électrique doit être raccordé à un onduleur et à un stabilisateur ou le contraire. Bête comme je suis, je me suis emporté en rétorquant : "c’est écrit où qu’il faut des onduleurs et des stabilisateurs pour chaque appareil électrique"En fait c’est comme l’histoire du panneau stop qui a disparu. Elle est drôle celle-là, alors je vous la raconte.

Un jour j’ai eu l’outrecuidance de demander au taximan qui me conduisait pourquoi il marquait un temps d’arrêt alors qu’il était sur une route droite et bien dégagée. Après m’avoir dévisagé, il comprit que j’étais nouveau dans la ville, alors il me répondit "il y avait un panneau stop avant la guerre", pas content de la réponse je lui rétorqua "et celui qui n’était pas là avant la guerre, il sait comment qu’il faut marquer un temps d’arrêt, puisqu’il n’y a rien pour le signaler". Agacé le taximan me répondit qu’il y avait beaucoup d’endroit comme ça dans la ville et qu’en cas d’accident celui qui n’était pas là avant la guerre aura tors puisque n’ayant pas respecté le code de la route. Je failli m’étrangler de rire, mais le taximan avait l’air tellement sérieux que je fut obligé de me retenir.

En fait, bien que le code de la route congolais soit calqué sur le code de la route français, il y a cependant des spécificités sur le terrain : l’absence des panneaux de signalisation par exemple. Néanmoins il faut faire comme si ces panneaux étaient bel et bien là et tout le monde fait comme si les panneaux de signalisation étaient bien là. Le comble c'est quand des policiers sérieux vous expliquent qu'il fallait respecter un panneau qui à exister dans le passé.

Je vous l’avais dit que c’est un pays pas comme les autres, mais revenons à mon sujet du jour.Des milliards de francs CFA sont budgétisés et engloutit chaque année depuis 30 ans dans le secteur de l'énergie ; des ministres qu'on nous présentent comme des surdoués (les meilleurs de leur génération) ont occupés ou occupent le ministère de l'energie ; des partenariats ont été noués avec les grands majors de l'energie dans le monde, l'année dernière on a vu les véhicules de la société française EDF (l'un des leaders mondiaux dans le secteur) sillonnés les rues de Brazzaville pour solutionner les problèmes d'energie au Congo ; et pourtant rien n'y fait, aucun résultat visible.

En 2014, le Congo dit Brazzaville qui veut devenir pays émergent en 2025, n’est pas capable de produire de l’énergie en qualité et en quantité pour faire fonctionner un appareil électrique non-stop ; c’est cela la réalité.

Pourtant, en 2012, on avait assisté à l’inauguration en grande pompe et fanfare par les maîtres du pays de la centrale hydro-électrique d’Imboulou financée et construite par nos amis et frères chinois ; cette centrale hydro-électrique avait pour vocation de résoudre les problèmes énergétiques des habitants de la ville capitale. Certains s’étaient même hasardés à faire croire aux congolais que leur pays allait devenir exportateur d’électricité.

En fait il n’en ait rien, depuis son inauguration la centrale hydroélectrique d’Imboulou n’a jamais répondu aux attentes de ses concepteurs et encore moins de la population à cause de la corruption généralisée qui génère le manque de contrôle, les malfaçons et les erreurs de calculs entre autres ; c’est d’ailleurs le cas de toutes les édifices publics construits ou en cours de construction au Congo Bazzar. 

Le charbon à bois qui accélère la déforestation reste toujours l’énergie bon marché la plus utilisée au Congo Bazzar à tel point que les dépôts à charbon installés dans tous les quartiers de Brazzaville ne désemplissent pas. Tous les jours des camions remorques rentrent dans Brazzaville, chargés à ras bord de sac de charbon à bois. 

Nos frères chinois qui sont passé maître dans la construction de villes nouvelles modernes chez eux en chine, ne font que des chinoiseries au Congo Bazzar et, les populations les montrent comme les boucs émissaires de tout ce qui ne fonctionnent pas. En fait il n’en ait rien, on peut indexer les entreprises chinoises parce qu’elles ne créent pas d’emplois, mais, pour les malfaçons et il y a surtout ce qu’on appelle ici le D.E.P. et la règle non-écrite des 20% qui démolissent tous les projets de développement. 

Pour ceux qui ne connaissent pas, le D.E.P. (Directeur des Etudes et de la Planification), c’est un homme puissant par lequel transite tous les appels d’offres de chaque ministère ainsi que le budget de fonctionnement. Le D.E.P. est généralement l’homme de confiance et le fusible du ministre pour tout ce qui concerne les affaires financières et de gestion de budget. Au Congo Brazzar, tous les D.E.P. sont des frères de ministre, des cousins ou des parents très proches du ministre. 

La règle non-écrite des 20% oblige chaque opérateur économique et chaque entreprise à qui on octroie un marché public de rétrocéder 20% du montant total du marché au ministre par l’intermédiaire du D.E.P. sans cela, l’entrepreneur ou l’entreprise n’obtient pas le marché. Dans tous les appels d’offres au Congo Bazzar les dés sont pipés d’avance car même si vous avez la meilleure offre au meilleur coût, il faut accepter la règle des 20%, à moins d’avoir un "Morabissi"  ou un facilitateur efficace ou très influent.

Tous les projets réalisés ou en cours de réalisation obéissent à cette règle et sont donc de fait amputé des moyens financiers nécessaires à leurs bonnes exécutions ; c’est pour cela que bien souvent l’opérateur se rabat sur des matériaux moins couteux. Nos frères chinois sont donc accusés à tors car les congolais et leurs autorités sont passés maitres dans l’art du camouflage et du détournement des règles. 

C’est aussi la raison pour laquelle la ville capitale est l’une des villes les plus sales du monde malgré trois municipalisations accélérées, et qu’aucune de cette aberration de "municipalisation accélérée" n’a apporté un semblant de mieux être aux populations

Tenez, l’hôpital de Louandjili est déjà en phase de réhabilitation moins de 20 ans après son inauguration, la nationale N° 1 Pointe-Noire – Brazzaville qui ne sera jamais terminer dans 10 ans à l’allure où vont les travaux est devenu un mouroir sur le tronçon Pointe-Noire – Dolisie,  La centrale électrique d’Imbolou aurait déjà 3 turbines hors services à peine inauguré etc...; on peut continuer pendant des heures à égrener le catalogue des choses qui ne fonctionnent pas au Congo Bazzar.

Il paraît que aujourd’hui c’est mieux qu’avant me disent certaines personnes qui voient des changements là il n’y a que de la crasse et du bricolage. Dans les années passées me dit-on, la ville de Brazzaville restait plongée dans le noir des semaines entières, ouf ! Je n’ose y penser, je serais donc arrivée au bon moment dans la ville. 

Alors je pose des questions idiotes, on fait comment dans les hôpitaux sans électricité car généralement l’électricité disparaît en même temps que l’eau. Réponse : Les groupes électrogènes pour les urgences seulement, pour la morgue par exemple on laisse pourrir les cadavres ou alors il faut enterrer au plus vite ce que moi même j’avais été contraint de faire lors de la mort de ma fille dans un taxi, faute d’ambulance médicalisé. Drôle de pays, je vous l’avais dit que c’est un drôle de pays.

Les rumeurs de sécheresse ou de pénurie d’eau sont récurrentes à Brazzaville, une véritable psychose dans les têtes des gens, ça ne sera pas la première fois de l’année. Dans ce pays la rumeur précède toujours l’information, à l’ère d’internet et du téléphone portable, le bouche à oreille et le tam-tam africain sont souvent les meilleurs vecteurs de l’information, et pourtant, les moyens existent pour informer officiellement les populations. 

Comme quoi, n’est pas moderne qui veut, le developpement ou l'industrialisation ne se décrète pas. L'émergeance non plus. Derrière les belles cravates et les valises de diplômes se cachent souvent des hommes de Neandertal qui n’ont jamais quitté l’ère de la guerre du feu et se contentent de la médiocrité. 

Bienvenu au Congo Bazzar…

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article
30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 09:14

la_congolaise.jpgUnité, Travail, Progrès, telle est la devise du Congo Brazzaville, sur presque toutes les entrées des bâtiments administratifs congolais est écrit l’horaire légal administratif, c’est à dire l’heure de début et l’heure de fin de service (7H00 – 14H00).

Dans la réalité, les petites mains qui font tourner toute la machine administrative et même dans les entreprises d’Etat les gens arrivent sur le lieu de travail aux environs de 8H30 pour les plus dynamiques, les cadres et les petits chefs, qu’ils soient véhiculés ou pas arrivent vers 9H30. Les dirigeants et les chefs eux n’arrivent pas à leur lieu de travail avant 10H00.

Ici, le travail est presque une activité secondaire ou même un loisir, on va au travail pour  faire acte de présence, figurer sur le cahier d’émargement et surtout rencontrer les copains, tout le monde est démotivé, très peu de personne trouve de l’intérêt à leur travail.

Dans les bureaux ou les ateliers, chacun donne la priorité à la gestion de ses propres petites affaires, de ses combines ou de "ses situations compliquées à régler" à travers le téléphone portable (chaque congolais à au moins 2 appareils de téléphone portable pour palier aux caprices du réseaux). Les chefs et les cadres eux font de même (priorité aux combines), ils utilisent leurs petits pouvoirs jusqu’à l’usure et ne veulent surtout pas céder leur place, en effet la première chose qui frappe c’est la population vieillissante de ceux qui travaillent alors que les jeunes, plus nombreux dans la population sont cantonnés dans la débrouillardise qui est qualifié d’INFORMEL pour faire beau.

Ici, tout est compliqué, dès qu’on leur parle de ponctualité au congolais, ils vous répondent avec un sourire jaune que c’est l’heure des congolais comme si les congolais avaient une heure particulière et quand on insiste en mettant un parallèle entre le respect et la ponctualité, ils vous catégorisent comme quelqu’un d’anormal.

Tout le monde perd du temps en fait perdre aux autres, aucune capacité d’anticipation comme si l’éternité était un acquis. On remet toujours à demain sinon au surlendemain ce qu’on aurait pu faire le jour-même. Dans le monde du travail les délais sont des indicateurs dont personne ne tient compte, quand à l’heure, c’est une donnée purement indicative, une probabilité dont la variabilité peu aller jusqu’à une semaine voir un même un mois.

Pour la plupart d’entre eux, les raisons des retards sont les mêmes, les embouteillages, la pluie ou des situations compliquées à gérer. L’effritement de la conscience professionnelle et la nonchalance seraient due au copinage dans la gestion des carrières et des salaires, aux comportements anachroniques de la classe dirigeante qui s’offre des salaires exorbitants et s’enrichie impunément avec une obscénité qui dégoute et démotive les meilleurs travailleurs. En fait chez les congolais le travail n’est pas une valeur cardinale ; la débrouille et les petites combines sont prioritaires. Quand à la compétence, c’est une autre histoire... Pour savoir qu’un travail a été exécuté par un congolais, il suffit de regarder la finition. Les congolais qualifiés ou hautement qualifiés sont rares au Congo à tel point que les entreprises même petites sont obligées d’avoir recours à la main d’œuvre étrangère. Pas de professionnalisme, aucune qualification ou presque mais des salaires exorbitants, voilà le tableau...

Et puis, vous répondent-ils "de toute façon, qu’on soit présent à son lieu de travail ou pas, que l’on travaille bien ou pas, on est quand même payé".

Le Congo Brazzaville est entrain de mourir parce qu’on favorise la facilité et surtout parce qu’on donne la priorité au parent ou à l’ami qu’on ne peut pas sanctionné or dans le monde du travail, le manque de sanction est synonyme à la mort.

Quand le Congo Brazzaville changera de dirigeants, (ce qui ne saurait tardé) il sera très difficile de remettre les congolais au travail tellement la culture de l’oisiveté à pris le pas sur la valeur travail, or sans le travail, le progrès est impossible ; quand à l’unité du peuple congolais inscrit dans la devise, c’est presque un mirage…

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Culture
commenter cet article

  • : Mampouya.com
  • Mampouya.com
  • : Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
  • Contact

  • Patrick Eric Mampouya
  • Patrick Éric Mampouya
  • Patrick Éric Mampouya

Recherche

Mes Héros : Mort Pour un Autre Congo

bruno-ossébighislin_simplice_ongouya.jpg

Congo : Textes Divers

2306_Bourses_etudes.pdf 2306_Bourses_etudes.pdf bilan matondo congo bilan matondo congo Bruno-OSSEBI.doc Bruno-OSSEBI.doc Budget-de-l-Etat-Exercice-2007.pdf Budget-de-l-Etat-Exercice-2007.pdf Budget-de-l-Etat_Exercice-2008.pdf Budget-de-l-Etat_Exercice-2008.pdf Code-des-Investissements-Miniers-du-Congo.pdf Code-des-Investissements-Miniers-du-Congo.pdf Code-Forestier-du-Congo.pdf Code-Forestier-du-Congo.pdf Constitution-du-15-mars-1992 Constitution-du-15-mars-1992 Constitution du 29 novembre 2001 Constitution du 29 novembre 2001

Contrat-Consulting-Longbeach-Bermuda-Elenga-LTD.jpg Contrat-Consulting-Longbeach-Bermuda-Elenga-LTD.jpg Contrat-Consulting2.jpg Contrat-Consulting2.jpg Contrat-Consulting3.jpg Contrat-Consulting3.jpg Contrat-Consulting4.jpg Contrat-Consulting4.jpg Contrat-Partage-HM-NKOSSA-Contrat-PP.pdf Contrat-Partage-HM-NKOSSA-Contrat-PP.pdf Contrat-Partage-Kouakouala.pdf Contrat-Partage-Kouakouala.pdf Contrat-Partage-Kouilou.pdf Contrat-Partage-Kouilou.pdf Contrat-Partage-Madingo.pdf Contrat-Partage-Madingo.pdf Contrat-Partage-MarineVI-VII-KITINA.pdf Contrat-Partage-MarineVI-VII-KITINA.pdf Contrat-Partage-MarineX.pdf Contrat-Partage-MarineX.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Nord.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Nord.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Sud.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Sud.pdf Contrat-Partage-PEX.pdf Contrat-Partage-PEX.pdf Contrat-Partage-PNGF-Contrat-PP.pdf Contrat-Partage-PNGF-Contrat-PP.pdf D-cret-n--2004-30-du-18-f-vrier-2004.doc D-cret-n--2004-30-du-18-f-vrier-2004.doc  D-cret-n--2008---5-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---5-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---56-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---56-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---58-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---58-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---60-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---60-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---64-du-3i-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---64-du-3i-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---t5-du-n-f-vrier-2008.pdf D-cret-n--2008---t5-du-n-f-vrier-2008.pdf D-cret-n--2008--3-du-11-janvier-2008.pdf D-cret-n--2008--3-du-11-janvier-2008.pdf D-cret-n--2008-84--.-du-15-avril-2008.pdf D-cret-n--2008-84--.-du-15-avril-2008.pdf D-cret-sur-la-transparence.pdf D-cret-sur-la-transparence.pdf D-cret-sur-les-op-rations-des-services-de-l--tat.pdf D-cret-sur-les-op-rations-des-services-de-l--tat.pdf decret-election-presidentielle.jpg decret-election-presidentielle.jpg decret_du_09_10_2008.pdf decret_du_09_10_2008.pdf Enl-vement-des-Stocks-de-P-trole-2005.pdf Enl-vement-des-Stocks-de-P-trole-2005.pdf Facture-d-Hotel-de-Sassou---N-Y.pdf Facture-d-Hotel-de-Sassou---N-Y.pdf

Feuilledecomptabilit-1.pdf Feuilledecomptabilit-1.pdf Guide du journalisme indépendant Guide du journalisme indépendant Le Plan Mouébara au CMAS 1 Le Plan Mouébara au CMAS 1 Le Plan Mouébara au CMAS 2 Le Plan Mouébara au CMAS 2 Le Plan Mouébara au CMAS 3 Le Plan Mouébara au CMAS 3

Les-Sages-Mbochis.pdf Les-Sages-Mbochis.pdf Les-factures-du-fils-de-Sassou.pdf Les-factures-du-fils-de-Sassou.pdf Statuts de T. I. France Statuts de T. I. France LISTEOP_C2G-EY.pdf LISTEOP_C2G-EY.pdf Loi-Electorale-du-Congo.pdf Loi-Electorale-du-Congo.pdf Loi-du-24-novembre-2001.doc Loi-du-24-novembre-2001.doc Loi-176-2003-du-18-janvier-2003.doc Loi-176-2003-du-18-janvier-2003.doc LISTEOP_KPMG.pdf LISTEOP_KPMG.pdf Note-Circulaire-AdministrateurSNPC.pdf Note-Circulaire-AdministrateurSNPC.pdf okouna-petro jugement&plaidoirie okouna-petro jugement&plaidoirie PID-2006.pdf PID-2006.pdf Pland-actionBonneGouvernancePool2.pdf Pland-actionBonneGouvernancePool2.pdf R-echelonnement-de-la-Dette-du-Congo-par-le-Club-de-Paris.pdf R-echelonnement-de-la-Dette-du-Congo-par-le-Club-de-Paris.pdf Rapport-Cofipa.pdf Rapport-Cofipa.pdf Rapport-de-la-Cour-des-Comptes.pdf Rapport-de-la-Cour-des-Comptes.pdf Rapport-KPMG-09-2006.pdf Rapport-KPMG-09-2006.pdf Rapport-KPMG-12-2006.pdf Rapport-KPMG-12-2006.pdf Rapport-KPMG-du-16-avril-2007.pdf Rapport-KPMG-du-16-avril-2007.pdf Rapport-TOFE-2005.pdf Rapport-TOFE-2005.pdf RECOURNSo-0-132008-du-O3J-uin-2008.PDF RECOURNSo-0-132008-du-O3J-uin-2008.PDF Redevance-2006.pdf Redevance-2006.pdf Requ-te-en-annulation.PDF Requ-te-en-annulation.PDF Service-de-S-curit-.pdf Service-de-S-curit-.pdf SOCAPALM Exposé de la Situation SOCAPALM Exposé de la Situation Suivi-Bonus-2005.pdf Suivi-Bonus-2005.pdf